Né le 28 novembre 1900 à Bourg-sur-Gironde (Gironde), tué au combat le 9 juin 1940 à Evergnicourt (Aisne) ; avocat ; député du Nord (1932-1940) ; sous-secrétaire d’État dans les gouvernements Blum (4 juin 1936-22 juin 1937), Chautemps (22 juin 1937-18 janvier 1938), Blum (13 mars 1938-10 avril 1938).

Attachante figure du Parti socialiste entre les deux guerres mondiales, Léo Lagrange est peut-être le seul ministre du Front populaire que l’opinion publique citerait encore aujourd’hui, à côté de celui de Léon Blum. Cette notoriété persistante, il la doit à sa réussite comme sous-secrétaire d’État aux Sports, aux Loisirs et à l’Éducation physique. Et pourtant, ce souvenir, perpétué par une riche toponymie de rues, de piscines, de stades, d’associations sportives et de mouvements populaires est réductrice du personnage. Léo Lagrange n’a pas été seulement un entraîneur de la jeunesse. Il a été une tête pensante et agissante du Parti socialiste et, dans une période tragique, il a conformé son action à sa pensée jusqu’au sacrifice de sa vie. Léo Lagrange est un méconnu célèbre.
Grand, blond, de stature athlétique, on le prenait pour un enfant du Nord qu’il n’était pas, quand il fut élu député de Fourmies. Sportif, homme de plein air, on le voyait bien sur les stades et les pistes de ski, dans les clubs et les auberges de jeunesse, mais on oubliait l’homme de cabinet réfléchissant sur le sens, la forme et les fins de son action ministérielle, on ignorait l’ami de André Malraux qu’il était, l’interlocuteur du colonel de Gaulle sur les problèmes de tactique et de stratégie et le militant et l’élu clairvoyants face aux menées fascistes et hitlériennes qu’il était aussi. D’origine rurale et montagnarde par son grand-père, né dans les Hautes-Alpes, Léo Lagrange a vu le jour à Bourg-sur-Gironde où son père, républicain fervent, ancien soldat de la mission Marchand et fonctionnaire du ministère des Colonies, avait épousé Marie Dehors, demoiselle bien pensante de la Croix-Rouge, fille de propriétaires terriens. Ce coin de terre aquitaine restera son port d’attache et c’est là qu’il repose après le transfert de ses cendres.
Léo Lagrange a eu une enfance et une adolescence parisiennes. Quand sa mère alla, selon la coutume, le mettre au monde dans le giron familial, ses parents étaient déjà installés en plein quartier latin, non loin du lycée Henri-IV, où il accomplira le cycle de ses études primaires et secondaires. Son père a le souci des études, de la culture, de la réussite : il ne sera pas déçu par son fils unique. De sa mère, dynamique et généreuse, Léo Lagrange tenait cette vive sensibilité qui lui composait un personnage de bon géant au cœur tendre.
Ouvert et curieux d’esprit, avide de connaissances, mais aussi débordant de vitalité physique, il s’épanouit au lycée Henri IV. En 1905, il entra en classe enfantine. A neuf ans, il passa le concours des Bourses. Inscrit aux Éclaireurs de France dont il partagea les exercices et les sorties avec ardeur, il témoigna d’un goût précoce de l’exploit et révéla, dans sa section, un tempérament de meneur. Adolescent, il fut un équipier assidu du « onze » de son lycée. Dans l’ordre intellectuel, il donna satisfaction à tous ses professeurs par son intelligence et son obstination au travail, et par ses résultats. Il ne négligea aucune discipline mais se passionna pour l’histoire et goûta la poésie avec ferveur. En juillet 1916, Léo Lagrange conquit aisément son premier baccalauréat, option latin-grec, et s’inscrivit pour l’année scolaire 1916-1917 en classe de philosophie de son lycée.
Cette année de couronnement des études secondaires accéléra la mutation de sa personnalité. Il noua des amitiés enrichissantes, dans sa classe et hors de sa classe, comme celle du futur romancier Jean Prévost qui devait tomber parmi les maquisards du Vercors en 1944 et qui a campé dans ses Frères Bouquinquant un personnage d’avocat sous les traits physiques et moraux de Léo Lagrange. Il connut aussi Jean, fils du professeur Paul Langevin, croisa Pierre Gaxotte, élève de lettres supérieures, futur secrétaire de Charles Maurras. Il fréquenta, en d’interminables entretiens, son meilleur ami Pierre Rubénovitch issu d’une famille de révolutionnaires russes installée en France après 1905. Chez lui, il rencontre des militants pleins de ferveur et prêts à d’audacieuses actions. Élevé dans le respect des grands Jacobins, Léo Lagrange découvrit le socialisme scientifique. Mais, au contact de thèses maximalistes, il mûrit des réflexes de vigilance à l’égard des emballements utopiques. Si l’on pense que les échos d’une guerre sanglante et interminable secouaient cours, couloirs et salles de classe du lycée, on comprendra que Léo Lagrange, si ouvert sur la vie de la cité, n’ait pas beaucoup aimé l’atmosphère de la classe de philosophie peuplée surtout d’enfants de la bourgeoisie sagement préoccupés de conquérir leur place dans l’élite du pays. Bref, la classe de philosophie a formé le futur homme de réflexion et d’action mais n’a pas bien préparé le candidat au deuxième baccalauréat : ses préoccupations sont ailleurs ; premier échec dans une scolarité remarquable, il est ajourné à l’écrit.
