ALBOUY Micheline, Jeanne

Par Claude Pennetier

Née le 31 octobre 1927 à Langeac (Haute-Loire), morte le 24 janvier 2017 à Alès (Gard) ; employée des PTT à Paris et à Montpellier (Hérault) ; membre du bureau national de l’UJFF ; militante communiste de Paris et de l’Hérault ; syndicaliste CGT.

Micheline Albouy
Micheline Albouy

La famille de Micheline Albouy était originaire d’Alès et ses parents étaient des enfants de mineurs. Durant la Seconde guerre mondiale, ils étaient domiciliés en Haute-Loire, à Sembadel-gare, à partir de 1942. Ils retrouvèrent Alès après-guerre. Sa mère, Reine Albouy née Chapon, mère au foyer, était originaire de Lussan (Gard). Résistante, elle fut agent de liaison, sous le pseudonyme de Françoise, entre Sembadel, le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et Saint-Étienne (Loire), en lien avec René Monteix, dit capitaine Jean Barois. À la libération, elle fut la seule femme de la liste issue de la Résistance, pour les premières élections municipales à Sembadel. Elle fut conseillère municipale communiste d’Alès à partir de 1965, en charge de l’aide sociale. Son père, Baptiste, Jean Albouy, originaire de Lozère, commença à travailler aux forges De Wendel d’Alès, à onze ans, en 1914, afin d’apporter un salaire au foyer, lorsque son père fut mobilisé. Il entra à la compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) en 1927, comme chauffeur, puis devient mécanicien de machines à vapeur. Militant communiste, résistant, il fut domicilié à partir de 1942 à Sembadel-Gare.

Micheline Albouy se souvenait avoir mis en émoi son cours complémentaire de La Chaise-Dieu (Haute-Loire) en écrivant à la craie sur le mur du cloître, le 2 février 1943, « Vive Stalingrad ». Titulaire du brevet élémentaire, elle tenta sans succès le concours de l’École normale et réussit celui des PTT.

Militante des Jeunesses communistes dès le premier trimestre 1944, elle adhéra au Parti communiste en 1945. Dès son arrivée à Paris, en juillet 1948, pour travailler au service des chèques postaux, elle se rendit rue Humblot pour prendre contact avec les jeunes communistes et à la CGT. Elle fut immédiatement associée au bureau national de l’Union des jeunes filles de France (UJFF).

Elle siégea quelques mois à la Commission exécutive de l’Union des syndicats CGT de la région parisienne en 1950. Elle devint responsable du PCF au Centre des Chèques Postaux, dans le XVe arrondissement de Paris. Georges Frischmann était alors l’un des principaux responsables syndicaux et politiques parmi les employés des PTT. Micheline Albouy rencontra celle qui fut une de ses meilleures et plus fidèles amies : Camille Senon, rescapée d’Oradour-sur-Glane, responsable de la CGT au Centre des Chèques Postaux.

Micheline Albouy suivit une école centrale d’un mois et devint membre du comité fédéral de Paris en 1961 et 1962 ; son nom disparait après le congrès fédéral de septembre 1962.

Lors de la manifestation contre la guerre en Algérie au métro Charonne, le 8 février 1962, deux camarades et amis de Micheline Albouy figuraient parmi les victimes : : Anne-Claude Godeau et Jean-Pierre Bernard, aux parents duquel elle dut faire l’annonce du drame. Le lendemain du massacre, elle fut lourdement sanctionnée par sa hiérarchie pour être arrivée au travail avec l’Humanité dénonçant en Une, l’assassinat de ces neuf innocents.

Michelin Albouy fut alors envoyée à Prague par le PCF, afin de travailler à la radio durant une année, en 1962. Elle fut la correspondante française pour les informations de la radio nationale tchécoslovaque.

Micheline Albouy s’était mariée en 1955 avec André Moroni, devenu un cadre dirigeant du PCF à Paris. Après leur divorce, en 1964, elle fut mise en retrait des responsabilités militantes et changea alors de vie, concentrant son énergie sur l’éducation de sa fille. Elle quitta les chèques postaux pour un bureau de poste. Elle n’en fut pas moins militante, mais sans responsabilités. Elle se remaria avec Louis Costal, en septembre 1969, et le couple divorça en 1972.

Elle obtint sa mutation à Montpellier en 1968, pour travailler au bureau de poste de la préfecture. Elle entra au comité fédéral communiste. Elle contribua à créer la section PCF des PTT de Montpellier, dont elle devint la secrétaire. Elle fut candidate aux élections cantonales en 1979, dans le 5e canton de l’Hérault. Elle militait alors beaucoup avec le professeur Jacques Roux, membre de la direction nationale du PCF, qui fut directeur général de la Santé de 1981 à 1985. Elle le soutint avec force et constance dans l’affaire du sang contaminé.

À la retraite, elle se retira à Alès, dans la maison familiale, où elle poursuivit son activité militante, notamment lors de sa mobilisation en 2002 pour l’hôpital public ou dans le cadre du Comité Vérité et Justice pour Charonne, créé en 2007. Elle fut particulièrement engagée en faveur de la paix et pour la liberté des peuples : après le Vietnam dans les années 1960-1970, après le Nicaragua dans les années 1980, période durant laquelle elle parvint à faire venir le ballet du Nicaragua à Montpellier, puis pour le peuple Palestinien comme membre de l’AFPS, à Alès. Elle manifesta également un attachement indéfectible au journal l’Humanité.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9817, notice ALBOUY Micheline, Jeanne par Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 20 septembre 2019.

Par Claude Pennetier

Micheline Albouy
Micheline Albouy

SOURCES : Arch. Mun. d’Alès – Archives familiales. — Arch. comité national du PCF. — Comptes rendus des congrès. — Notes de Slava Liszek et Claude Pennetier. — Discours de Vincent Bouget, secrétaire départemental PCF et professeur d’histoire-géographie, à l’occasion de ses obsèques — discours de Camille Senon, lu par Nadine Bourely, secrétaire du syndicat FAPT-CGT du Gard lors de l’hommage rendu par la CGT le 24 juin 2018 à Alès. — Entretien téléphonique avec Claude Pennetier, 8 novembre 2009. — Renseignements recueillis par Irène Perrin Toinin auprès de sa fille Mireille Moroni. — État civil de Langeac. — Notes d’Irène Perrin-Toinin.

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