WALBROU Charles, Arisitide, dit « Le capitaine »

Par Michel Gorand

Né le 12 novembre 1919 à Maisons-Laffitte (Seine-et-Oise, Yvelines), mort le 26 novembre 2007 à Tarbes (Hautes-Pyrénées) ; cheminot, agent de conduite ; syndicaliste CFTC puis CFDT.

Fils d’Aristide Walbrou, cheminot au réseau Nord, qui avait été révoqué en 1910 puis repris au réseau de l’État et qui avait été membre de la CGTU et du PCF, et d’une mère catholique pratiquante, Charles Walbrou fit des études secondaires au Petit Séminaire de Versailles de 1930 à 1937. Il entra au réseau de l’État en mars 1937 comme auxiliaire de bureau à Paris-Saint-Lazare. Licencié en décembre 1937, il travailla ensuite dans l’aviation.
Mobilisé en juin 1940, il fit les chantiers de jeunesse en août 1940 et fut à nouveau embauché à la SNCF en juillet 1941 au dépôt de Trappes. Réfractaire au STO, il entra en clandestinité en juillet 1943. De retour au dépôt d’Achères en septembre 1944, il fut muté au dépôt de Tarbes (Hautes-Pyrénées) en octobre 1944, puis affecté au dépôt de Brétigny-sur-Orge (Seine-et-Oise, Essonne) de mars 1946 à mars 1952. Après un passage au dépôt de Paris-Ivry-Sud-Ouest, il revint à Tarbes en 1952.
Adhérent à la CFTC depuis 1937, il milita activement à partir de 1950 et s’engagea personnellement sans concessions dans le combat mené par les agents de conduite au début des années 1960 contre l’introduction de la veille automatique avec contrôle de maintien d’appui (VACMA), un dispositif contraignant très régulièrement l’agent de conduite à presser son « cerclo », témoignant ainsi de son état de vigilance, et qu’il considérait comme une forme d’aliénation servile. En août 1965, refusant de conduire dans ces conditions, il fut « descendu » de la conduite des trains de ligne et affecté aux manœuvres de gare jusqu’à sa retraite en novembre 1969. Au congrès des cheminots CFDT à Asnières en janvier 1965, il intervint pour souligner que le rapport moral n’insistait pas assez sur les conséquences de l’automation, qui portait selon lui atteinte à la dignité humaine. Il regrettait que les conséquences de la modernisation ne fussent pas évoquées dans le rapport d’orientation.
Charles Walbrou avait fait partie de l’Union catholique des cheminots de 1946 à 1956. Il était favorable à l’évolution de la CFTC en CFDT. Sur le plan politique, il appartint au Rassemblement du peuple français (RPF) en 1948, au Mouvement républicain populaire (MRP) en 1952 et au Parti socialiste unifié (PSU) en 1968, se présentant sous cette étiquette à la députation en 1973.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9516, notice WALBROU Charles, Arisitide, dit « Le capitaine » par Michel Gorand, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 26 octobre 2015.

Par Michel Gorand

SOURCES : Le Cheminot de France. — Correspondances avec le militant, 1997. — État civil.

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