Il entra à l’École libre des sciences politiques de Paris dans la section « Diplomatique ». Léo Lagrange ne fera que commencer son cursus à Sciences-Po et ne termina son cycle d’études qu’en 1922. Il brûlait de plonger dans la réalité tragique du moment. Il ne supportait plus de parler de ce conflit armé sans savoir comment il se déroulait. Pacifiste, il détestait la guerre et cependant il y courut parce qu’il détestait plus encore les « stratèges du Café du Commerce ». Partisan d’un arrêt raisonnable des hostilités, il supportait mal que ses camarades « jusqu’auboutistes », protégés comme lui par leur jeune âge, ironisaient sur son pacifisme que la peur inspirerait. Avec l’autorisation de son père, Léo Lagrange s’engagea pour la durée des hostilités le 17 août 1918, mû par un sentiment de solidarité qui le poussait à connaître l’épreuve de ses jeunes concitoyens.
Affecté au 32e puis au 30e régiment d’artillerie, le 13 octobre, Léo Lagrange connut bientôt le baptême du feu sur le front et, s’il parlait rarement de ces quelques semaines de calvaire, il en gardait les images gravées dans sa conscience. A l’Armistice, il se trouva brigadier et, fin novembre, replié sur Nancy dans l’attente de sa démobilisation. Désigné comme chef de poste, il partit avec quatre hommes pour assurer la garde d’une casemate isolée et désaffectée. La petite escouade ne prit pas très au sérieux une mission dont l’utilité n’était pas évidente. Une visite inopinée d’un supérieur trouva la sentinelle allongée sur le lit de camp, tandis que les autres soldats étaient au café à quelque distance. Rapport à l’autorité supérieure. Le lendemain, Lagrange dut répondre au reproche de n’avoir pas signalé les fautifs. « Mon commandant, répond-il, j’ai tout juste dix-huit ans. Les hommes que vous me demandez de punir ont lutté, souffert depuis plus de quatre ans. Tous sont mes aînés et certains ont des fils de mon âge. Tous ont été des combattants braves et courageux. Leur comportement m’inspire tant d’admiration et de respect que je ne puis m’octroyer le droit et le pouvoir de leur imposer une sanction. » Le brigadier Lagrange perdit ses galons. Muté au 22e RA à Versailles, en avril 1919, puis, en juin, au 8e RA à Toul, il fut démobilisé le 3 novembre. Il retrouva la vie civile et il n’avait pas vingt ans.
Le 11 novembre 1919, il obtint son baccalauréat de lettres et s’inscrit en faculté dès le lendemain. Il mena de front études de droit et « sciences politiques ». L’esprit naturellement sérieux de Léo Lagrange mûri par la courte expérience voulue de la guerre se révoltait contre le débordement de médiocrité des « années folles ». L’acuité des problèmes politiques et sociaux posés par l’ébranlement de la guerre et par l’écho de la révolution russe le préoccupaient vivement et l’homme d’action qu’il était cherchait sa voie. Sa soif de justice, son horreur de la guerre le dressaient contre l’ordre établi qui reçut l’onction du suffrage universel fin 1919. Après le congrès de scission de Tours (décembre 1920), que Léo Lagrange a suivi avec passion du dehors, il adhéra en janvier 1921 à la Vee section de la Fédération de la Seine du Parti socialiste SFIO, « section d’élite » du Quartier latin où il trouva, entre autres, Jean Zyromski et [ Marcel Déat mais section du « vieux » parti brisé, exangue, vidé des deux tiers de ses adhérents. Le choix de jeune homme que fait Léo Lagrange n’est pas, à coup sûr, un geste d’emballement mais un acte mûri : il adhérait aux objectifs révolutionnaires inscrits dans la charte maintenue du Parti socialiste, il adhérait à un parti d’organisation démocratique et de libre discussion dont les fins ne peuvent, en aucun cas, justifier tous les moyens.
