Né le 12 mai 1895 à Courlande, commune de Bozouls (Aveyron), mort le 13 septembre 1956 à Quincy-sous-Sénart (Seine-et-Oise, Essonne) ; dessinateur politique.
Issu d’une famille paysanne, Raoul Cabrol quitta le Rouergue à l’âge de seize ans pour s’installer à Paris. Il exerça divers métiers jusqu’à la guerre et se maria. Son premier dessin de presse parut en 1920 dans le Journal du Peuple d’Henri Fabre*. Assez vite connu, il collabora alors à de nombreux journaux français et étrangers. En 1926, son ami Paul Vaillant-Couturier* le fit entrer à l’Humanité où il dessina jusqu’en 1939. Cabrol devait dès lors travailler presque exclusivement dans la presse communiste, progressiste ou syndicale : La Vie Ouvrière, 1927 à 1939, Regards, 1934 à 1938, Marianne, L’Avant-Garde, La Lutte antireligieuse et sociale, 1932, La Caserne, 1925 à 1928... Il y renouvela avec beaucoup de force un genre un peu délaissé depuis André Gill* : le portrait-charge : hommes politiques, artistes, croquis d’audience. Il dessina plusieurs affiches du Parti communiste pour les élections législatives de 1932.
Raoul Cabrol quitta l’Humanité au moment du Pacte germano-soviétique. Après la défaite, il se réfugia à Rodez ; refusant tout travail dans la presse, vivant de retouches photographiques, il participa à la Résistance dans l’Aveyron.
À la Libération, il collabora, entre autres, au Canard Enchaîné et à Franc-Tireur. Selon le témoignage de sa fille, Raoul Cabrol, « sans avoir été membre d’aucun parti, consacra sa vie et son art à la cause de la classe ouvrière et de la lutte pour le socialisme ». Un rapport de police de septembre 1927 le disait (peut-être par erreur), membre du 1er rayon communiste de la région parisienne et du comité national des Amis de l’Union soviétique, en ajoutant : « on ne peut, cependant, le considérer comme un militant actif du PC. » (Arch. J. Maitron)
ŒUVRE : Recueil de dessins, Leurs Figures, 1re série, XVI caricatures, édité par le Parti communiste, s.d. [vers 1936].
SOURCES : Arch. PPo. Ba/1715, Ba/1717. — Arch. J. Maitron. — Cabrol par Saintier, slnd. — Le Monde, 15 septembre 1956. — Lettre d’E. Bruel, fille de R. Cabrol, 18 mars 1976.
Michel Dixmier