ABBADIE Jean

Par Michel Dreyfus

Né le 25 octobre 1914 à Mornac-sur-Seudre (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), mort le 20 décembre 1976 à l’hôpital Tenon à Paris (XXe arr.) ; contrôleur principal des PTT ; secrétaire général du syndicat CGT des PTT de la région parisienne ; militant communiste.

Pupille de la Nation, Jean Abbadie fit des études à l’École primaire supérieure de Marennes et obtint le BEPS, section maritime. Il fut reçu au concours de surnuméraire des PTT en 1931 ; mais cette nomination fut annulée en raison d’un plan d’austérité. Il suivit alors la préparation militaire et s’engagea, par devancement d’appel, au 9e régiment de zouaves à Alger.

En 1935, il fut nommé surnuméraire aux ambulants de Paris-gare du Nord où il adhéra immédiatement à la CGTU. En 1936, il fut muté au guichet à la Recette principale à Paris. Il fit connaissance de Jean Lloubes*, alors secrétaire de la section syndicale réunifiée et militant communiste, qui le fit adhérer au PC en 1936. Toutefois, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, le militantisme de Jean Abbadie semble avoir été limité.

Mobilisé au 78e régiment d’infanterie en ligne à Sarreguemines puis, après la rupture du front, dans la Somme, Jean Abbadie fut démobilisé en août 1940 et reprit alors des fonctions professionnelles. Très vite, il entra dans la Résistance aux côtés de Jean Lloubes, d’Emmanuel Fleury* et de Marie Couette*. Sur décision de la CGT clandestine, Jean Abbadie entra dans le syndicat « légal » et devint ainsi président de la section de la Recette principale de Paris puis un des responsables de son triangle de direction avec André Leray et Robert Penissard. Il édita alors Le Travailleur des PTT, organe des comités populaires PTT et diffusa La Vie ouvrière clandestine. À partir de la fin 1941, suite à l’arrestation et à l’exécution de plusieurs résistants parmi lesquels Victor Bevillard et Laumain fusillés par les Allemands, Jean Abbadie fut désigné par Emmanuel Fleury comme responsable national du mouvement de Résistance dans les PTT, en liaison avec Henri Gourdeaux. En 1943-1944, il dirigeait l’interbranche des Comités populaires des PTT. En août 1944, il participa à la grève insurrectionnelle puis aux combats pour la libération de Paris.

Jean Abbadie travailla à la reconstitution des syndicats ; secrétaire des agents CGT de la région parisienne, il participa au congrès de la Fédération CGT des PTT, tenu à Limoges en avril 1945. Il suivit les cours de l’école centrale syndicale du PCF en 1947. Il fut également délégué au congrès confédéral de la CGT tenu en 1946. En 1950, il devint secrétaire général de la région parisienne CGT-PTT, en remplacement d’Emmanuel Fleury. Élu au bureau de la Fédération CGT des PTT lors de son XVe congrès tenu en 1954, il devint, en 1962, secrétaire général adjoint de la Fédération et le resta jusqu’à sa retraite en 1975. À partir de cette date, il resta membre de la commission exécutive fédérale au titre des retraités.

Il siégea à la commission exécutive de l’Union départementale CGT de la Seine ainsi qu’au bureau de l’Union régionale CGT d’Ile-de-France (URIF). Il représenta également la Fédération PTT dans diverses instances paritaires (CTP Ministériel, CTP de la Poste, CTP du personnel, etc.)

Jean Abbadie exerça des responsabilités à la Fédération de Paris du PCF où il fut membre du bureau fédéral.

Président de Libération nationale PTT, membre du conseil national de l’Association nationale des combattants résistants (ANCR), Jean Abbadie fut décoré de la Croix de guerre, au titre de la Résistance en 1958 et nommé chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Jean Abbadie mourut d’une crise cardiaque dans la nuit du 19 au 20 décembre 1976 à l’hôpital Tenon à Paris. Il fut enterré le 21 décembre à Mareuil-sur-Cher (Loir-et-Cher)

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9625, notice ABBADIE Jean par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 9 décembre 2008.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : Arch. Fédération CGT des PTT, recueillies par Cassandre Jouot, notamment une attestation d’Emmanuel Fleury, 30 mai 1963. — Arch. comité national du PCF. — Notice DBMOF.

ICONOGRAPHIE : Bulletin des retraités (PTT), n° 41, 4e trimestre 1985.