En profonde communion de vues avec son parti, épris de contacts humains, ayant le goût de l’action collective, Léo Lagrange, militant d’une section vivante et de l’ardente phalange des Étudiants socialistes, était un homme heureux. C’est là aussi qu’il trouva le bonheur personnel : il rencontra dans les couloirs de la faculté de droit et parmi ses camarades Étudiants socialistes, une jeune fille de son âge, Madeleine Weiller, belle, partageant ses convictions et son idéal de vie. Il l’épousa à la mairie de Passy (XVIe arr.), le 18 novembre 1924. Elle lui donna, le 16 septembre 1925, un fils, Serge, et un foyer heureux tout en partageant avec lui vie professionnelle et vie militante. De cette période de la vie de Léo Lagrange retenons les témoignages de deux camarades dont les voies ont, par la suite, divergé : « J’ai vite remarqué chez Lagrange, a écrit André Philip, la solidité de ses convictions, le dévouement total à son idéal et, en même temps le caractère extrêmement concret et réaliste de ses préoccupations [...]. C’est chez Lagrange que j’ai trouvé le cadre le plus solide de pensée et de doctrine socialistes et c’est lui qui, vers 1922, a été mon parrain lorsque je suis entré, d’abord aux Étudiants socialistes, puis au Parti SFIO. » Futur avocat et surtout animateur de groupements économiques dans le Midi de la France, Philippe Lamour corrobore ce jugement quand il écrit : « C’était un garçon — il l’est resté toute sa vie d’ailleurs — un peu rigide quoique extrêmement cordial, fidèle en amitié, mais rigoureux de pensée, très exigeant, incapable de compromission même dans les conversations, les discussions perpétuelles qui ont lieu entre étudiants [...]. Nous l’appelions familièrement « Saint-Just », pour marquer quel était son état d’esprit et son comportement. »
Léo Lagrange était tout le contraire d’un étudiant fermé aux choses de la vie et cependant ses études supérieures se déroulèrent heureusement. Les 23 et 24 juin 1922, il obtint coup sur coup sa licence de droit et le certificat de sciences pénales avec un mémoire sur « l’exercice de l’action publique sous la Révolution Française ». Le 7 juin 1923, il obtint le diplôme de l’École des sciences politiques de Paris. Inscrit pour le doctorat de droit, il réussit deux certificats mais ne termina pas sa thèse. Il s’inscrivit au barreau de Paris et prêta le serment d’avocat le 14 novembre devant la cour d’Appel. Il prit alors une résolution révélatrice de l’homme qu’il était devenu : il renonça à l’idée de briller au prétoire. Plutôt que d’étudier les dossiers des grosses affaires, il assura la défense des humbles, tuberculeux, blessés des poumons, gazés qui trouveront une oreille attentive dans son cabinet, 16 rue de la Mission-Marchand (Paris, XVIe arr.). L’avocat soulagea les victimes du passé tandis que le militant combattait au premier rang pour la justice et la paix à venir. Il rencontra le succès sur les deux fronts. Il fut élu pour l’année 1925-1926 secrétaire de la Conférence du stage des avocats de la cour d’Appel de Paris. Le Parti socialiste renaissant ne pouvait pas ignorer longtemps un militant de cette qualité. Tous les bafoués qui font appel à lui, il les confia à son cabinet. Il le mit largement à contribution pour la bataille électorale du Cartel des gauches en 1924 et, en 1925, il le porta à sa CAP (Commission administrative permanente). Léo Lagrange était devenu un homme en vue du Parti socialiste.
En 1928 s’achèva la législature du Cartel des gauches. La bataille électorale était difficile après la rupture de cette coalition en 1926 et le retour de Poincaré ; le rétablissement du scrutin uninominal redonnait du poids au candidat lui-même. Le Parti socialiste envoya Léo Lagrange dans la 1re circonscription (quartier de la Folie-Méricourt) du XIe arrondissement de Paris. Les militants de la 11e section socialiste le désignèrent le 7 janvier 1928. A droite, Lagrange trouva un adversaire de poids, Henry Paté, du Comité de concentration républicaine, démocratique et sociale, député sortant actif, d’un réel talent oratoire, vice-président de la Chambre depuis janvier 1927. Le 22 avril 1928, Henry Paté conserva son siège dès le premier tour avec 6 132 voix sur 12 670 inscrits et 11 056 votants. Léo Lagrange, avec 1 254 suffrages, suivait le communiste Lozeray (2 322) et devançait Malissard, radical-socialiste (610). Malgré une belle campagne, Lagrange ne fut pas député de Paris où le terreau n’était pas alors favorable au Parti socialiste. Il sera plus heureux dans le Nord en 1932.
