ABBÉ Arthur, André

Par Jacques Girault

Né le 6 octobre 1928 à La Roche-sur-Foron (Haute-Savoie), mort le 4 avril 1983 à Annecy (Haute-Savoie) ; instituteur ; membre du secrétariat de la fédération communiste de Haute-Savoie (1963-1978).

Fils de fermiers républicains habitant Eteaux, village proche de La Roche-sur-Foron, Arthur Abbé reçut les premiers sacrements catholiques puis ne pratiqua plus. Élève du collège moderne de La Roche-sur-Foron, il entra en juin 1944 au centre de formation qui devait, à la Libération, redevenir École normale d’instituteurs de Bonneville. Après avoir suivi une année de classe préparatoire à l’École normale supérieure de Saint-Cloud (Seine-et-Oise), puis au lycée Henri-IV à Paris (1947-1948), puis après avoir accompli une année de formation professionnelle à Bonneville, il devint instituteur (Annecy, 1949-1950 ; Le Biot, 1950-1951 ; Contamine-Sarzin, 1951-1958 ; Bons-en-Chablais, 1958-1960 ; Annecy, 1960-1983). Il effectua son service militaire dans les Chasseurs alpins à Annecy qu’il acheva en avril 1953 comme caporal, secrétaire comptable.

Arthur Abbé se maria exclusivement civilement en juillet 1951 au Biot avec une institutrice, fille d’un ouvrier en confection, Solange Mouchet, qui devait adhérer au Parti communiste français dont il était membre depuis 1947 (section du Ve arrondissement de Paris), tout en étant adhérent à l’Union de la jeunesse républicaine de France. Ils eurent deux enfants. Trésorier de la cellule communiste du lycée Henri-IV, il militait alors dans les milieux étudiants parisiens. Membre de l’active commission des jeunes, il devait exercer des responsabilités dans le conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs en 1960-1962.

Arthur Abbé suivit le stage réservé aux instituteurs organisé par le Parti du 5 au 18 juillet 1953. Il fut admis par le secrétariat du PCF pour suivre à plusieurs reprises dans les années 1960 les cours des écoles centrales d’un mois (peut-être ces décisions du secrétariat furent-elles suivies par une impossibilité, d’où ces diverses admissions). Selon les archives, il n’aurait suivi que celle de juin-juillet 1963. Secrétaire de la cellule du Biot puis de la section de Frangy, membre du comité fédéral depuis 1957, il entra en 1963 au secrétariat de la fédération communiste, responsable à la propagande. Il cessa d’occuper cette responsabilité en 1978, tout en demeurant membre du bureau fédéral jusqu’en 1982.

Arthur Abbé fut candidat communiste aux élections cantonales en avril 1958 à Seyssel, puis à Faverges, en septembre 1973. Devenu candidat unique de la gauche, il fut battu au deuxième tour.

En juin 1981, Arthur Abbé désapprouva la participation du PCF au gouvernement, attitude conforme avec les idées très orthodoxes qu’il avait toujours développées. Il entreprit des recherches pour un ouvrage sur les luttes ouvrières à Annecy.

Lors de son décès, la presse locale lui consacra un article qui se terminait ainsi : « Sa grande rigueur, son intransigeance dans ses choix sans compromission, alliées à une honnêteté intellectuelle et à une vaste culture, imprimèrent à sa vie de militant un style qui le rendit populaire ». Son nom fut donné à la cellule des instituteurs communistes d’Annecy.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9628, notice ABBÉ Arthur, André par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 14 août 2017.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’épouse de l’intéressé. — Sources orales. — Notes de Paul Boulland et de Rémy Pergoux.

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