BACO Jean-Marie

Par Justinien Raymond, Claude Geslin

Né le 13 décembre 1873 à Ploëmeur (Morbihan), mort le 19 février 1959 à Lorient ; militant syndicaliste et socialiste du Morbihan.

J.-M. Baco était l’aîné de quatre enfants dont les parents, journaliers agricoles, vinrent s’établir en 1876 au Gayec près de Kéryado. Son père entra à l’Arsenal de Lorient quelques années plus tard. Après ses études primaires, il commença à gagner sa vie à l’âge de treize ans. Il fut tour à tour apprenti typographe, apprenti peintre, clerc de notaire. À dix-sept ans, il s’engagea dans la Marine où il resta sept ans. Il fit plusieurs campagnes lointaines : Pacifique (1891-1893), Dahomey (1894-1895), Chine (1896-1897). Il termina son service dans la défense mobile de Lorient en 1897.

Il entra à l’Arsenal de Lorient en 1898 et fut reçu à l’examen d’entrée à l’École technique en 1901. Il en sortit l’année suivante et se lança alors dans la bataille syndicale, coopérative et politique. A la naissance de son fils Jean Baco, en 1904, il indiquait comme profession " peintre au port ".

Dès 1906, il était secrétaire de la section de Lorient du Parti socialiste. Il fut un des fondateurs de la Fédération socialiste du Morbihan en 1907 après la dissolution de la Fédération de Bretagne. Premier secrétaire de la Fédération, il ne quitta son poste qu’en 1910, après avoir été candidat du Parti aux élections législatives dans la deuxième circonscription de Lorient, pour partir en Tunisie. Là, il contribua avec Quiniou devenu plus tard adjoint au maire de Brest, à fonder la Fédération socialiste et il la dirigea pendant plusieurs années. En 1914, il devait rentrer en France mais la guerre l’obligea à rester à son poste. Il ne revint à Lorient qu’en 1919 et travailla comme agent technique à l’arsenal puis comme agent général des assurances « La Participation » et « l’Assurance mutuelle de la ville de Paris ».

Dès lors, son nom fut mêlé à toute la vie du Parti dans le département. Il participa comme candidat du Parti socialiste SFIO à de multiples élections : législatives de 1919 sur la liste de la Fédération socialiste, de 1924 sur la liste socialiste de 1928 et 1932 dans la première circonscription de Vannes, élections au conseil d’arrondissement en 1922 et en février 1934 dans le deuxième canton de Lorient.

Il fut élu conseiller municipal de Lorient en 1919 au deuxième tour avec huit socialistes. Réélu en 1925, il devint 4e adjoint aux travaux du maire socialiste Svob. Écarté en 1929 avec toute la liste socialiste, il revint au conseil municipal en janvier 1934 lors d’une élection complémentaire, avec sept de ses amis. Il fut de nouveau réélu en 1935.

Secrétaire adjoint de la Fédération socialiste SFIO de 1926 au moins à 1939, il s’opposa à plusieurs reprises au secrétaire fédéral Lhévéder. En avril 1933, au congrès de la Fédération, il conduisait la minorité qui à propos de la participation au gouvernement radical donnait sa confiance à la commission des résolutions du Parti chargée de limiter les concessions à faire au gouvernement ; la motion soutenue par Lhévéder qui accordait la confiance au groupe parlementaire socialiste l’emporta par 465 voix contre 258.

Très bon orateur, J.-M. Baco était particulièrement chargé de la propagande au sein de la Fédération. Il fut aussi, en 1936, président du comité d’action et de défense laïques du Morbihan.

Son fils, Jean Baco, né le 30 avril 1904 à Lorient (Morbihan), fut directeur commercial, militant socialiste, membre du mouvement de résistance Libération-Nord, membre de la commission exécutive de la Fédération socialiste de la Seine en 1946, vice-président du comité local de Libération de Saint-Ouen (Seine), candidat socialiste aux élections de l’Assemblée constituante dans le 5e secteur de la Seine le 2 juin 1946 ? (tract électoral).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article97586, notice BACO Jean-Marie par Justinien Raymond, Claude Geslin, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 3 novembre 2010.

Par Justinien Raymond, Claude Geslin

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, série M. — Le Rappel du Morbihan. — La Bretagne communiste, 1923. — Comptes rendus des congrès de Nîmes et de Brest. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, in Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative de l’Internationale ouvrière., publiée sous la direction de Compère-Morel, Paris, 1913 et 1921. p. 401-404, 405.

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