Les socialistes de la 1re circonscription d’Avesnes avaient, en 1928, perdu leur député, Ephrem Coppeaux, battu par Louis Loucheur. Ils étaient à la recherche d’un candidat capable de reconquérir la circonscription dans laquelle se trouve Fourmies, célèbre dans le martyrologue des luttes ouvrières depuis le 1er mai 1891. Ephrem Coppeaux, âgé et malade (il devait mourir en 1931) n’était plus cet homme. La direction du Parti socialiste, interrogée, leur proposa un jeune avocat parisien venu du Sud-Ouest aquitain à la conquête d’une difficile circonscription du département du Nord, même s’il s’agissait de l’Avesnois, verdoyant et vallonné, mi-rural, mi-industriel, sa partie la plus accueillante. N’en était-ce pas une gageure de prétendre évincer l’élu de 1928, Louis Loucheur, homme du Nord, lui, riche, puissant, conservateur éclairé, député depuis 1919, ministre presque inamovible du Travail, de l’Industrie, du Commerce ou des Régions libérées, postes à forte résonance électorale ? Et, pourtant, le pari fut gagné. Par un travail assidu de formation civique et d’éducation politique de deux ans, Léo Lagrange réveilla les sections socialistes, imposa son nom par l’allant et le sérieux de son apostolat, au-delà des milieux socialistes. Il fut solidement épaulé par Alfred Derigny, adjoint puis maire de Fourmies et par le secrétaire de la section socialiste d’Avesnes, Étienne Bécart, professeur au lycée, qui devint son ami, son bras droit au gouvernement, son frère de combat. L’Avenir, hebdomadaire socialiste de l’arrondissement de Valenciennes, couvrit désormais l’arrondissement d’Avesnes et offrit à Léo Lagrange une tribune pour contrecarrer l’influence de l’organe de droite, le Journal de Fourmies. Léo Lagrange s’intégrait pleinement dans la Fédération du Nord, bastion de la SFIO, animée par J.-B. Lebas et Roger Salengro, aux assises populaires et aux fortes traditions doctrinales. Comme elle, il se rangeait aux thèses de la Bataille socialiste qui, derrière Paul Faure et Jean Zyromski, prônait une politique ferme d’opposition socialiste. Élu, il ne risquait pas d’en rompre l’unanimité qu’elle cultivait jalousement : il s’assurait ainsi l’appui d’un appareil solide avec lequel il allait faire corps. Bref, l’opinion vit en lui un socialiste du Nord comme, au physique, il semblait être un homme du Nord.
Les socialistes virent une promesse d’avenir dans leur succès aux élections cantonales du 18 octobre 1931. Le 22 novembre 1931, Louis Loucheur, au terme d’une brève maladie, s’éteignit à Paris. Léo Lagrange redoubla d’efforts après l’ouverture de la campagne électorale, multipliant les réunions, portant la contradiction chez ses adversaires. Henri Docquiert, alors secrétaire des Jeunesses socialistes d’Avesnes, évoqua en 1970 son image dans un livre de souvenirs Églantine et Vert-de-Gris. « Bâti en force, il allait parler aux auditoires ouvriers dans les plus petites localités, avec une curieuse éloquence, qui donnait le spectacle d’une performance d’athlète alliée à un cheminement de pensée d’artisan pesant et martelé. Tout cela, allié à l’art oratoire très sûr d’un ancien Secrétaire de la Conférence du Stage, lui faisait enlever ses péroraisons sur un rythme qui sonnait la charge et emportait l’enthousiasme de son auditoire bien au-delà de la sortie de la réunion publique, vers une adhésion et une conviction définitivement conquises. » Les 1er et 8 mai 1932, les résultats vinrent couronner les efforts de Léo Lagrange. Sur 19 325 inscrits et 17 129 votants il recueillit 7 570 voix, devant Pinson, républicain de gauche (5 275), Groquez, radical-socialiste (2 847) et Detez de la Grève, communiste (981). Malgré le maintien de ce dernier tombant à 304 voix, Groquez s’étant retiré, au scrutin de ballottage, Lagrange battit Pinson par 8 693 suffrages contre 7 995.
Le nouvel élu trouva naturellement sa place à la commission de législation civile et criminelle et à la commission de l’armée. Il en devint l’actif secrétaire et c’est en cette qualité que le colonel de Gaulle entra en contact avec lui, confiant, a-t-il écrit, en son « talent... pour mettre en relief le côté révolutionnaire de l’innovation » stratégique et tactique qu’il proposait et que repoussait l’état-major. Léo Lagrange, clairvoyant, s’efforça de rallier à ces thèses le Parti socialiste, mais n’y parvint pas, l’idée d’une armée de métier qu’elles impliquaient éveillait le spectre du césarisme dans un parti démocratique fidèle à l’idée de la nation armée. En novembre 1933, élu conseiller municipal des Avesnelles, il parfait son implantation locale. Y concourt tout autant l’éclat de son action parlementaire qui allie les compétences de l’avocat, le talent de l’orateur et les exigences morales de l’homme et du militant. Le 24 novembre 1932 sa dénonciation véhémente du scandale de l’Aéropostale lui vaut un rappel à l’ordre du président de l’assemblée. En janvier 1933, il intervient à propos de l’amnistie et, au bénéfice des fermiers de l’Avesnois et d’ailleurs, travailleurs non maîtres de leurs terres, il proposa une réduction et un plafonnement du prix des baux. Le 11 janvier 1924, il se hissa au premier plan de la vie politique française en interpellant le gouvernement sur l’affaire Stavisky. Dans Le Populaire du 12 janvier 1934, Léon Blum ne lui ménagea pas ses éloges : « Léo Lagrange, écrivit-il, a, du premier coup, gagné tous ses grades devant la Chambre. Dès aujourd’hui il s’est classé dans l’équipe des orateurs dont le Parti peut être fier, entre les mains de qui il peut remettre toutes les tâches, fût-ce les plus malaisées. Sa tâche était d’analyser le scandale, d’y retrouver la trace des complaisances, des carences, peut-être des complicités administratives, judiciaires ou policières. Il s’en est acquitté avec une grave et sévère ardeur, avec une sorte de probité passionnée qui imposaient l’attention, puis le respect. » Cette intervention remarquée imposa Léo Lagrange comme rapporteur de la commission d’enquête chargée de rechercher les responsabilités encourues en cette affaire.
