BARBEDETTE Lucien, Émile, François

Par Jean Maitron

Né le 13 août 1890 à Levaré (Mayenne) ; mort à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône) le 8 février 1942 ; professeur de collège ; collaborateur de journaux et de revues anarchistes.

Barbedette, qui avait songé à devenir missionnaire — il était né dans une famille de croyants — renonça à sa vocation, obtint son baccalauréat à vingt-trois ans puis une licence es-lettres philosophie et une licence de sciences naturelles.

En 1919, il fut nommé professeur au collège de Luxeuil-les-Bains ; il y enseignait la philosophie et l’histoire, et aussi, s’il en était besoin, le grec et le latin. Antoine Perrier, qui le connut dans les années 1923-1925, l’a vu ainsi : « de petite taille rapetissée encore par une simple pèlerine arrivant presque à terre, et par un chapeau melon enfoncé sur une tête éclairée de petits yeux vifs, derrière de grosses lunettes, prolongée par une longue barbe fauve ».

Aimable et de caractère doux, Barbedette attirait la sympathie. Excellent pédagogue, il « possédait l’art d’enseigner et savait intéresser ses élèves » a dit de lui un de ceux-ci. Rien de dogmatique dans la conduite de ses leçons dispensées sur le ton de la conversation amicale, les questions étudiées étant présentées sous leurs divers aspects, et les élèves invités à en discuter, peu nombreux, il est vrai à cette époque dans une classe de philosophie, une dizaine au maximum.

Soucieux de faire connaître sa pensée à un public plus vaste que celui qui l’écoutait dans le cadre étroit de sa classe, il édita à ses frais des brochures qui traitaient de la philosophie et écrivit ensuite dans la presse anarchiste. Il collabora à L’En-Dehors, journal individualiste de E. Armand (n° 1, 31 mai 1922), à Terre libre, organe de la Fédération anarchiste du Sud, au Semeur de 1927 à 1936, très régulièrement à La Voix libertaire, organe de l’Association des fédéralistes anarchistes, au Combat syndicaliste, organe de la CGT-SR. Il donna à l’Encyclopédie anarchiste de Sébastien Faure de nombreux articles sur des questions philosophiques ou historiques.

Barbedette, dont la santé aurait eu besoin de ménagements ne se soignait pas. Il mourut victime d’une crise cardiaque et fut enterré civilement au cimetière de Luxeuil où sa pierre tombale fut édifiée par souscription auprès de ses élèves et de ses collègues.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article97913, notice BARBEDETTE Lucien, Émile, François par Jean Maitron, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 3 novembre 2010.

Par Jean Maitron

ŒUVRE : Barbedette a beaucoup écrit mais son œuvre est avant tout philosophique et n’intéresse pas la vie militante. On retiendra ici ses collaborations aux périodiques anarchistes énumérés ci-dessus.

SOURCES : Le Mouvement social, n° 56, juillet-septembre 1966 (article d’Ant. Perrier). — Le Réfractaire, n° 76, octobre 1982.

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