KAMINKER Jean-Pierre, Henry

Par André Balent

Né le 7 septembre 1932 à La Baule (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; professeur de lycée dans la région parisienne ; enseignant-chercheur à l’Université de Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; militant du PCF à Paris puis dans les Pyrénées-Orientales ; militant du SNES puis du SNESup ; membre de la CA de la FEN des Pyrénées-Orientales jusqu’à la fondation de la FSU.

Le père de Jean-Pierre Kaminker, André, né en France, était issu d’une famille juive, d’un père originaire de Pologne et expert en diamants —établi en Belgique où il fit fortune avant d’être ruiné— et d’une mère viennoise. Son père opta pour la nationalité française. Il participa à la Première Guerre mondiale. Publicitaire puis journaliste, il fit ensuite une très brillante carrière d’interprète international, à l’ONU notamment. Homme de droite, libre-penseur, il rejoignit la France Libre à Londres en juin 1940 et devint un fidèle partisan de de Gaulle.

Sa mère, Georgette Signoret était la fille du peintre marseillais Charles Signoret et d’Henriette Duval native de Valenciennes (Nord), une femme de gauche, libre penseuse et admiratrice de Jean Jaurès et d’Aristide Briand.
Sa sœur aînée, Simone Signoret, acquit une grande renommée comme actrice et écrivaine. Son frère Alain Kaminker, militant communiste, commença une carrière de cinéaste mais mourut jeune, en 1959, lors du tournage d’un documentaire sur les pêcheurs de l’île de Sein.

Jean-Pierre Kaminker fut baptisé dans la religion réformée en 1942. Pendant une partie des années noires, de janvier 1943 à août 1944 il vécut avec sa mère et son frère à Valréas dans le Vaucluse, « bien intégré », et bien accueilli, notamment par la paroisse protestante. Après la guerre, il devint « résolument agnostique ».

En 1954, il épousa Françoise Guimbaud, secrétaire dans une imprimerie, dont il divorça en 1977. De ce mariage naquirent deux filles, Marie en 1957 et Mathilde en 1960. En 2004 il se remaria à Céret avec Dominique Abadie, éducatrice spécialisée, militante communiste et de la CGT.

Il effectua son service militaire dans l’Infanterie entre 1958 et 1960, pendant vingt-quatre mois, dont six en Algérie, dans l’Ouarsenis.
Après des études de Lettres classiques, à la Sorbonne (1952-1956), il fut reçu à l’agrégation de grammaire (1956). Il obtint un doctorat en sciences du langage en 1992 à l’université de Besançon (Doubs).

Il enseigna d’abord les Lettres classiques dans divers lycées de la région parisienne : Meaux (Seine-et-Marne), Corbeil-Essonnes (Essonne), et Gabriel- Fauré (Paris XIIIe). En 1969, il fut nommé à Perpignan qui n’était pas encore une université à part entière. Il y fit une carrière d’enseignant-chercheur jusqu’à sa retraite en septembre 1996. Entre temps, il avait été nommé maître de conférences habilité à la direction de recherches.
Dans un premier temps, il s’intéressa principalement à l’histoire de la littérature. Il publia, entre 1960 et 1970 des travaux sur des auteurs français des XVIIe et XVIIIe siècles, notamment, une édition des Caractères de La Bruyère dans la collection des classiques Larousse, une étude sur l’Abbé Prévost dans la revue Europe (1963, n° 415-416), divers chapitres du tome 6 (1976) de l’Histoire littéraire de la France, publiée par les Éditions sociales, sous la direction de Pierre Abraham et Roland Desné. Il se tourna ensuite vers les sciences du langage et la sociolinguistique. Membre de l’IRSCE (Institut de recherche en sémiotique, commmunication et éducation), le groupe de recherche fondé à l’Université de Perpignan par le philosophe Gérard Deledalle, il soutint sous la direction de ce dernier une thèse de sémiotique dont découlèrent la plupart de ses publications scientifiques. Celles-ci ont figuré dans diverses revues, notamment La Pensée, les Cahiers de linguistique sociale (Université de Rouen), la Revue européenne d’études sémiotiques (Vienne), Degrés (Bruxelles) etc., et dans des recueils de travaux publiés par diverses institutions : universités de Perpignan, Rouen, Montpellier, Neuchâtel, Besançon ; CRDP de Montpellier.
Après sa retraite, il publia La persécution contrariée ouvrage largement autobiographique qui traite notamment de la condition des Juifs sous l’occupation dans le département du Vaucluse.

