Né le 27 janvier 1876 à Saint-Étienne (Loire) ; ouvrier métallurgiste ; syndicaliste de la Loire.

Fils d’un passementier et d’une passementière, marié à Saint-Étienne en mai 1903, Jean-Baptiste Barlet fut inscrit en 1912 sur l’état A des anarchistes du département. Secrétaire du syndicat des Métaux, réformé en 1916, il a participé à la relance de l’action syndicale. Il était alors considéré comme « révolutionnaire à tendance pacifiste » (note du commissaire central de Saint-Étienne du 24 décembre 1916). En fait, bien que se réclamant de la minorité, son action fut celle d’un militant syndical avant tout soucieux des questions corporatives. Il encouragea vivement les femmes à rejoindre l’organisation syndicale et à lutter pour l’égalité des salaires ; c’est dans le même esprit qu’il protesta contre l’embauche de travailleurs étrangers qui permettait au « patronat de réaliser de gros bénéfices en acculant l’ouvrier français à la famine par l’avilissement des salaires » (10 septembre 1917).
Pendant le mouvement de solidarité à l’égard d’Andrieu en décembre 1917, il joua un rôle modérateur, s’efforçant d’éviter tout débordement, avec la volonté de limiter le problème aux questions corporatives. D’ailleurs il assurait au préfet le 8 décembre 1917 qu’il « s’opposerait énergiquement à toute agitation qui faute de raison d’ordre corporatif prendrait un caractère insurrectionnel ».
En février 1918, violemment attaqué au conseil d’administration de l’Union des Métaux, par Flageollet et Bonnefond, il donna sa démission, ajoutant à l’intention de Flageollet : « Si quelques-uns d’entre vous ont eu l’intention de descendre dans la rue, j’aurais empêché la classe ouvrière de vous suivre ».
Barlet, qui entretenait d’étroites relations avec Merrheim, suivit une évolution semblable à celle du dirigeant de la Fédération des Métaux. Il précisa le 15 avril 1918 sa conception : « Il ne faudrait pas, par un mouvement prématuré et local, faire avorter le mouvement général qui doit se faire au jour et à l’heure fixée dans toute la France ».
Il adopta encore une position modérée au cours de la grève de mai 1918 et défendit Blanchard, dirigeant de la Fédération des Métaux, violemment pris à partie par les grévistes.
Après la répression, il se fixa comme tâche avec Verdier et Blanc de « redonner vigueur au syndicalisme ». Il précisait ainsi sa position dans une lettre à Merrheim, 1er juin 1918 : « Beaucoup sont d’accord, mais on ne devrait pas faire de l’anarchie, mais du syndicalisme... »... « En ce moment, je ne serai plus en butte avec les jeunes gens puisqu’ils rentrent à leur dépôt, et j’ai encore à Saint-Étienne parmi la masse une certaine confiance, vu que je m’emballe pas et que j’aime résonner » (sic).

SOURCES : Arch. Nat. F7/12994. — Arch. Dép. Loire, 93 M 8, 19 M 37, 92 M 240. — G. et M. Raffaelli, Mouvement ouvrier contre la guerre, Mémoire de maîtrise, Nanterre.

G. Raffaelli et Michelle Zancarini

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