L’agitation des ligues factieuses, alimentée par l’affaire Stavisky, redoubla au début de 1934 et culmina le 6 février par l’assaut donné à la Chambre des députés. Malgré les rapports conflictuels entretenus jusqu’ici avec le Parti communiste par la Fédération socialiste du Nord, Léo Lagrange poussa à un rapprochement, étendu à tous les démocrates qui voudront le rejoindre. Le 11 février, à Fourmies, il anima une manifestation antifasciste placée sous le signe de l’unité des travailleurs. Le 17 février, il était à Sains-du-Nord. Le 30 avril, on le retrouva devant les travailleurs de Fourmies en compagnie d’André Malraux. C’est toujours à l’union qu’il appela le 13 mai 1934 devant le congrès de la Fédération du Nord à Lille et le 20 mai à Toulouse pour sa première intervention devant un congrès national du Parti socialiste. A la Chambre, c’est contre la crise et ses conséquences humaines que combattit Lagrange. En novembre 1934, il dénonça les expulsions de fermiers et de chômeurs. Le 29 novembre, il s’attaqua à toutes les injustices dont sont victimes les sans-travail. Le 5 mai 1935, il conduisit au succès, à Avesnelles, une liste de Défense républicaine et sociale aux élections municipales. En juin 1935, il multiplia les interpellations sur la gravité du chômage dans la région du Nord et, le 7, prononça un vigoureux réquisitoire contre le gouvernement de Pierre Laval et dénonça en son chef le « mauvais génie de la nation ». Le lendemain, dans Le Populaire, Léon Blum salua son « magnifique effort ». Cette activité parlementaire n’empêcha pas Léo Lagrange de parcourir le pays au service du rassemblement antifasciste. Il fut même envoyé à cet effet en Algérie en octobre 1935 : le « pittoresque » de la Casbah ne lui cacha pas les tares du colonialisme. Le 29 février 1936, à la demande d’antifascistes allemands, il défendit devant un tribunal de Berlin les prévenus d’une attaque contre un cercle national-socialiste. Il va pouvoir nourrir sa campagne électorale du spectacle de l’Allemagne nazie à la veille de la réoccupation de la Rhénanie.
Désigné par acclamations comme candidat socialiste aux élections d’avril-mai 1936, Léo Lagrange mena une ardente campagne axée sur les dangers connus par la liberté et la paix, mais aussi sur les méfaits de la crise pour les fermiers et les ouvriers de l’Avesnois. La droite ne le ménagea pas. Sur 19 436 inscrits, Lagrange rassembla 8 166 voix contre 7 491 au radical indépendant Eloy, 1 078 au communiste Sevrez et 181 au radical-socialiste Romand. Le 3 mai, il l’emporta avec 9 258 voix contre 7 635 à Eloy. La victoire du Rassemblement populaire ouvrait une page nouvelle, une belle page, dans la vie de Léo Lagrange.
Dans le premier gouvernement de Front populaire, Léon Blum créa un sous-secrétariat d’État aux Loisirs et aux Sports, bien décidé à le confier à Léo Lagrange, à un homme jeune, cultivé, ardent, un homme imposant au moral comme au physique. Tout était à créer et les moyens, notamment financiers, d’abord limités. Les concours et les encouragements ne manquèrent pas au jeune ministre qu’Étienne Bécart aidera dans sa tâche quotidienne. Mais, outre les difficultés matérielles et financières, il fallait surmonter les résistances administratives, l’apathie des uns, le scepticisme des autres et la farouche hostilité des milieux conservateurs. L’Action Française ironisa sur le « Ministre de la paresse » ou « de la fainéantise ». L’Écho de Paris dénonça le « Ministre des Sombres Dimanches ». Et pourtant, malgré les lourdes menaces qui pesaient alors sur la France et l’Europe, une belle œuvre a été menée à bien pendant vingt mois. Léo Lagrange conserva ses fonctions en y ajoutant l’Éducation physique dans le premier cabinet Chautemps et dans le second cabinet Blum, et en passant de la tutelle de la Santé à celle de l’Éducation nationale. Il ouvrit une voie nouvelle dans la politique de la jeunesse. Il la conçut dans un tout autre esprit, à l’opposé même de ce qu’étaient, en Italie, le « Dopolavoro » fasciste et la « Kraft durch Freude » dans l’Allemagne hitlérienne. Il ne s’agit pas d’embrigader la jeunesse pour l’asservir aux fins d’un État totalitaire et militariste mais au contraire de la libérer et de lui donner les moyens de mettre à profit le temps laissé libre par l’établissement de la semaine de travail de quarante heures et des deux semaines de congés payés. Permettre le plus possible, ne rien imposer. Donner les moyens de pratiquer tous les sports, de meubler les heures de loisirs d’activités récréatives et culturelles comme les « mardis populaires » du Louvre, tel fut le dessein de Léo Lagrange qu’il poursuivit avec un style très personnel, bousculant tous les conformismes, des chemins de fer, de l’hôtellerie, des syndicats d’initiative, des collectivités locales. A cette jeunesse qu’il appelait à une vie nouvelle, plus féconde, plus joyeuse et plus digne, il se mêlait sans ostentation, souvent en compagnie de sa femme Madeleine et de son jeune fils Serge, sur tous les champs d’activité où il était plus accueilli en grand frère que comme ministre.
