AGRANIER Élisée, Henri, Auguste (ou AGRANIER Élysée, Auguste)

Par Antoine Olivesi

Né le 28 février 1871 à Chabeuil (Drôme), mort le 6 août 1954 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; douanier ; président de la section marseillaise de la Ligue des droits de l’Homme (1918-1954).

Élisée Agranier était fils d’un garde champêtre de Chabeuil. Avant la guerre de 1914, il était sous-brigadier des douanes à Marseille, marié (son état civil ne signale cependant qu’un mariage en 1926 à Marseille), père d’un enfant, selon un rapport du 4 juillet 1913 le concernant. Il militait dans les rangs socialistes et dans les milieux syndicalistes. Il avait été sanctionné en 1905 pour avoir assisté, à la Bourse du Travail de Marseille, à une réunion organisée en faveur de Marius Nègre alors poursuivi pour son action à la Fédération nationale des syndicats d’instituteurs.

Élisée Agranier fut lui-même, à Marseille, l’un des promoteurs de la Fédération des prolétaires de l’État du département et des communes et il participa activement, à la veille de la Grande Guerre, aux mouvements de revendications des fonctionnaires. Il était considéré, en 1914, comme l’un des quatre ou cinq principaux dirigeants marseillais de ce mouvement. Agranier était également membre de la section marseillaise de la Ligue des droits de l’Homme.

En 1918, il en était devenu le président et allait le demeurer jusqu’en 1954, d’abord au niveau de la commune, puis, par la suite, à celui du département des Bouches-du-Rhône. À ce titre, Élisée Agranier, au mois d’avril 1919, prit la parole dans un meeting pour protester contre l’acquittement de Villain, l’assassin de Jaurès, et participa, avec Flavien Veyren*, César Matton* et d’autres militants à un cortège qui se dirigea vers la préfecture. Il fit campagne pour la liste SFIO au moment des élections législatives et cantonales à l’automne. Il était aussi membre du groupe libre-penseur Voltaire.

Élisée Agranier était membre du syndicat des douaniers à la même époque, mais ne joua plus, dans ce domaine, un rôle de premier plan. Retraité au début des années 1930, il se consacra surtout aux activités de la Ligue des droits de l’Homme. Le 12 février 1934, il fut au premier rang des manifestants antifascistes à Marseille, mais en 1935, aux élections municipales, il fut candidat sur la liste Simon Sabiani* dans la 2e section de Marseille, contre les socialistes et les communistes qui critiquèrent vivement son comportement.

Élisée Agranier rejoignit pourtant, par la suite, le Front populaire. Peu après la Libération, il annonça, dans un communiqué publié notamment dans Rouge-Midi du 14 septembre 1944, la reprise d’activité de la Ligue des Droits de l’Homme à Marseille. Dix ans plus tard, Agranier fut nommé président d’honneur de la section marseillaise de cette ligue.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9729, notice AGRANIER Élisée, Henri, Auguste (ou AGRANIER Élysée, Auguste) par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 12 janvier 2009.

Par Antoine Olivesi

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, II M3/54, rapport du commissaire spécial, en date du 5 novembre 1919 ; VM2/283 et 289 ; M6/10874, rapport du commissaire central du 12 avril 1937 ; XIV M 24/60, rapport du 22 juin 1914 ; XIV M 25/45, rapport du 23 juin 1914, et 25/48, rapport cité du 4 juillet 1913. — Arch. Com. Marseille, listes électorales de 1919, 1935, 1937. — Le Petit Provençal, 7 avril et 9 décembre 1919, 13 février 1934. — Bernard Bouisson, L’Anticléricalisme à Marseille entre 1919 et 1939, thèse de 3e cycle d’histoire (dactylographiée), Aix, 1971, p. 142. — Renseignements communiqués par Mme Jacqueline Leccia, présidente de la Ligue des Droits de l’Homme (section de Marseille).

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