AGNÈS Albert, Francis

Par Madeleine Singer

Né le 16 avril 1911 à Cancale (Ille-et-Vilaine), mort le 1er mai 1987 à Hirel (Ille-et-Vilaine) ; agrégé de grammaire ; membre du comité national du Syndicat général de l’éducation nationale (SGEN) de 1955 à 1957.

Fils unique d’Albert Agnès, brigadier des douanes, et d’Eugénie Agnès, née Bailleul, couturière, Albert Agnès prépara en Sorbonne sa licence de lettres. Il était alors animateur au patronage d’Auteuil, lecteur assidu et intéressé de L’Aube et de Sept qui deviendra Temps présent. Reçu à l’agrégation en 1935, il fit son service militaire et fut nommé en 1936 au « petit lycée » de Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique). Il s’y maria au printemps suivant avec Geneviève Renard. Ils eurent quatre enfants.

Albert Agnès adhéra au SGEN dès sa fondation en 1937. Il y avait à Nantes, dit-il, un groupe d’une vingtaine de membres dont la cheville ouvrière était H. Gougeon, décédé depuis fort longtemps. H. Gougeon, membre du premier conseil syndical SGEN, était « très lié aux milieux de la Jeune République et des Nouvelles équipes françaises (de l’Aube) qui avaient été lancées par Georges Bidault ». Or ce dernier s’était inscrit au SGEN dès sa fondation. « Nous nous sommes rassemblés, essentiellement (c’est Albert Agnès qui souligne) par volonté d’appartenir au seul syndicat affilié à une Centrale ouvrière, et de philosophie inspirée par l’humanisme chrétien ».

Vinrent la guerre et la captivité. Dans son camp de prisonniers, il eut l’occasion de présenter le SGEN à de jeunes collègues qui étaient encore étudiants comme Jean Mousel* ou qui n’en connaissaient ni l’existence, ni l’originalité.

Au retour de captivité, Albert Agnès fut responsable SGEN de son établissement à Nantes. Il le quitta en 1952 et devint censeur au Puy-en-Velay (Haute-Loire). Il fut élu en 1955 au Comité national où avec lui pour la première fois les administrateurs furent représentés. Tête de liste des censeurs SGEN lors des élections aux Commissions administratives paritaires nationales du 17 mai 1955, il projetait d’instaurer dans École et Éducation une chronique pour les chefs d’établissement, avec le concours d’Hossenlop, principal à Molsheim (Bas-Rhin) qui avait été élu à la CAPN. Mais la maladie interrompit en 1956 cette activité.

Albert Agnès quitta alors le lycée de Puy-en-Velay dont il était depuis un an proviseur et, afin de ménager sa santé, reprit un poste de professeur. Nommé au lycée de Coutances (Manche), il put ainsi rejoindre sa région natale. Il exerça dans cet établissement jusqu’à sa retraite en 1971. Il ne pouvait plus mener qu’une action syndicale locale, bien qu’il s’intéressât toujours à l’évolution du Syndicat et de la Confédération. Décoré de la Croix de guerre avec palmes pendant les hostilités, il reçut aussi les Palmes académiques. Albert Agnès fut bien l’un des pionniers dans cette catégorie « administrateur » où l’action est difficile pour un syndicat minoritaire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9718, notice AGNÈS Albert, Francis par Madeleine Singer, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 7 février 2016.

Par Madeleine Singer

SOURCES : École et Éducation. — Syndicalisme universitaire, 1950-1960. — Lettres d’Alvert Agnès à Madeleine Singer, 27 juin 1982, 5 octobre 1982 ; lettres de Mme Agnès à Madeleine Singer, 2 août 1995, 10 janvier 1996.

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