A côté du sport d’élite et de compétition à valeur d’exemple, Léo Lagrange a promu un mouvement sportif populaire, une pratique des exercices physiques et de la vie de plein air. Il créa un organe d’animation, le Conseil supérieur des sports, appuyé sur des conseils départementaux chargés de recenser les besoins en équipement. Un inventaire des installations sportives existant en France permit de répondre aux besoins mieux connus de terrains de jeux. Pas de constructions somptuaires, mais, en principe, un terrain de jeu partout où il y a une école. Deux cent cinquante trois projets de stades furent mis en chantiers en 1936, soit 68 millions de francs de travaux. A Vincennes, un parc de sports populaires comprenant une quinzaine de terrains de jeux pour enfants et jeunes gens de tous âges à côté du stade Pershing amélioré. Sur les grands travaux prévus pour 1937, quarante et un projets de constructions sportives étaient subventionnés et quatre cents autres projets mis à l’étude. Des prototypes de stades, de terrains de jeux, gymnases, piscines, permirent aux municipalités de construire selon des techniques modernes et économiques. Pour inciter les jeunes des deux sexes à prendre soin de leur santé par la pratique des sports et par l’éducation physique, Léo Lagrange créa un Brevet sportif populaire, à plusieurs échelons, aux épreuves simples et bien codifiées. Au cours de la première session (mai-octobre 1937), plus de cent mille brevets furent conquis. Hors des stades, Lagrange s’efforça de répandre la pratique de sports jusque là réservés à une élite privilégiée : cyclisme, canotage, alpinisme, ski, tennis. La saison d’hiver 1936-1937 en fut largement bénéficiaire ainsi que les Jeux mondiaux de la Fédération internationale de ski à Chamonix en février 1937 qui connurent un éclat remarqué. Léo Lagrange sut mobiliser les hommes et les organismes qui pouvaient étayer, élargir, prolonger son action ministérielle. La FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail) vit sa vocation reconnue et soutenue, sans aucune exclusive contre d’autres organismes, comme tous les mouvements existants des Auberges de jeunesse furent conviés à l’œuvre commune.
Les congés payés permettaient aux salariés de voyager, de pratiquer tous les tourismes, de vivre en plein air. Léo Lagrange créa le « billet populaire de congé annuel » avec une réduction de 40 %, et obtint des trains spéciaux à 60 % de réduction. Près de 600 000 travailleurs purent connaître l’évasion dès 1936. Les côtes françaises, les Alpes et les Pyrénées n’avaient jamais connu semblable affluence. En 1937, le droit au billet populaire de chemin de fer fut étendu aux artisans et métayers, et aux travailleurs étrangers originaires des pays ayant passé avec la France un traité de travail. Camps de vacances, croisières, camping prirent place dans cette politique de promotion du tourisme populaire. Léo Lagrange soutint avec ferveur les Auberges de la jeunesse, sortes de maisons de jeunesse et de culture populaire avant la lettre dont le nombre passa de 250 à 400 dans le seul dernier semestre de 1936. Il appela à l’œuvre les trois mouvements existants : la « Ligue Française » fondée par Marc Sangnier, le « Centre Laïque des Auberges de la Jeunesse » et le « Monde nouveau », animé par Jean Giono dans les Basses-Alpes, sans négliger l’effort parallèle des « Faucons Rouges » animés par la Jeunesse socialiste selon l’exemple venu d’Autriche.
Cette action raisonnée et généreuse au service du peuple et de la jeunesse, malgré sa brièveté, moins de deux ans, malgré la cruelle interruption de la guerre, a laissé des conquêtes irréversibles et assuré à son inspirateur une popularité posthume dont peu d’excellences pourraient se flatter. Si un mouvement de culture populaire, la Fédération Léo Lagrange créée en 1959, porte aujourd’hui son nom, c’est qu’il évoque détente, loisirs, sports, culture, jeunesse et liberté. La guerre qui allait venir, qu’il avait vu venir, contre laquelle il s’était dressé, mais qu’il affronta avec courage, allait y ajouter l’auréole du sacrifice.
