HANNEQUIN Julien

Par Yves Le Floch

Ouvrier ciseleur à Villedieu-les-Poêles (Manche) ; militant socialiste SFIO, exclu de la SFIO en 1938.

Militant de la Ligue des droits de l’Homme, Julien Hannequin, qui venait de la région parisienne, domicilié rue Carnot à Villedieu-les-Poêles, fut l’artisan de l’implantation de la SFIO dans cette région, très « blanche », du sud du département de la Manche. Il ne réussit toutefois pas à constituer de syndicat parmi les ouvriers métallurgistes du célèbre artisanat local du cuivre ; toute son activité syndicale se limita, à partir de 1929, à servir de correspondant à la caisse d’assurances sociales que soutenait l’Union départementale confédérée.

La Fédération socialiste de la Manche ne se reconstitua définitivement qu’en 1928, avec les militants de l’agglomération cherbourgeoise. Elle eut tout de suite pour ambition de s’implanter dans l’ensemble du département et organisa dans ce but, en novembre 1928, une tournée avec Émile Goude et Pierre Renaudel. Ce fut Julien Hannequin qui présida le meeting de Villedieu, mais il ne réussit à fonder une section qu’au courant de l’été 1929, après s’être présenté, seul, aux élections municipales du printemps, sous l’étiquette SFIO. Il en fut élu secrétaire adjoint et la représenta au comité fédéral ; mais il fut mal accepté par la majorité des membres, au point de demander, au début de 1930 (craignant de « faire personnellement obstacle à l’extension de la section »), à militer au sein de la section voisine de Coulouvray — qu’il avait contribuée à fonder le 2 mars précédent. En septembre 1930, il démissionna du bureau et la section semble s’être presqu’aussitôt disloquée, puisqu’il était secrétaire d’un nouveau bureau, provisoire, au printemps 1931, bureau confirmé par l’assemblée générale du 16 mai.

Soutenu par le comité fédéral tout au long de cette crise, Julien Hannequin fut dès lors le candidat privilégié de la SFIO dans la région (en avril 1930, déjà, il avait remplacé au pied levé le candidat socialiste défaillant à une élection cantonale, recueillant 35 voix) : aux cantonales de 1931 (91 voix), aux législatives de 1932 (600 voix soit 6,1 % des suffrages exprimés), aux municipales partielles de 1933, où il parvint au second tour (164 voix sur 599) mais essuya un refus de liste commune de la part de l’Association républicaine, enfin aux cantonales de 1934 (166 voix).

Délégué de la section au congrès fédéral de Granville, le 9 juillet 1933 — où se constitua une union des sections de l’arrondissement d’Avranches dont il fut élu secrétaire — il fut seul à soutenir de son mandat la motion présentée par la section de Saint-Lô : exclusion des parlementaires ayant voté le budget. Ses positions évoluaient en effet en direction de celles de l’extrême-gauche du parti et la section de Villedieu passa au pivertisme en février 1938. Au mois de juillet suivant, au lendemain de l’exclusion de Pivert, Julien Hannequin fut exclu de la SFIO par la commission fédérale des conflits, pour « actes de nature à porter gravement préjudice au Parti », sans que les sources permettent de préciser les raisons exactes de cette décision.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article94609, notice HANNEQUIN Julien par Yves Le Floch, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 2 novembre 2010.

Par Yves Le Floch

SOURCES : Jean Quellien, Les Élections dans la Manche, étude de sociologie électorale (1919-1969). — L’Avenir de la Manche. — Le Pays normand, février 1934. — Cherbourg-Éclair, 8 octobre 1934.

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