KAUFFMANN Léonie (et non KAUFMANN Léonie)

Par François Ferrette

Née le 9 avril 1872 à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), morte le 25 février 1933 à Paris ; manufacturière, commerçante en lingerie ; inscrite au carnet B ; dirigeante du Comité pour la Reprise des Relations Internationales (CRRI) puis du Comité de la IIIe Internationale ; membre du Comité d’Action féminine socialiste pour la Paix, contre le Chauvinisme ; membre des Femmes socialistes ; membre de la Ligue des Droits de l’Homme ; membre de la commission exécutive de la Fédération socialiste de la Seine en 1920 et déléguée suppléante à la Commission Administrative Permanente de la SFIO en février 1920 ; déléguée aux congrès SFIO de Bordeaux (octobre 1917), de Paris (octobre 1918), de Strasbourg (février 1920), de Tours (décembre 1920) ; membre de la commission exécutive de la fédération communiste de la Seine en 1921 ; secrétaire adjointe de la fédération communiste de la Drôme en 1924 ; membre du syndicat des Voyageurs et Représentants de commerce.

Léonie Kauffmann
Léonie Kauffmann
Photographie de son passeport de 1920.
Communiqué par Julien Chuzeville (Arch. préfecture de police de Paris, dossier K3).

Célibataire, Léonie Kauffmann habitait Paris depuis 1906 au moins et militait dans les rangs de la SFIO (10e section) pendant la Première Guerre mondiale. Elle fit partie du CRRI dans lequel elle ne manquait pas d’intervenir. À partir de 1917, elle fut sous surveillance policière, notamment en raison de ses déplacements en Alsace-Lorraine. Elle voyageait également en France, ce qui lui permettait d’entrer en contact avec des pacifistes de province. En février 1919, elle se rendait, aux côtés de Fernand Loriot, à la Conférence de Berne qui devait reconstituer la IIe Internationale. Kauffmann et Loriot n’y allaient pas dans ce but, ils se donnaient pour tâche de dénoncer les socialistes de guerre ainsi que les pacifistes modérés (Jean Longuet, Paul Faure) qui voulaient reconstituer la Seconde Internationale avec les partisans de l’union sacrée. Cette conférence fut d’ailleurs boycottée par les bolcheviques qui créèrent un mois plus tard la IIIe Internationale. En avril, elle recevait l’autorisation de se rendre en Allemagne alors que le Ministère de l’Intérieur la qualifiait de « bolcheviste française ». Elle continua à voyager en Allemagne en 1920 mais aussi en Suisse.

Elle participa en 1918 à la minorité de la Ligue des Droits de l’Homme qui menait bataille pour conquérir sa direction. Son action fut sans lendemain car la direction restait très majoritaire dans l’organisation. Membre de la commission administrative du Parti socialiste, et de la commission exécutive de la fédération de la Seine, Léonie Kauffmann aida à organiser les premiers communistes en France. Le 31 août 1919, elle assistait ainsi à une réunion à Dieppe en vue de créer un comité local de la 3e Internationale. Elle se déplaçait régulièrement en Seine-Inférieure car elle faisait travailler des ouvrières à Rouen, Dieppe et Le Havre pour son commerce de vente de gros de lingerie fine. En 1920, elle tenait en effet une maison de lingerie dans le Xe arrondissement.

Accusée d’être liée à la police en février 1919, cette accusation reprit au cours de l’été 1920. D’autres, comme Georges Pioch ou Fernand Loriot, étaient également dénoncés de la sorte. La rumeur venait des milieux opposés au Comité de la IIIe Internationale dont le poids dans la région parisienne devenait gênant pour certains socialistes, comme Georges Nowina ou Maurin (de la rédaction du Populaire). Courant août, un tract en défense de Léonie Kauffmann « Contre la calomnie, un document édifiant » fut édité à 1000 exemplaires. Il reproduisait le procès-verbal d’une commission nommée par la direction de la SFIO et qui, après enquête, l’innocenta. René Reynaud, un des responsables du Comité, fut l’initiateur de ce tirage. Léonie Kauffmann signa la motion d’adhésion à la IIIe Internationale qui fut présentée au congrès de Tours.

Elle ne fit pas partie des délégués aux congrès de Marseille (décembre 1921) ni au congrès de Paris (octobre 1922). Si son militantisme s’effaça au plan national, elle appuya l’action de la Gauche du jeune parti communiste. Elle participa ainsi en février 1922 à la souscription qui permet l’édition de la brochure de Fernand Loriot Un An après Tours, discours prononcé le 5 février 1922 lors du compte rendu du congrès de Marseille à la Fédération de la Seine. Mais elle ne fut pas signataire de l’appel des 250 opposants à la bolchevisation (octobre 1925).

Le 15 juin 1920, elle avait acheté une propriété à Malataverne (Drôme) de 28ha sur lequel il y avait une ferme en mauvais état. Mais, selon la police, c’est à partir de 1923 qu’elle se serait décidée à l’habiter définitivement. Secrétaire adjointe de la fédération communiste de la Drôme en 1924, elle fut déléguée au congrès du Parti communiste à Lyon (1924). Elle avait encore l’intention de soutenir l’action du parti communiste de la Drôme en organisant une série de conférences et en 1925, elle militait encore au son sein.

A-t-elle un rapport avec un homonyme , dite institutrice à la Coucourde (Drôme), qui intervint lors du congrès fédéral du Parti communiste à Pierrelatte (13 janvier 1924) et lors du congrès du secteur de Montélimar (10 février 1924) ?

En 1927 et 1928, Léonie Kauffmann apporta son soutien à l’opposition communiste en versant des souscriptions à la revue La Révolution prolétarienne dirigée par Pierre Monatte.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article97242, notice KAUFFMANN Léonie (et non KAUFMANN Léonie) par François Ferrette, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 4 novembre 2018.

Par François Ferrette

Léonie Kauffmann
Léonie Kauffmann
Photographie de son passeport de 1920.
Communiqué par Julien Chuzeville (Arch. préfecture de police de Paris, dossier K3).

SOURCES : Centre des Archives Contemporaines, cote 94 0457 article 65 dossier 5587. — Arch. PPo, cote K3. — L’Humanité, du 1er octobre 1917, 30 septembre 1918, 16 décembre 1920. — Notes de Julien Chuzeville. — La Révolution prolétarienne, 15 septembre 1927 et 15 décembre 1928. — Arch. Dép. de la Seine-Maritime, cote 3U-1-899.

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