Au moment où Léo Lagrange lançait dans l’enthousiasme cette politique généreuse, se posa le problème de la non-intervention en Espagne. Léo Lagrange voyait s’aggraver le danger de guerre qu’il dénonçait depuis des années par l’établissement d’un régime dictatorial et militariste sur une troisième frontière française. Aussi, comme homme et comme citoyen, participa-t-il à tous les formes clandestines de secours au gouvernement républicain et lorsque fut patente la violation de la non-intervention par Rome et par Berlin, il fut, au gouvernement, avec Jules Moch et Pierre Cot, et avec un membre du cabinet d’Auriol, Gaston Cusin, l’organisateur d’une aide massive sous couvert de non-intervention relâchée.
Mais cette aide tardive ne pouvait que sauver l’honneur. A terme Franco devait l’emporter, traçant sur les Pyrénées une frontière dangereuse dans la guerre que Léo Lagrange, lucide, voyait venir sur le Rhin. Les coups de théâtre d’Hitler, réoccupation de la Rhénanie, Anschluss de l’Autriche, ses menaces proférées devant un peuple surarmé et galvanisé, provoquèrent un trouble profond dans le Parti socialiste. Les uns, derrière le secrétaire général Paul Faure, prônaient la négociation, la temporisation. Les autres, dont Léon Blum, pensaient qu’il fallait se préparer moralement, politiquement, diplomatiquement, militairement, à se battre pour rester indépendants et libres. C’était la position de Léo Lagrange. Selon lui, un grand parti prétendant gouverner le pays ne peut hésiter à en assurer la défense, et il considérait que l’État-Major s’y préparait mal. Il ne réussit pas à convaincre le PS d’adhérer aux vues du colonel de Gaulle mais il se battit vaillamment pour l’engager dans une politique de résistance à l’agression. Première déception : en signant les accords de Munich (septembre 1938), les puissances occidentales laissent passer la dernière possibilité de faire barrage et ouvrent la voie au dépècement de la Tchécoslovaquie. Léo Lagrange ne se résigna pas et ce n’est pas par une discipline qui n’était plus de saison qu’il semble approuver ces accords par le satisfecit accordé à Daladier par le groupe socialiste : il vota contre avec Pierre Bloch, François Camel, François Tanguy-Prigent, Amédée Guy, Izard et Jean Bouhey. Le président du groupe récupéra ces votes au dernier moment, oubliant le bulletin de Jean Bouhey qui figura seul parmi les opposants. Dans le parti, dans le pays, au Parlement, Léo Lagrange s’efforça de réveiller l’opinion. Contre le défaitisme pacifiste et le défaitisme révolutionnaire qui gagnaient le parti, Léo Lagrange et quelques élus lancèrent un bimensuel, Agir, pour la paix, pour le socialisme. Georges Momet en assurait la direction. Au comité de rédaction, Léo Lagrange siégeait aux côtés de J. Bouhey, P. Brossolette, François Camel, Daniel Mayer, Eugène Thomas, Amédée Guy, G. Izard, Pierre Bloch, Tanguy-Prigent et P. Viénot. Il signa, sous le titre « Le Devoir socialiste », l’article leader du premier numéro, le 1er avril 1939. Il conclut : « Tant pis si je choque certains de nos amis, mais je crois que la morale de Candide n’a rien à voir avec le socialisme. Nous ne pouvons pas encore cultiver notre jardin, car nous avons un monde à conquérir, nous avons l’homme à sauver ». Dans le journal de l’Avesnois, L’Avenir, comme dans ses réunions, Léo Lagrange appelle à l’union déterminée des puissances démocratiques et pacifiques, seule capable de sauver la paix.
Mais la guerre vint. Léo Lagrange n’hésita pas, conformant ses actes à sa morale politique. Il l’avait laissé entendre au dernier congrès socialiste, à Nantes : « Il n’y a pas de vie sans risque. La vie sans risque, c’est une sorte de mort permanente, c’est une vie d’esclaves. » Au lendemain du Pacte germano-soviétique qui le heurta et le déçut, à Sains-du-Nord, il répondit ainsi à un militant qui lui demandait quelle serait son attitude si le pays et avec lui la République et la liberté étaient menacés : « Je serai avec le peuple ; si je vais de l’avant, suivez-moi ; si je reste en arrière, lâchez-moi ; si je tombe, vengez-moi. »
Il ne resta pas en arrière. Il l’aurait pu, honorablement. Agé de trente-neuf ans, parlementaire, ancien combattant de la Grande Guerre, il n’était pas mobilisable aux termes du décret ministériel du 3 décembre 1938. Spécialiste des problèmes de défense, acquis aux thèses audacieuses du colonel de Gaulle, il pouvait rendre les plus grands services au ministère de la Guerre. Le 5 septembre 1939, le chef du gouvernement, Daladier, lui proposa un Commissariat Général à la Préparation Militaire afin de forger un nouveau moral de la troupe. A Daladier, faisant appel à son patriotisme, à ses qualités d’homme de contact avec la jeunesse, il répondit tranquillement : « Le pouvoir appartiendra à ceux qui se seront battus et qui en sortiront vivants ». Il alla se battre et ne revint pas.
