VERDAGUER Frédéric, Ernest, ou VERDAGUER Godéric, Joseph, Jean, ou VERDAGUER Gaudéric

Né le 15 septembre 1842 à Bouleternère (Pyrénées-Orientales) ; fusillé le 22 février 1872 à Satory ; marié, père de famille ; employé de chemin de fer ; chef de bataillon sous la Commune et accusé d’avoir poussé à la rébellion le 18 mars 1871.

Engagé en 1859, à dix-sept ans, Verdaguer avait été soldat en Afrique pendant sept ans ; lorsque la guerre éclata il était homme d’équipe à la gare de Toulon (Var) et reprit volontairement du service ; en septembre 1870, il était franc-tireur du Var puis sergent au 88e bataillon et, lorsqu’il revint, le pays le reçut musique en tête : « marié, père de famille, sacristain, il est porté en triomphe à Toulon ». Mais il n’avait pas quitté l’armée, et, le 18 mars 1871, à sept heures du matin, le 88e bataillon de marche, - le sien - qui était à Paris, reçut sans autre explication l’ordre de gagner Montmartre et d’y veiller les canons. C’est lui qui aurait poussé à mettre la crosse en l’air, déchaînant ainsi la rébellion ; face à l’inexpérience d’un jeune sous-lieutenant, le prestige de l’ancien soldat d’Afrique l’aurait aisément emporté, dit le rapport au 6e conseil de guerre. On reconnut cependant que « l’instruction ni les débats n’ont pu faire le moindre jour ». Les témoins invoqués par l’accusé firent défaut - la plupart étaient des officiers d’Afrique. Verdaguer, élu chef du 91e bataillon fédéré, reconnut avoir habillé ses hommes et participé à deux sorties : l’une à la porte d’Asnières, mais le bataillon réduit à quinze hommes avait pris la fuite ; l’autre lors de l’entrée des troupes.
Il se cacha durant trois jours « chez une demoiselle », puis quatre jours boulevard Malesherbes. Arrêté le 3 juin, il fut condamné, le 18 novembre 1871, à la peine de mort pour l’assassinat des généraux, et fusillé avec Lagrange* et Herpin-Lacroix* le 22 février suivant.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9303, notice VERDAGUER Frédéric, Ernest, ou VERDAGUER Godéric, Joseph, Jean, ou VERDAGUER Gaudéric, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 29 novembre 2018.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/731 et H colonies 263 : sa sœur Angélique Cassoly, de Port-Vendre, demanda des nouvelles le 6 septembre 1880 et on lui répondit que « Gaudérique Verdagué » est inconnu à la Nouvelle-Calédonie. — Arch. Min. Guerre, affaire des généraux. — Gazette des Tribunaux, 4 septembre 1871. — le Petit Marseillais, 10 juin 1871 (Arch. Dép. Bouches-du-Rhône). — Bruhat, Dautry, Tersen, la Commune de 1871, op. cit., p. 106, 110, 280.

ICONOGRAPHIE : G. Bourgin, La Commune, 1870-1871, op. cit., p. 172. — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, op. cit., p. 103. — Arch. PPo., album 286/43.

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