AGHEDU Francis

Né le 16 décembre 1933 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; surveillant de service électrique, puis inspecteur à Marseille ; membre de la commission exécutive de la Fédération CGT des cheminots (1976-1979), au titre de l’Union fédérale cadres et maîtrise ; militant communiste.

Francis Aghedu a lui-même rédigé le récit de sa vie militante :
« Mon père, après un brevet industriel d’ajusteur et un travail en usine dans la réparation navale, entre à la mairie de Marseille sur un concours au moment de la crise des années trente. Il y finira sa carrière à un niveau modeste. Ma mère, fille d’immigrés italiens, entre en usine à douze ans.

J’entre à la SNCF en 1949 comme apprenti SES [Service électrique et signalisation] à Santenay-les-Bains (c’est gratuit et cela mène à un travail sûr, pense mon père qui sait ce que sont les périodes de chômage). Je suis opérationnel sur le terrain en 52. L’armée, dans le génie de septembre 1954 jusqu’en mars 1957 (30 mois). Mais je ne partirai pas en Algérie.

C’est la guerre d’Algérie qui est le déclic de mon engagement citoyen.

Partisan de l’Algérie française pendant le service militaire, je suis de toutes les luttes contre l’OAS [Organisation de l’armée secrète] et [pour] le soutien au peuple algérien par la suite.

Je me marie une première fois en 1958 avec une fille rencontrée à Paris pendant mon service militaire. Elle travaille dans une banque.

Nous avons très rapidement deux filles qui ne seront jamais cheminotes.

Je suis entré sur la Région Méditerranée en 1952 au SES échelle 5 (surveillant du service électrique) et j’ai quitté mon activité salariée sur la région PACA en 1988 au niveau 9 (inspecteur). Avancement par les examens prévus au règlement puis, pour les niveaux de cadre, toujours sur intervention des responsables de la Fédé [ration] des cheminots CGT (militantisme oblige). Entre ces deux dates j’ai guère navigué géographiquement mais j’ai touché à toutes les palettes de mon service : responsable en circonscription dès mon accès en maîtrise en 1958, en arrondissement puis région (contrôle de la maintenance et des installations électriques) ; formation en école, directeur d’une école SES et organisation de la formation régionale.

Si la guerre d’Algérie fut à l’origine de mon éveil politique, c’est mon premier passage dans les bureaux de la région qui m’a conduit à la contestation, au syndicalisme. C’est ainsi que je me syndique en 1960 à l’UFC [Union fédérale des cadres] CGT au syndicat des cadres de Marseille où je rentre très rapidement au secrétariat, puis au bureau régional de la R [égion] M [éditerranée]. Au début des années soixante je suis élu au conseil national fédéral. Je suis, de mon syndicat, l’un des plus assidus aux activités dites générales avec mes camarades de l’exécution auprès desquels je suis toutefois un farouche défenseur de la « spécificité » de nos catégories. En 1966 je suis à Courcelles pour une formation syndicale dite moyenne et spécifique. C’est aussi la période où je m’investis dans le catégoriel (secrétaire du groupe technique régional SES) avec quelques premières actions spécifiques des M et C du service sur ma région.

1968 : comme tout militant j’y participe activement. Je suis, entre autre, au comité central de grève de Marseille. J’adhère au PCF en 1969. C’est aussi cette année que je deviens secrétaire général du syndicat UFCM [Union fédérale des cadres et maîtrise] de Marseille, pour remplacer mon camarade Rivière, victime d’un accident du travail.

Au début des années soixante-dix je prends la direction du tout nouveau groupe technique national de l’équipement qui est le résultat de la fusion des anciens groupes techniques « voie » et « SES ». Pendant ces années soixante-dix je participe à l’organisation de multiples actions spécifiques des Cadres et Maîtrises du service. Je représente aussi ces catégories face à la direction générale pour négocier les conditions de travail, les nouvelles formes de recrutement, les positionnements sur les grilles de salaire, etc. Pendant toute ma période militante j’ai principalement occupé des postes de représentant du personnel dans les comités mixtes ou négociations régionales et nationales. J’ai toujours préféré m’occuper de problèmes généraux, réflexions et études sur le service en général, plutôt que le travail plus ingrat du délégué du personnel.

Je quitte ensuite le GTN [Groupe technique national] pour « rentrer » sur Marseille m’occuper un peu plus de mes autres activités locales : secrétaire du syndicat des cadres CGT et dirigeant de l’école SES. Sans compter mon activité politique qui prend un peu plus de relief : secrétaire de ma cellule et au secrétariat de section.

Au Parti communiste, je milite plus en entreprise, non par discipline mais par goût (je n’ai jamais réussi à vraiment militer dans un quartier). Très certainement une déformation syndicale.

J’ai été deux fois candidat à des élections : aux premières régionales où je devais être élu, mais nous avons, cette année-là, pas mal reculé en influence ; puis, en 1989, aux municipales où j’étais présenté pour la mairie de mon secteur des quartiers nord de Marseille, toujours en position d’élu, et c’est la seule fois que nous avons perdu la mairie. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9712, notice AGHEDU Francis, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 22 novembre 2008.

ŒUVRE : (avec Paul Cambioni), Cheminots à Marseille. Notre journal de lutte en mai-juin 1968, IHS de la Fédération des cheminots CGT, s.l., s.d. [1996], 96 p.

SOURCES : Arch. Fédération CGT des cheminots. — Comptes rendus des congrès fédéraux.

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