BARQUISSEAU Jean-Jacques, Lucien

Par Solofo Randrianja

Né à La Réunion le 6 mars 1885, radical puis socialiste, enfin communiste, président de la section du Ve arrondissement de la Ligue des droits de l’Homme, membre de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC).

Barquisseau Jean-Jacques est né dans l’île de La Réunion le 6 mars 1885. Marié avec Mlle Guérin, fille d’un général de brigade en retraite, il s’en sépara très vite.

Il fit ses études au lycée Montaigne à Paris, les continua au lycée Carnot de la Guadeloupe, puis au lycée Louis-le-Grand de Paris, et enfin il revint les terminer à La Réunion où il demeura jusqu’à la mort de son père en 1903. De 1903 à 1906, il étudia à Paris comme boursier de La Réunion, et de 1906 à 1908, suivit des cours de droit ; en juillet 1907 il obtint sa licence et s’inscrivit au barreau de Paris. Il faisait alors partie de la minorité radicale de la Ligue des droits de l’Homme, qui, lors de la création du Parti communiste français en 1921, tentera d’entraîner la Ligue dans le sillage du Parti. Franc-maçon notoire, il fut aussi en ce début de siècle rapporteur de plusieurs commissions du Grand-Orient de France... Dans les années dix, il s’était engagé au Parti radical et radical-socialiste qui le présenta aux élections législatives de 1912 à Plaisance. Il démissionna de ce parti pour adhérer au Parti socialiste unifié qui le présenta aux élections de 1919 (Sorbonne) ; à ce moment-là, il était aussi membre de la Ligue pour la Fédération des Peuples et de la Ligue pour une Société des Nations. Il était enfin président de la section du Ve arrondissement de la Ligue des droits de l’Homme et, ayant participé à la Première Guerre mondiale, membre de l’Association républicaine des anciens combattants. Lorsque la majorité de son Parti décida en 1921 de rejoindre la IIIe Internationale, Barquisseau devint ainsi un des premiers coloniaux membres du Parti communiste français avec le Malgache Stephany et le Guadeloupéen Bloncourt qui, d’ailleurs, étaient de ses amis. Il faut souligner que bien avant la création du Parti, Barquisseau était sensibilisé aux problèmes des colonies et, en 1920 par exemple, il aida Jean Ralaimongo à fonder la « Ligue française pour l’accession des indigènes de Madagascar aux droits de citoyen », contribuant ainsi à la naissance du mouvement national malgache ; il interviendra à plusieurs reprises en réunion publique, en compagnie de son ami Max Clainville-Bloncourt en faveur de cette Ligue, patronnée par Anatole France. Lors de la mission effectuée par Jean Ralaimongo à Madagascar de juillet à décembre 1921, Barquisseau devait accompagner celui-ci.

Lorsque le Parti créa le « Comité d’études coloniales » qui devait lui fournir des renseignements sur les colonies pour qu’il puisse définir une politique anticolonialiste conséquente, Barquisseau fit naturellement partie de ce comité et lorsque ce dernier se transforma en 1922 en Union intercoloniale, vaste regroupement des anticolonialistes en France, Barquisseau y côtoya Hô Chi Minh. Barquisseau milita également pour le Parti dans le Ve arr. de Paris.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article98151, notice BARQUISSEAU Jean-Jacques, Lucien par Solofo Randrianja, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 3 novembre 2010.

Par Solofo Randrianja

SOURCES : Ministère de la France d’Outre-mer (MFOM) Mad. carton 354 et SLOTFOM, série 111, cartons 5, 29, 53, 58, 111, 136. — Jean Ralaimongo, Compte rendu d’un voyage effectué à Madagascar de juillet à décembre 1921, Paris, l’Émancipatrice, 1922, 7 p.

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