Le 15 septembre, il rejoignit, pour trois mois, le peloton des Élèves Officiers de Réserve de l’École militaire d’artillerie de Poitiers. Le 1er janvier 1940, il fut affecté comme sous-lieutenant au 61e régiment d’artillerie de Metz, face à la Sarre. Une permission à l’occasion de travaux parlementaires lui permit une brève visite dans sa circonscription d’Avesnes. « J’ai vu comment les réactionnaires se planquent. On les aura à la sortie... avec quelques autres » écrit-il à son ami Étienne Bécart, mobilisé, qu’il ne reverra pas. Il rejoint son unité et souffre d’une stratégie attentiste qui l’inquiète. S’il ressent l’éloignement de son foyer, comme en attestent ses lettres à Madeleine Lagrange, il lui déclare aussi, gagné par la fraternité d’armes de ses hommes : « j’ai eu raison d’être au milieu d’eux. » Après l’attaque du 10 mai 1940, Léo Lagrange vit le calvaire de la débâcle. Il souffre surtout parce qu’il pense qu’on aurait pu l’éviter. « Nos pauvres morts sont les victimes de tous les coquins que j’ai tant de fois dénoncés. Je serai sans pitié pour eux, car ils nous ont par trop fait souffrir. Malheur à l’intelligence si elle ne s’appuie pas sur le courage. J’ai trop vu de gens intelligents et « fins » qui avaient peur... » Il n’avait pas peur lui. Volontaire pour une mission de destruction d’une usine fortement occupée par l’ennemi, sous des bombardements infernaux, il est tué le 9 juin 1940 sur les bords de l’Aisne, près du village d’Evergnicourt. Il n’avait pas quarante ans.
Ce destin exceptionnel du ministre de la jeunesse au martyre volontaire a valu à Léo Lagrange, de tous les horizons, les éloges les plus flatteurs. Mendès France a salué « cet homme courageux et vigoureux..., à l’âme pure et sincère..., d’une grande force morale ». Le général de Gaulle, peu enclin à des épanchements faciles, s’associant à la première commémoration de son souvenir, écrivit à sa veuve : « Comment l’oublierait-on ?... Moi qui l’ai connu, c’est-à-dire estimé et aimé, je veux lui rendre témoignage... » Tous ses chefs aux armées, nombre de ses camarades de combat ont loué l’homme et le soldat. Il arrive parfois que le vice rende hommage à la vertu : la justice de Vichy lui apporta un témoignage bien involontaire en retirant des accusations du procès de Riom, les congés payés et la politique d’éducation, de sports et de loisirs dont Léo Lagrange voulut les meubler. Léon Blum en tira argument devant ses juges en évoquant avec émotion l’œuvre et la vie de son jeune ministre, saluant « l’exemple donné par cet homme... que vous avez connu, et qui débordait de jeunesse, d’enthousiasme », dont l’exemple « prouve que l’on a pu donner pendant de longs mois toute sa foi et toute son énergie à une œuvre comme celle de l’organisation des loisirs et des sports et avoir tout de même conservé en soi quelques vertus héroïques ».

SOURCES : Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Arch. Dép. Nord, M 35/8 ; M 37/90b ; M 37/94 ; M 154/78. — Le Populaire : numéro spécial : 22 avril 1928 ; 10 juin 1945 ; 13 juin 1963 ; 15 juin 1965. — Nord-Matin : 31 mars 1972 (article d’Ét. Bécart). — Bulletin mensuel du Mouvement de l’enfance ouvrière, février 1935 (article d’Ét.Bécart). — Jeunesses, revue trimestrielle de la Fédération des clubs et loisirs Léo Lagrange, n° 10, mai-juin 1960. — Frank Georgi : La première « Bataille socialiste ». Histoire et portrait d’une tendance dans le Parti socialiste, 1927-1935, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1983. — Eugène Rande et Gilbert Prouteau, Le message de Léo Lagrange, préface de Léon Blum, Édition de la Compagnie du Livre, 1950. — Jean Jolly, Dictionnaire des Parlementaires français, op. cit., t. VI. — Jean-Louis Chappat, Les chemins de l’Espoir ou Combats de Léo Lagrange, préface de Jean Lacouture ; postface de Pierre Mauroy, Éd. Fédération Léo Lagrange, 1983. — Notes de J. Piat.

Justinien Raymond

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