Né et mort à Bayonne (Basses-Pyrénées), 26 novembre 1920-octobre 1999 ; militant de la JOC, de la CFTC puis de la CFDT ; secrétaire de la Fédération de la métallurgie.

Né d’un père employé de commerce et d’une mère couturière, Jean Lannes obtint le certificat d’études primaires à l’issue d’une scolarité dans l’enseignement privé. De 1937 à 1946, il occupa divers emplois — d’abord à Bayonne puis dans la région parisienne — dans de nombreux secteurs : mécanique, emplois de bureau, centre d’apprentissage, commerce, poudrerie, électro-mécanique. En mars 1943, il fut requis pour aller travailler en Allemagne au titre du STO et ne fut rapatrié qu’en juin 1945.
Militant de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) à partir de 1938, Jean Lannes adhéra à la CFTC en 1945 et devint dès l’année suivante secrétaire de l’Union des syndicats du Pays basque, responsabilité qu’il assuma jusqu’en 1951. Il vint ensuite à Paris pour devenir secrétaire permanent de la Fédération CFTC de la Métallurgie. Minoritaire « actif », proche de Paul Vignaux, il avait animé un groupe « Reconstruction » dans sa région avant d’entrer en 1952 au « bureau provisoire de la tendance ». Membre de la délégation permanente du « comité de vigilance » en 1953, il fut l’un des signataires de la résolution minoritaire sur l’orientation, qui regroupa 40,2 % des mandats au congrès confédéral de 1955.
Jean Lannes avait été élu aux élections sociales du 24 avril 1947 et du 8 juin 1950 et fut administrateur CFTC de la caisse de Sécurité sociale jusqu’à son départ à Paris en juin 1951. Il fut aussi l’initiateur et l’un des fondateurs du COL (Comité ouvrier du logement), société coopérative d’HLM créée en 1950, mais démissionna de son conseil d’administration en 1962 en raison de ses charges syndicales.
Membre du conseil confédéral de 1953 à 1956, Jean Lannes quitta le secrétariat de la Fédération de la Métallurgie en 1956 et travailla pendant cinq ans à l’usine Bréguet-Aviation à Anglet (Basses-Pyrénées) comme agent technique aéronautique ; il y fut élu délégué du personnel et membre du comité d’entreprise. En 1960, il fut élu président de la Fédération nationale de la Métallurgie, poste qu’il occupa jusqu’en 1971. Au cours de cette période, il fut également délégué régional CFDT pour l’Aquitaine (1962-1973) et siégea au Conseil économique et social (1969-1974).
Il participa en outre à de nombreuses autres activités. Délégué à la conférence des Industries mécaniques du Bureau international du travail (BIT) en 1952, il fut également envoyé en mission au Zaïre d’octobre à décembre 1965 comme expert en éducation ouvrière. En ce domaine, il intervint dans des sessions de formation et d’éducation syndicales en France et à l’étranger, notamment chaque année pendant six à huit semaines de 1963 à 1966 en Afrique et de 1967 à 1971 dans divers pays d’Amérique latine, dans le cadre des activités de l’ISCTI (Institut syndical de coopération technique internationale).
De 1973 à septembre 1978, il assura la direction du service de formation continue de l’université de Pau et des Pays de l’Adour. Puis, après deux années passées au service du comité d’établissement de l’usine Dassault de Biarritz (septembre 1978-décembre 1980), il fit valoir ses droits à la retraite et continua à militer au sein du syndicat des retraités CFDT.
À l’occasion des élections municipales de 1977 à Bayonne, il conduisit une liste d’union de la gauche regroupant le PS, le PC, le PSU et l’EHAS (parti socialiste du peuple basque). Cette liste fut battue, mais recueillit 38,47 % des suffrages exprimés, soit 9,3 points de plus que la liste d’union de la gauche candidate aux élections de 1971.
Marié, Jean Lannes était père de cinq enfants.

SOURCES : Témoignage de l’intéressé. — Franck Georgi, Soufflons nous-mêmes notre forge. Une histoire de la fédération de la Métallurgie, CFTC-CFDT (1920-1974), Éd. ouvrières, 1991. — Franck Georgi, L’Invention de la CFDT 1957-1970, Éd. de l’Atelier, 1995. — Franck Georgi, Eugène Descamps, Éd. de l’Atelier, 1997. — Voir l’inventaire des archives J. Lannes, en ligne (Arch. conf. CFDT).

Éric Belouet

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