ALVERGNAT Jules

Par Jacques Girault

Né le 19 octobre 1885 à Paris (XXe arr.), mort le 30 juillet 1960 à Paris (Xe arr.) ; traceur ; militant communiste, secrétaire de la section communiste d’Aubervilliers (Seine, Seine-Saint-Denis) en 1921 ; conseiller municipal d’Aubervilliers (1947-1953, 1959-1960).

Jules Alvergnat, traceur-outilleur, avait combattu pendant la guerre. Il habitait Aubervilliers dans la zone industrielle et figurait parmi les élèves autorisés à suivre les cours de l’école du propagandiste (L’Humanité, 27 janvier 1921). Il assurait le secrétariat de la section communiste d’Aubervilliers en 1921-1922. Le 11 septembre 1922, Jules Alvergnat était désigné comme membre du conseil fédéral de la Seine qui était composé pour les deux-tiers de militants de la gauche (L’Humanité, 11 septembre 1922). Quand le bureau d’organisation de la Région parisienne fut créé, dans l’été de 1924, Jules Alvergnat en fut le responsable.

L’année suivante, secrétaire de la section de l’Agit-prop de la Région parisienne, il intervint lors de la conférence nationale d’Ivry, en octobre 1925. Selon la réunion du bureau régional, le 10 juin 1926, il avait demandé à deux reprises à être déchargé du poste de secrétaire de la section d’Agit-prop. Jules Alvergnat ne se sentait pas "toutes les capacités nécessaires". La réunion du comité régional, deux jours plus tard, annonçait sa démission de membre du bureau régional. Il était fait état d’attaques injustifiées portées contre lui au sein du bureau. Alfred Costes* l’avait soutenu et certifiait qu’il n’y avait pas de désaccords politiques. La réunion du bureau, le 29 novembre 1926, le qualifiait de "camarade de l’opposition". Plus tard, Jules Alvergnat affirmait avoir participé dans cette période à plusieurs réunions du bureau politique. En janvier 1927, il présentait devant le comité régional un rapport sur la rationalisation, signe que sa mise à l’écart, si mise à l’écart il y avait eu, avait été de courte durée.

Selon plusieurs sources, Jules Alvergnat avait été le secrétaire du 10e rayon communiste, puis du sous-rayon d’Aubervilliers entre 1924 et 1935. Pourtant entre 1925 et 1926, le secrétaire était Pierre Blond*.

Au début des années 1930, selon divers témoignages, Jules Alvergnat habitait Aubervilliers mais n’y militait pas. Pour les élections législatives de 1932, un différend opposa les communistes d’Aubervilliers, dont certainement Jules Alvergnat, au bureau politique. Celui-ci voulait opposer à Laval un dirigeant national. Dans un premier temps, il proposa Gitton. Le rayon refusa et avança le nom d’Henri Varagnat*, dirigeant communiste de la Région parisienne, emprisonné à Clairvaux. Le bureau politique refusa. Compte tenu de l’importance des industries chimiques dans le secteur, il proposa Charles Tillon*, dirigeant syndical de cette branche. Finalement, l’accord se fit. À partir de la fin de l’année 1934, Jules Alvergnat fut envoyé à Saint-Denis et ne cessa d’être la cible de la presse des amis de Jacques Doriot*, puis plus tard de la presse du PPF.

Interné politique pendant la guerre, Jules Alvergnat fut élu conseiller municipal communiste d’Aubervilliers de 1947 à 1953 puis à nouveau élu en 1959. Il était alors le président de la section locale des Vieux travailleurs de France.

Jules Alvergnat était marié et sans enfant.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9972, notice ALVERGNAT Jules par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 18 octobre 2010.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7/13091, 13092, 13096, 13262. — Arch. PPo., 100. — Arch. Institut M. Thorez, 189, 190, 254. — Presses nationale et locale. — M. Chantada, L’implantation du PCF à La Courneuve pendant l’entre-deux-guerres, Mémoire de Maîtrise, Paris, 1974, 196 pages. — Renseignements transmis par M. Jean-Jacques Karman et par la mairie d’Aubervilliers.

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