ABBACHI Georges

Par Paul Boulland

Né le 7 mars 1924 à Paris (IVe arr.), mort le 18 juillet 2013 ; ajusteur ; résistant ; syndicaliste CGT et militant communiste ; conseiller municipal (1951-1989) et maire adjoint (1964-1985) de Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis).

Les parents de Georges Abbachi, Brahim Abbachi, plombier-couvreur, et Hélène née Gauthier, serveuse puis employée de bureau, furent tous les deux militants de la CGTU et du Parti communiste. Participant aux activités des Pionniers à partir de 1936, il entra dès quatorze ans à la Jeunesse communiste, dans le XVIIe arrondissement où il côtoya Guy Môquet*. En 1939, après avoir obtenu un CAP d’ajusteur, il entra dans une petite entreprise d’aviation de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis) et adhéra à la CGT. Dès juillet 1940, alors que son usine avait été déplacée à Tarbes (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques), il participa aux activités clandestines de la Jeunesse Communiste. Après l’arrestation de Guy Môquet en octobre 1940, il remplaça ce dernier à la tête de la Jeunesse Communiste dans le XVIIe arrondissement, jusqu’au 16 juillet 1941. À cette date, Georges Abbachi fut lui-même arrêté par la police, à la suite d’une distribution de tracts, et emprisonné à la centrale de Poissy. Il fut ensuite interné aux Tourelles, puis à Voves, et enfin à l’Île de Ré. En décembre 1944, il fut libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers et regagna Paris. Après un bref passage au CDLP comme permanent, il reprit son activité professionnelle en 1946, au sein de l’usine Lavalette-Bosch de Saint-Ouen.

Délégué du personnel CGT en 1946, il fut, en tant que permanent, secrétaire du syndicat des Métaux de Saint-Ouen de 1950 à 1957, puis secrétaire de l’Union locale CGT de la ville de Saint-Ouen, de 1957 à 1964, date à laquelle il abandonna ses responsabilités syndicales.

Au sein de la fédération Seine-Ouest, il fut membre du comité fédéral de 1959 à 1962, puis membre de la commission de contrôle financier, jusqu’en 1965. Après la création du département et de la fédération de Seine-Saint-Denis, en 1966, il fut membre du comité fédéral de ce département jusqu’en 1971, toujours au sein de la commission de contrôle financier. En 1971, il était également secrétaire de la section Saint-Ouen Victor Hugo. Il avait suivi une école de section, une école fédérale, et des écoles centrales d’un et trois mois.

Il se consacra également à la vie politique de la commune de Saint-Ouen. Conseiller municipal de 1951 à 1989, il fut maire adjoint de 1964 à 1985. Sur la base locale, il milita également dans les associations de parents d’élèves, au Mouvement de la paix et à la CNL (Confédération nationale des locataires), et fut secrétaire des déportés et internés de Saint-Ouen. Il fut secrétaire de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé, de 1983 à 2005, et membre du comité national de la FNDIRP à partir de 1983. Dans ce cadre, il témoigna régulièrement de son expérience de jeune résistant dans les établissements scolaires.

Georges Abbachi s’était marié en août 1946 avec Jeannine Noin. Son épouse, employée à la mairie de Saint-Ouen, fut elle aussi militante de la CGT et du PCF. Ils eurent deux enfants.

En avril 2005, il signait encore une pétition de « Résistants » en faveur du « Non » au référundum sur la constitution européenne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9622, notice ABBACHI Georges par Paul Boulland, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 26 septembre 2013.

Par Paul Boulland

OEUVVRE : Une jeunesse en résistance, entretien avec Georges Abbachi, 
par Frédéric Durand et Anna Musso, Éditions Association pour la mémoire ouvrière audonienne (Amoa), Saint-Ouen, 2011.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Questionnaire rempli par Georges Abbachi, juin 1999. — Entretien avec Georges Abbachi, 8 décembre 1999. — État civil de Paris (IVe arr.).

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