Né le 13 février 1888 à Penin (Pas-de-Calais), mort le 28 juillet 1958 à Paris (XIIIe arr.) ; employé à la CGO (Compagnie générale des omnibus) ; secrétaire de la Fédération communiste des Soviets en 1920.

Vraisemblablement ancien militant anarchiste, Marius Hanot joua un rôle de premier plan dans les tentatives de création d’une section française de l’Internationale communiste en dehors du Parti socialiste et avant le congrès de Tours (décembre 1920).
En 1919, sa brochure intitulée Soviet ou Parlement donna le ton : « D’un côté, le parlementarisme, qui, malgré les renouvellements de personnalités différentes, restera toujours antidémocratique, d’un autre le Soviet qui apparaît comme l’exacte représentation du prolétariat. » Collaborateur du journal Le Communiste (25 octobre-14 décembre 1919), il fut de ceux qui, au premier congrès du « Parti communiste », tenu du 25 au 28 décembre, firent triompher l’esprit libertaire et obtinrent la transformation en « Fédération communiste des Soviets ». Marius Hanot en fut élu secrétaire avec pour adjoint Lebourg. Le 6 février 1920, Sigrand, ancien socialiste et ancien secrétaire du « Parti communiste », démissionna suivi de Lacoste, Fabre et Bott. Ils reformèrent un « Parti communiste » qui publia Le Communiste (4 juillet-8 août 1920), concurrent du Soviet (21 mars 1920-1er mai 1921) de Marius Hanot. Celui-ci écrivit le 23 février 1920 à Lénine pour l’informer de la scission. La lettre envoyée à Amsterdam fut saisie par la police et finit dans les dossiers d’un juge d’instruction.
Le 31 mars 1920, la police perquisitionna chez Marius Hanot, 60 rue de la Colonie à Paris XIIIe arr. et saisit divers documents, dont la morasse du journal l’Antimilitariste et les statuts de la section française de l’Association internationale antimilitariste. Animateur de la Ligue des Réfractaires (lié à l’AIA), Marius Hanot était cependant l’auteur de nombreux articles sur l’Armée rouge dont la tonalité n’était pas vraiment anarchiste. Il ne put échapper à la série d’arrestations qui débuta le 1er mai 1920 et toucha les militants du Comité de la IIIe Internationale, du « Parti communiste » de Sigrand et de la Fédération communiste des Soviets. Le 9 mai 1920, à Troyes, devant 200 auditeurs, il se déclara « partisan dans la situation française, d’une grève générale accompagnée de sabotage, ouvrant la voie à l’insurrection libératrice que ferait triompher une Armée rouge » (A. Kriegel, op. cit., p. 473). Le lendemain, la justice lança contre lui un mandat d’amener pour complot contre la sûreté de l’État et propagande anarchiste. Il fut arrêté le 11 mai et inculpé le 12 mai par le Parquet de Troyes de « détention d’explosifs » après la découverte d’un paquet contenant des explosifs. Cet épisode surprend et reste sans explication. Le juge d’instruction refusa une demande de mise en liberté provisoire le 2 juillet 1920. Tous les inculpés furent acquittés le 28 février 1921.
Le nom de Marius Hanot disparaît ensuite de la presse et des rapports de police, si l’on fait exception d’une liste peu fiable, de militants « communistes », établie en 1924.

SOURCES : Arch. Nat., F7/13053, F7/13090. — A. Kriegel, Aux origines du communisme français, op. cit. — Christiane Jospin-Magry, Les anarchistes, la Révolution russe et l’expérience soviétique en France (1914-1921), Mémoire de maîtrise, Paris I. — État civil de Penin.

Jean Maitron, Claude Pennetier

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