JOBEY François, {Robert}

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Né le 18 juin 1899 à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), mort le 21 janvier 1967 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; professeur dans le Var puis à Marseille ; militant syndicaliste du SNEPS, du SNCM puis du SNES ; militant socialiste SFIO.

Son père, Auguste Jobey, était mineur ; sa mère, née Antoinette Durand, n’avait pas de profession. Robert Jobey entra à l’École normale d’instituteurs de Macon (Saône-et-Loire) en juin 1917. Après avoir obtenu le brevet supérieur, il s’engagea à partir de janvier 1918 dans la Marine nationale. Affecté au 5e dépôt des équipages de la flotte à Toulon puis à Brest, il termina son engagement au 2e dépôt à Paris en janvier 1920.

Il fut nommé instituteur à Étang-sur-Arroux (1921-1924).Puis, Instituteur adjoint, délégué à l’école primaire supérieure de Tarare (Rhône), il obtint le certificat d’aptitude au professorat dans les écoles normales et les EPS (1927) et fut titularisé comme professeur dans son EPS (histoire-géographie-lettres). Nommé professeur à l’EPS de Brignoles (Var) en janvier 1932, il y enseigna jusqu’en 1939. Les divers rapports (inspecteurs et chefs d’établissement) signalaient que, spécialiste d’Histoire, il éprouvait des difficultés pour enseigner les lettres. En 1934, il accepta les fonctions de surveillant général et, à partir de cette année, demanda à être inscrit sur la liste d’aptitude aux fonctions de direction d’EPS. Toutefois les rapports des inspecteurs n’étaient pas favorables à cette inscription. Notamment l’inspecteur d’académie Louis Le Baut* indiquait en effet, déjà en 1934, qu’il faisait « passer sa conscience syndicaliste avant sa conscience professionnelle » en obéissant « aux ordres de grève du syndicat plutôt qu’aux ordres du Ministre ». En 1936, s’il vantait ses qualités, il ajoutait, « mais en raison de ses goûts pour la politique militante, M. Jobey doit être écarté de toute direction d’EPS ». A partir de 1937, l’avis défavorable n’était plus motivé que par « son activité extra-scolaire ». Par ailleurs, il entra en conflit, en 1938, avec le directeur de son EPS au sujet des attributions de service. Un échange de courrier s’ensuivit. Dès lors, celui-ci émit de sérieuses critiques, estimant notamment son « enseignement négligé ».

En effet, Robert Jobey, était responsable départemental du Syndicat national des EPS affilié à la Fédération générale de l’enseignement-CGT, et devint membre de sa commission administrative nationale de 1937 à 1940. Il demanda au congrès de Pâques du SNEPS de 1938 la création d’un grand syndicat confédéré du Second degré dans la FGE et fut très critique à l’égard du secrétaire général Alcée Marseillan qui démissionna à la rentrée suivante.

Cette activité syndicale se doublait d’un engagement politique dans le Parti socialiste SFIO. Le 3 décembre 1933, il représenta la section de la ville au congrès de la Fédération socialiste SFIO et fut désigné comme membre de la commission des conflits. Élu par la suite comme membre du comité fédéral, candidat aux élections municipales sur la liste d’« Union socialiste et républicaine des intérêts brignolais », il obtint, le 5 mai 1935, 243 voix sur 1 416 inscrits. Militant actif, à la fin de mai 1935, au congrès de la Fédération, il présenta avec Léo Ricord une motion laïque et anticléricale qui fut adoptée. Lors du congrès du 2 novembre 1935, il ne sollicita pas le renouvellement de son mandat au comité fédéral. Il participa cependant au congrès de la Fédération socialiste SFIO à La Seyne en mai 1938.

Membre de l’association Radio-Liberté, de l’association laïque de Brignoles, Robert Jobey fut désigné par le conseil général, le 25 novembre 1936, au Comité départemental des sports et loisirs. Il était aussi un des propagandistes de la Ligue de l’enseignement. Le 20 avril 1938, il fut désigné par décret préfectoral comme arbitre ouvrier.

Franc-maçon, il était le vénérable de la loge « L’École de la Sagesse » (Grand Orient de France) à partir de 1935.

Robert Jobey avait épousé en avril 1923 Lucienne Gourdon, née le 11 juillet 1902, fille d’un receveur des postes de Marseille. Employée des PTT, elle aidait son mari qui dirigeait l’œuvre des colonies intercommunales de vacances de Brignoles, ce qui lui valut les félicitations de l’inspecteur d’Académie. En 1939, il dirigeait la colonie installée à l’école de Fréjus-plage. De 1946 à 1951, devenue surveillante au centre de chèques postaux de Marseille, elle fut la fondatrice et la directrice des colonies de vacances.

A la fin des années 1930, Robert Jobey demanda sa mutation pour Marseille. Mais le même inspecteur d’Académie émettait toujours un avis défavorable à la suite de rapports négatifs, ainsi en janvier 1937, reconnaissant sa compétence, il estimait qu’il « devrait occuper moins de temps à ses occupations extra-scolaires et moins de satisfaction à ses goûts pour la politique militante, afin de consacrer plus de temps à la préparation du travail pour lequel il est rétribué. » Plusieurs députés et ministres soutinrent sa demande de mutation et encore en 1939, Joseph Brenier, président de la Confédération générale des œuvres laïques écrivit au ministère pour plaider sa cause, alors qu’ il était secrétaire-adjoint de la fédération varoise de la Ligue de l’enseignement. Le recteur Max Sorre vint alors l’inspecter et, bien que le sentant « distant et un peu détaché », conclut par : « C’est pourquoi j’hésite à donner un avis défavorable à ses vœux ». Finalement, Robert Jobey obtint un poste de professeur à l’EPS Victor Hugo à Marseille pour la rentrée scolaire de 1939.

Mais, il occupa ce poste peu de temps. Mobilisé comme quartier-maître radio dans la Marine à Oran en septembre 1939 mais finalement affecté jusqu’en novembre 1939 au Service de transmissions à La Crau (Var), il fut réformé temporaire en janvier 1940. Proclamé démissionnaire d’office comme officier de loge maçonnique par arrêté du 18 octobre 1941, il fut admis à demander une pension de retraite à compter du 27 octobre 1941. Il travailla alors comme courtier en livres.

Après la guerre, Robert Jobey fut réintégré à partir du 6 octobre 1944 comme professeur au collège moderne Victor Hugo à Marseille avec rattrapage de carrière. Dans cet établissement, il fit partie du conseil intérieur de 1952 à sa retraite en 1959. Membre de la CA nationale du Syndicat national des collèges modernes de la Libération jusqu’en 1948. Il fut membre désigné par le SNCM au titre des certifiés pour siéger sur la liste des autonomes à la CA du nouveau SNES (classique et moderne) en 1949. Il fut ensuite suppléant de Mas* en 1950 puis fut à nouveau candidat sur la liste A en 1951 sur la liste A. Il était le responsable des retraités du SNES de l’académie d’Aix à partir de 1965, succédant à Georges Cheylan..

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89563, notice JOBEY François, {Robert} par Alain Dalançon, Jacques Girault, version mise en ligne le 5 octobre 2010, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17/ 27115. — Arch. Dép. Var, 2 M 7 351, 4 M 50, 1477 W 84, 3 Z 16 7. — Archives de l’IRHSES. — Procès-verbaux du conseil général du Var. — Annuaire du ministère de l’éducation nationale. — DBMOF, notice par J. Girault. — Presse syndicale.

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