Jean-Pierre Kaminker fut un militant de l’UNEF à la Sorbonne entre 1953 et 1956. Il adhéra ensuite au SNES où il milita à la tendance « Unité et Action ». Il fut secrétaire de la section du lycée Gabriel-Fauré (Paris, XIIIe), en particulier pendant la grève de mai-juin 1968. À partir de 1969, il adhéra au SNESUp à Perpignan. Il fut un militant assidu de la tendance "Action syndicale". Il exerça de nombreuses responsabilités dans la section syndicale du Centre universitaire puis de l’université de Perpignan. Il fut aussi élu au conseil de l’université. Il représenta le SNESUp à la commission administrative départementale de la section des Pyrénées-Orientales de la FEN. Il siégeait comme représentant de la principale tendance minoritaire d’une section départementale dirigée par UID depuis 1969. Il participa à la vie de la direction de la FEN départementale jusqu’à la scission de 1992, au congrès national de Perpignan.

Élève de khâgne au lycée Henri-IV (Paris), il adhéra en 1952 au Mouvement de la paix. Dans la foulée, il adhéra aussi au PCF, à la suite de la manifestation du 28 mai. À partir d’octobre 1952, il fut un militant actif de la cellule des étudiants communistes de Lettres de la Sorbonne. À ce titre, il fut membre du bureau de la section du Ve arrondissement de Paris. Il fonda ou participa à la fondation d’une cellule communiste dans chacun des trois lycées où il fut successivement en poste. À Perpignan, dès son arrivée, il fonda une cellule du PCF à l’université. Celle-ci qui connut des heures fastes disparut dans les dernières années du XXe siècle.

Retraité, il siégea au comité fédéral du PCF des Pyrénées-Orientales, entre les 29e et 30e congrès fédéraux, de 1996 à 1999. Il milite depuis à Céret. En 1996, lors d’une élection municipale consécutive à la dissolution du conseil municipal (1996), il fut candidat sur la liste conduite par le socialiste Henri Sicre, maire de 1983 à 1995, qui reconquit alors le siège perdu l’année précédente. En décembre 2007, la fédération du PCF publia sur son site Internet sa contribution d’août 2007 au débat engagé par le parti dans laquelle il annonçait son refus de participer à la discussion du texte proposé par la direction et souhaitait la rédaction d’un nouveau document clarifiant la stratégie choisie.

Comme militant pacifiste il présida le comité départemental de l’Appel des Cent pour la paix, de sa fondation dans les années 1980 jusqu’à sa fusion dans le conseil départemental du Mouvement de la Paix (2006). Il est depuis lors membre du bureau de cet organisme.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89696, notice KAMINKER Jean-Pierre, Henry par André Balent, version mise en ligne le 12 octobre 2010, dernière modification le 23 mars 2015.

Par André Balent

ŒUVRE CHOISIE : La persécution contrariée. Les Kaminker à Valréas (1943-1944) entre antisémitisme et bienveillance d’une population, Limoges, Lambert Lucas, 2007, 492 p. — Nombreux articles scientifiques dans les revues citées dans la notice. — Nombreux articles dans Le Travailleur catalan, hebdomadaire du PCF des Pyrénées-Orientales. — Un article dans l’Humanité, en mai 2008, lors de la commémoration du quarantième anniversaire de Mai 1968.

SOURCES : Jean-Pierre Kaminker, op. cit., 2007. — Réponse écrite à un questionnaire de l’auteur, janvier 2010. — Entretien avec Jean-Pierre Kaminker, Céret, 6 juillet 2010. — Note de Jacques Girault.

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