HOBEY Louis

Par Jacques Girault, Claude Pennetier

Né en 1892, mort en 1960 ; syndicaliste de l’enseignement en Seine-Inférieure ; pacifiste.

Une lettre ouverte, écrite par Hobey, qui fut pour lui une cause d’ennuis en 1934. (1M630, ADSM). Cliché Valérie Quevaine.

Enfant de l’assistance publique placé chez des paysans pauvres du Pays de Caux, Louis Hobey devint instituteur grâce à un enseignant qui l’encouragea. Juste après son mariage, il partit au service militaire en octobre 1913 après avoir été affecté aux bureaux de l’auxiliaire pour faible constitution, il fut présent au front en mai 1915, Il resta profondément marqué par la dureté de la guerre. par les tranchées de l’Argonne et de la Somme, de l’Aisne, Juvincourt, Craonne.... Il fut nommé caporal en octobre 1916, sergent en avril 1918, grade dont il fut cassé fin 1933 pour un article pacifiste.

Fait prisonnier lors de la retraite de juillet 1918, il ne put regagner la France qu’à la mi-janvier 1919,

Instituteur à Petit-Quevilly à son retour, il était le trésorier du syndicat des membres de l’enseignement laïque de Seine-Inférieure. Enseignant à Eletot, il devint le secrétaire adjoint de l’organisation en 1921. En 1928, il quitta l’organisation avec d’autres militants pour fonder un groupe « syndicaliste-fédéraliste » qui publia La Défense laïque jusqu’en 1936.
En 1937 il publia un récit de sa vie à la troisième personne, sous le titre La Guerre ? C’est ça !..., ouvrage réédité par Plein chant en 2015.

Rédacteur-administrateur de la revue La Défense laïque en 1935, il enseignait depuis 1930 à Bezancourt par Gournay-en-Bray. Il fut réprimandé pour avoir pris la parole dans un sens hostile à la guerre lors d’une réunion publique. En 1937-1938, Hobey fut harcelé par des adversaires, au point d’être accusé dans une affaire de mœurs, classée sans suite lorsqu’il enseignait à Bezancourt, Le SNI le soutint : le numéro 287 du Bulletin mensuel (février 1938) salua le maître,le syndicaliste, le pacifiste et montra l’acharnement de quelques parents tout en exigeant une enquête judiciaire qui tourna en faveur de Hobey.

Membre du conseil syndical de la section départementale du Syndicat national après l’unification, porte-parole des Amis de L’École émancipée, il fut révoqué en 1940.

Mobilisé un court temps en 1939-1940, il se retira ensuite dans le sud de la France où il vécut ses dernières années entre le Gard et la Drôme. Il publia des brochures de tendance anarcho-syndicaliste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article95136, notice HOBEY Louis par Jacques Girault, Claude Pennetier, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 18 mai 2017.

Par Jacques Girault, Claude Pennetier

Une lettre ouverte, écrite par Hobey, qui fut pour lui une cause d’ennuis en 1934. (1M630, ADSM). Cliché Valérie Quevaine.
Réédition du livre de Hoby Louis, <em>La Guerre c’est ça !...</em>
Réédition du livre de Hoby Louis, La Guerre c’est ça !...
Louis Hobey en 1936.
Louis Hobey en 1936.

SOURCES : Presse syndicale. — A. Delaunay, Le syndicalisme chez les instituteurs de la Seine-Inférieure, Mémoire de maîtrise, Rouen, 1975. — Présentation de la réédition de son livre La Guerre ? C’est ça !... par Camille Estienne et Edmond Thomas. — Bulletin mensuel du Syndicat national des institutrices et instituteurs publics, section deSeine-Inférieure, février 1938. — Note de Valérie Quevaine.

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