URIOS Amédée [URIOS Marius, Amédée] [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né le 10 octobre 1909 à Oran (Algérie) ; frère aîné d’Alexandre Urios, lui aussi formé au syndicalisme et au communisme à la Bourse du travail d’Oran et d’Oujda au Maroc ; organisateur des Comités de chômeurs CGTU à Oran et permanent de la Bourse du travail en 1931-1932 ; revenu à Oujda, devenu cheminot, organisateur du syndicalisme CGT au Maroc oriental.

À Oujda, Amédée Urios est assez grand pour se souvenir des commentaires de son père, communiste de conviction, sur la Révolution bolchevique et la République du Rif d’Abd-el-Krim, d’autant que l’écrasement par l’armée française et espagnole fait affluer les réfugiés dans la ville frontière. Après l’école primaire et une année de collège, Amédée Urios est successivement magasinier puis employé de bureau. Il est appelé à Oran pour le service militaire (1930-1931). Démobilisé, ne trouvant pas d’emploi, il forme un Comité de chômeurs qui organise une campagne de manifestations dans la ville jusqu’à obtenir de la municipalité d’Oran, des indemnités hebdomadaires pour les demandeurs d’emploi. Dans les années 1931-1932, Amédée Urios est permanent à la Bourse du travail d’Oran ; il est membre du Parti communiste.

Il retourne alors à Oujda car il devient employé comme homme d’équipe au magasin principal d’habillement de l’armée. Il organise l’Amicale des travailleurs de l’État d’Oujda ; il en devient secrétaire en janvier 1933 ; en 1935, il assiste au Congrès des travailleurs de l’État CGT à Casablanca et ose réclamer le droit syndical pour les Marocains. Il organise au reste les travailleurs marocains à la Bourse du travail d’Oujda. Pour couverture, il est inscrit aux Jeunesses socialistes. En 1936, il met en place l’Union locale CGT d’Oran et en janvier 1937, il est un des premiers militants du rayon communiste d’Oujda pour l’année durant laquelle le Parti communiste sera toléré au Maroc, sans être autorisé.

Amédée Urios entre alors aux Chemins de fer et devient à la fin de 1937, secrétaire de l’Union locale et secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Taza, ville qui est un dépôt sur la dorsale qui relie le Maroc à l’Algérie et la Tunisie. Révoqué, arrêté en juin 1940, il est interné dans le sud marocain au camp de Bou-Denib à la frontière algérienne quand son frère, Alexandre, est lui interné dans le sud algérien. Libéré, à la fin de 1942, Amédée Urios participe aux réunions de constitution du Parti communiste marocain.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9183, notice URIOS Amédée [URIOS Marius, Amédée] [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 16 janvier 2014.

Par René Gallissot

SOURCES : Arch. Wilaya d’Oran. — Correspondance d’Amédée Urios avec Albert Ayache. — Notice Amédée Urios par A. Ayache dans R. Gallissot (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier : Maghreb. Maroc, Éditions de l’Atelier, Paris,1998.

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