LACAN Pierre [LACAN Aimé, Désiré, Pierre, Antoine]

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Né le 28 juin 1896 à Alignan-du-Vent (Hérault), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; militant communiste du Pas-de-Calais puis de Paris ; rédacteur à l’Humanité et à l’Enchaîné du Nord.

Pierre Lacan prisonnier à la Santé en juillet 1929, assis au premier rang à gauche, à côté de Gabriel Péri, Maurice Thorez et André Marty. Assis devant en tailleur, Paul Vaillant-Couturier.

Fils d’un instituteur, Pierre Lacan naquit dans l’Hérault, mais pas à Sète le 25 mars 1892 comme le stipule un rapport ni à Avignon comme l’écrivent Serge Klarsfeld et Léon Tsévéry. Marié avec une originaire d’Hellemmes (Nord) le 26 juillet 1926 dans cette commune, il était, au lendemain de la Première Guerre mondiale, employé des services de la reconstruction d’Arras (Pas-de-Calais), il fut licencié en 1922 du fait de ses activités militantes. Secrétaire de la section socialiste d’Arras, il fut après le congrès de Tours (décembre 1920) l’un des fondateurs du Parti communiste dans cette ville, occupant le poste de secrétaire de la section locale au moins jusqu’en 1925. À cette même date, Lacan occupait également la fonction de secrétaire de l’Union locale CGTU d’Arras.
Appelé à travailler à l’Humanité vers 1924-1925, il habita Fontenay-sous-Bois puis Paris (IIe, XIXe et XXe arr.). Chargé des rubriques « Vie sociale » et « Front ouvrier », il s’affirma comme un des meilleurs rédacteurs. En 1926, lorsque le Comité central décida de transformer le bi-hebdomadaire l’Enchaîné du Nord en quotidien, il fut désigné pour renforcer l’équipe journalistique. Ses articles lui valurent d’être condamné le 16 mai 1926 par le tribunal d’Arras pour complicité de provocation à crimes et délits contre la sûreté de l’État. La cour d’appel de Douai lui infligea, le 9 juillet 1927, trois mois de prison et 10 francs d’amende. Dans les mois qui suivirent, l’Enchaîné, en difficulté, abandonna la parution quotidienne et Pierre Lacan reprit sa place à l’Humanité. La police l’arrêta le 7 janvier 1928 ; il purgea sa peine à la prison de la Santé.
À sa libération, l’Humanité le chargea de suivre les mouvements de grève en province : fin décembre 1928 la grève du textile du Nord, en janvier 1929 celle des mineurs du Gard et en mars celle des dockers de Bordeaux. Deux articles qu’il publia sur la grève du Gard entraînèrent sa condamnation, le 31 juillet 1929, par la 11e chambre correctionnelle à trois ans de prison et 3 000 francs d’amende pour « provocation de militaires à la désobéissance dans un but de propagande anarchiste ». Il avait fait état d’ébauches de fraternisations entre les soldats et les « gueules noires ». Pierre Lacan retrouva à la prison de la Santé Gabriel Péri, André Marty, Maurice Thorez et Paul Vaillant-Couturier, comme en témoigne la photographie de groupe de juillet 1929. Il finit sa peine à la centrale de Clairvaux (Aube).
Pierre Lacan était surtout connu pour son activité journalistique. Il militait au rayon communiste du Ier arrondissement de Paris, appartenait à l’ARAC, à la 2e section du Secours rouge international, au Secours ouvrier international et au groupe « Lénine » de la Fédération des enfants ouvriers et paysans. Il resta à la rédaction de l’Humanité jusqu’à la guerre et participa ensuite à l’action clandestine. Arrêté au début de la guerre, il fut interné au camp de Caylus (Tarn-et-Garonne) d’où il fut libéré le 30 juillet 1940.
Une attestation délivrée après la Libération signale qu’à partir du 15 janvier 1941 il fut membre de l’Organisation spéciale. Il était chargé de l’édition, de la diffusion de notices de sabotages et de fabrication et d’utilisation des explosifs. Dans la semi-clandestinité, sous le nom de Marcel Flamant, il était domicilié 17 rue Clavel à Paris (XIXe arr.) et avait une chambre 28 rue des Vinaigriers à Paris (Xe arr.). Pierre Lacan fut arrêté à son domicile illégal à Paris (Xe arr.) le 17 juin 1942 par la Brigade spéciale de la préfecture de police à la suite d’une filature de résistants avec lesquels il avait des contacts. Lors de son arrestation furent saisis sur lui des plans de sabotages des usines Renault et d’une base sous marine de l’Atlantique. Conduit au Dépôt le 11 août 1942, il fut pris comme otage et fusillé au Mont-Valérien le 11 août 1942.
Il avait un fils Pierre, né en octobre 1929, employé au gaz en 1954.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89545, notice LACAN Pierre [LACAN Aimé, Désiré, Pierre, Antoine] par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, version mise en ligne le 3 octobre 2010, dernière modification le 20 mai 2019.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Pierre Lacan prisonnier à la Santé en juillet 1929, assis au premier rang à gauche, à côté de Gabriel Péri, Maurice Thorez et André Marty. Assis devant en tailleur, Paul Vaillant-Couturier.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13715, le 23 mai 1928. – Arch. PPo. Ba 1715, année 1935. – Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 2387 et M 5304. – DAVCC, Caen. – Serge Klarsfeld, Léon Tsévéry, Les 1007 fusillés du Mont-Valérien parmi lesquels 174 Juifs, FFDJF, 1995. – Renseignements fournis par G. Coquel à Yves Le Maner. – Notes Daniel Hémery. – État civil, Alignan-du-Vent.

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