LAMBERT Hippolyte, Joseph

Par Jacques Girault

Né le 19 mars 1913 à Toulon (Var), mort le 26 novembre 2005 à Tunis (Tunisie) ; instituteur puis professeur ; militant communiste dans le Var.

Fils d’un commis devenu rédacteur des postes, musicien, originaire de Pignans (Var), décédé en 1925, et d’une professeur de piano décédée en 1926, Hippolyte Lambert reçut les premiers sacrements catholiques. Puis ne pratiquant pas, il devint athée. Il fréquenta le collège de Draguignan (Var), le lycée de Toulon (1928-1931). Titulaire du baccalauréat, série Philosophie (1931), inscrit à la faculté des Lettres d’Aix-en-Provence (1933-1934), il obtint trois certificats de licence d’allemand. Épris d’idées du XVIIIeme siècle (Voltaire surtout) et de culture allemande, pianiste, il séjourna six semaines à Munich en 1933 après l’arrivée d’Hitler au pouvoir.

Instituteur intérimaire depuis octobre 1931, il enseigna à Toulon, à Hyères (Les Borrels) et à Ramatuelle. Titularisé en 1933, il fut nommé instituteur à Saint-Maximin après son service militaire dans l’infanterie à Hyères en 1934-1935 qu’il termina avec le grade de sergent.

Membre des Jeunesses communistes depuis 1936, membre du comité fédéral, Lambert adhéra aussi au Parti communiste en 1936 à Sant-Maximin. Il fit partie, en 1937, du secrétariat de la section communiste de Saint-Maximin, assurant la trésorerie et les fonctions de correspondant du CDLP. Nommé à Ollioules en juin 1938, habitant le quartier de Saint-Jean-du-Var à l’Est de Toulon, il devait représenter le Var, en mai 1939, au congrès de l’Union des intellectuels français pour la justice, la liberté et la paix, mais, selon son témoignage, il ne s’y rendit pas.

Membre du Parti communiste depuis 1936, Lambert fit partie, en 1937, du secrétariat de la section communiste de Saint-Maximin, assurant la trésorerie et les fonctions de correspondant du CDLP. Nommé à Ollioules en juin 1938, habitant le quartier de Saint-Jean-du-Var à l’Est de Toulon, il devait représenter le Var, en mai 1939, au congrès de l’Union des intellectuels français pour la justice, la liberté et la paix, mais, selon son témoignage, il ne s’y rendit pas.

Mobilisé au début de la Seconde Guerre mondiale, Lambert, après sa démobilisation, participa, à partir de l’automne 1940, à la reconstitution clandestine du Parti communiste dans le Sud-Ouest varois avec Victor Etienne et Esprit Armando de septembre 1940 au 15 avril 1941. Surveillé par la police, ayant rédigé, en octobre 1940, l’Humanité du Var (premier journal clandestin communiste), après une première perquisition infructueuse à son domicile, le 18 février 1941, il fut interné au centre de séjour surveillé de Saint-Paul d’Eyjeaux (Haute-Vienne) le 16 avril suivant, à la suite d’un arrêté préfectoral du 2 avril1941. Dénoncé, ramené à Toulon, condamné le 24 juillet 1941 par le Conseil de guerre maritime à vingt ans de travaux forcés, d’interdiction de séjour et de saisie des biens, révoqué comme instituteur à partir du 16 septembre 1941, il fut emprisonné à Toulon, puis à la centrale d’Eysses (1943-1944) où il participa aux actions militaires du bataillon FTPF. Le 1er juin 1944, il fut déporté en Allemagne, à Allach (annexe de Dachau en Bavière).

Après la guerre, ayant obtenu son quatrième certificat de licence d’allemand (1946), Lambert devint professeur aux lycées de Marseille (lycée Périer, 1946-1952), puis de Toulon (1952-1958). Adhérent du Syndicat national des instituteurs depuis 1932, puis du Syndicat national de l’enseignement secondaire et de la FEN-CGT, il fit partie du comité de rédaction de L’Éducateur prolétarien, organe mensuel de la FEN-CGT.
Membre du bureau de la section du PCF Henri Seillon à Toulon en 1945-1946, puis du bureau de la section du quartier du Rouet à Marseille de 1946 à 1951, il était membre de la cellule communiste du Pont-de-Bois et du secrétariat de la section communiste Gabriel Péri depuis octobre 1952. Il avait été responsable de l’école fédérale du PCF en 1946.
Président de l’association départementale de la Fédération des déportés, internés et résistants patriotes, candidat aux élections municipales de Toulon en 25eme position sur la liste « d’union ouvrière et démocratique… », présentée par le Parti communiste français, le 26 avril 1953, il ne fut pas élu. Pour les élections municipales du 22 mai 1955, il participait au comité de soutien à la nouvelle liste communiste dans les quartiers des Routes et du Pont-de-Bois. Après ces élections, il fut un des cinq dirigeants de la section communiste locale qui rencontrèrent les dirigeants de la section socialiste pour la rédaction du protocole d’accord. Le conseil municipal, à sa première séance, le désigna comme délégué à la commission locale des cours professionnels. En raison de son état physique déficient, il dut ralentir son activité au milieu des années 1950.

Hippolyte Lambert se remaria en décembre 1959 à Toulon avec une institutrice, fille d’un cordonnier, qui termina sa carrière à l’école de Rivière Neuve. Ils habitaient le quartier des Routes et eurent un enfant.

Professeur d’allemand à Tunis (1958-1965), Lambert y fonda un ensemble musical, puis termina sa carrière (1965-1968) au Centre national de Télé-enseignement à Vanves (Hauts-de-Seine). Il prit sa retraite à Toulon. Habitant le quartier de Dardenne, il se consacra à la musique (piano et composition).

Hippolyte Lambert quitta le PCF en 1984.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89607, notice LAMBERT Hippolyte, Joseph par Jacques Girault, version mise en ligne le 8 octobre 2010, dernière modification le 3 septembre 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 6 311064. — Arch. Dép. Var, 4 M 59 4 4 , 7 M 12 2, 3 Z 4 30, 4 33, 6 16, Cabinet 863, 1477 W 96. — Fédération du Var du PCF. — Presse locale. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de Jean-Marie Guillon.

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