ACHIARY Léon. Pseudonyme de Résistance : ARNAL Louis

Par Gilles Morin

Né le 11 mai 1884 à Esquiule (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques), mort le 16 novembre 1973 à Toulouse (Haute-Garonne) ; enseignant ; militant socialiste ; résistant.

Fils d’un employé de chemin de fer du Midi d’origine basque et d’une ménagère, ancien combattant mutilé de guerre, marié en avril 1925 avec Henriette Sergent, Léon Achiary, fit ses études à Rodez, puis à l’École normale d’instituteurs pour l’enseignement indigène d’Alger-Bouzaréah (Algérie), devint instituteur et termina sa carrière comme directeur de l’école de teinturerie d’Alger.

Achiary prit sa retraite d’instituteur en Béarn. Membre du Parti socialiste depuis 1920, il intervint au congrès socialiste SFIO de Nantes, en mai 1939, dans le débat sur la laïcité, sur la répartition des fonds de la taxe d’apprentissage. Il faisait fonction de rédacteur en chef du Travail, l’hebdomadaire de la fédération SFIO des Basses-Pyrénées

Au début de la guerre, en 1940, Achiary aida la section toulousaine à se camoufler en club sportif, procédant ainsi à sa lente reconstitution, non sans se heurter aux principaux élus socialistes (Bedouce...), qui prônaient une attitude prudente. Il fut désigné par Raymond Naves et Pierre Bourthoumieux* comme responsable du PS clandestin de Toulouse. Il était par ailleurs responsable des finances du réseau Brutus. Dans le même temps, il organisa un service de renseignements pour le réseau Froment au niveau local. Secrétaire et trésorier de la caisse chirurgicale de la Mutualité, 3 rue de Metz, il disposait d’un local ouvert, qui avait de nombreux clients, commode pour abriter des activités clandestines. Il participa le 5 juillet 1943 à la mise sur pied de l’évasion de Pierre Malafosse, chef Brutus de la région Sud-Ouest, de la prison de Saint-Michel. Suite au « retournement » d’un radio, le couple fut dénoncé début octobre 1943. Les Allemands opérèrent une descente au domicile des Achiary tôt le matin et sonnèrent à la porte. Les Achiary ne répondirent pas. Les Allemands repartirent ce qui permit aux résistants de s’enfuir. Le 8 octobre 1943, alors que les arrestations se multipliaient, « grillé » à Toulouse, sur les conseils de Raymond Naves, ils passèrent par Lyon et s’installèrent à Paris. Henriette Achiary continua de seconder Léon, sous le nom d’emprunt de Madeleine Carpentier. Il devint le bras droit de Gaston Defferre* à partir de janvier 1944. Le 5 juillet, la police investit leur appartement avenue Félix-Faure. Tandis que Léon s’échappait par le toit, Henriette s’employa à détruire les documents compromettants. Lorsque les Allemands fracassèrent la porte, elle leur tint tête. Les policiers eurent beau fouiller, ils firent chou blanc. De rage, ils l’emmenèrent (elle disparut en Allemagne dans un KZ). Léon Achiary trouva refuge chez un autre agent : Raymond Couhet (ou Couet). Pendant les combats de la Libération, Léon Achiary combattit avec un groupe de Libé-Nord.

Après la Libération, Achiary, déjà délégué à la propagande du Parti socialiste SFIO, désigné par le comité directeur du 22 octobre 1944, devint délégué permanent du parti en 1945 dans le Sud-Ouest. En juin 1946, il fut remplacé par Montferrand.

Une maison de quartier à Toulouse porte son nom depuis 2003.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9659, notice ACHIARY Léon. Pseudonyme de Résistance : ARNAL Louis par Gilles Morin, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 24 février 2010.

Par Gilles Morin

SOURCES : Le Travail. — Interview de René Chassagne (novembre 1973). — A. Latapie, Les socialistes de la R4 dans la résistance, tapuscrit, Arch. Nat., AJ 72 529. — Arch. Nat. 72 AJ 37, témoignage de Léon Achiary. — D. Mayer, Les Socialistes dans la Résistance, op. cit. — Rapports du 37e congrès national de la SFIO, 1945. — Arch. OURS, dossier correspondance de la Haute-Garonne et fonds AGM, 136, dossier Montferrand. — Notice DBMOF, par Jean-Claude Paul-Dejean. — État civil de Toulouse.

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