BAUGÉ Marius, César

Par Jacques Girault, J. Masse

Né à Toulon (Var), le 27 août 1884 ; mort à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), le 8 juin 1961 ; ouvrier typographe ; marié ; père d’un enfant ; secrétaire de la Bourse du Travail de Toulon (1918-1926).

Baugé assurait le secrétariat du syndicat CGT des employés du Livre et comptables de magasin avant 1914. Grand blessé de guerre, marchant appuyé sur deux cannes, atteint de lésions pulmonaires, il était pensionné à soixante pour cent.

Délégué au congrès de l’Union départementale des syndicats du Var, le 28 avril 1918, Baugé fut élu membre de la commission exécutive. Dans son intervention, il indiquait selon le rapport de police : « Les syndiqués doivent tendre à la reprise des relations internationales et imposer la CGT aux négociations de paix. » Il devint le secrétaire rétribué de la Bourse du Travail de Toulon, le mois suivant (date variable selon les sources, 30 mai, 31 mai ou 3 juin) par cinq voix contre deux au secrétaire sortant, Doria.

De caractère énergique, Baugé fut l’artisan de la renaissance de la Bourse (il y donnait personnellement des cours de dactylographie), affaiblie par le comportement hésitant et suspect du précédent secrétaire, Doria et par les conséquences de la guerre. Il impulsa toutes les luttes revendicatives de l’après-guerre, insistant sur la nécessité de former, par une éducation appropriée, c’est-à-dire syndicale et économique, de nombreux jeunes militants. Antimilitariste et pacifiste, membre de l’ARAC, il joua un rôle important dans toutes les manifestations politiques (luttes pour l’amnistie des mutins de la mer Noire, luttes contre l’intervention en Russie) à Toulon et dans le Var (tournées dans le Haut-Var avec Flandrin en 1921). Membre de la Ligue des droits de l’Homme, solidaire d’Edmond Barbarroux, après la dissolution de la section de Toulon, il conseilla la résistance en mai 1923.

Après la scission syndicale, dans des réunions de l’UD de la CGT en 1922 et en 1923, son attitude, jugée trop favorable à la CGTU, fut critiquée. Il avait notamment proposé l’alternance pour le conseil d’administration de la Bourse entre la CGT et la CGTU. Elle ne fut jamais pratiquée et la CA resta aux mains de la CGT jusqu’au 27 mars 1924. Baugé fut alors réélu secrétaire de la Bourse du Travail à la tête d’un CA composé de trois représentants de la CGT, trois représentants de la CGTU et de trois représentants de syndicats autonomes.

Une décision de CA, le 4 mars 1926, indiquait qu’il serait payé au taux le plus élevé de la région que pouvait percevoir un ouvrier de sa profession. Auparavant, il ne touchait, selon le rapport de police, que six cent francs par mois et une indemnité versée par la mairie pour les cours professionnels qu’il dispensait.

Le 6 octobre 1926, il démissionna pour raisons de santé et prit un commerce en gérance dans le centre de la France. L’administration préfectorale indiquait alors son appartenance à la CGTU — ce qui n’est pas prouvé — et au Parti communiste — ce qui correspondait pas aux appréciations du Commissaire spécial, le 12 novembre 1921. Depuis les nombreux témoignages recueillis sont unanimes : Baugé ne militait pas dans l’organisation communiste.

La présence de Baugé inspirait le respect et évita une cessation des activités de la Bourse du Travail de Toulon.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article98546, notice BAUGÉ Marius, César par Jacques Girault, J. Masse, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 3 novembre 2010.

Par Jacques Girault, J. Masse

SOURCES : Arch. Nat. F7/13021, 13071, 13165. — Arch. Dép. Var, 4 M 44 ; 4 M 53 ; 4 M 59.4.1 ; 3 Z 4.21. — Presse locale. — Témoignages oraux. — Renseignements fournis par Madame Baugé, son épouse.

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