HEDDE Joël, Jean, André

Par Éric Belouet

Né le 1er avril 1943 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; mécanographe, informaticien puis permanent syndical ; permanent de la JOC (1967-1970) ; syndicaliste CGT, secrétaire général de la Fédération de l’Éducation et de la Recherche CGT (1985-1994), membre de la commission exécutive confédérale (1986-1994), secrétaire général (1995-2002) puis président (2002-2005) de l’Institut d’histoire sociale CGT ; militant du PCF, membre de l’ACO.

Fils d’un porteur aux Halles de Paris et d’une employée de maison chez un courtier en vin devenue sertisseuse dans un atelier de métallurgie après la guerre, tous deux non croyants et sans engagement militant, Joël Hedde était fils unique. Domicilié à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) à partir de 1946, il fréquenta l’école primaire publique et le cours complémentaire Robespierre de cette commune, obtint le BEPC en 1958 et passa deux années au lycée Voltaire à Paris (XIe arr.).

Joël Hedde entra au travail en 1960 comme mécanographe à la Société Générale puis chez Raoul et Dressoir à Paris et adhéra à la CFTC, à la création éphémère de ce syndicat dans cette entreprise qu’il quitta en 1964. Entre-temps, de septembre 1962 à décembre 1963, il avait fait son service militaire : après trois mois de classes à Maisons-Laffitte, il passa un an en Algérie pour participer au déménagement des casernes de l’armée française. De 1964 à 1967, il fut mécanographe chez Damoy, commerce d’alimentation à Paris, où il adhéra pour la première fois à la CGT, puis, de 1966 à 1967, occupa la même fonction à la société Fidutec, prestataire de service de gestion et comptabilité. Sur le plan politique, il adhéra au PSU de 1964 à 1967.

Bien que n’ayant reçu aucune éducation religieuse, Joël Hedde découvrit la JOC à son retour du service militaire et y adhéra en 1964. Membre de l’équipe d’Ivry-sur-Seine, il intégra deux ans plus tard la direction de la fédération Seine-Sud-Est où il fut chargé du suivi des équipes à l’organisation. Il participa à deux grands rassemblements : le Rallye européen à Strasbourg en 1964 et « Paris 67 ». Sollicité pour devenir permanent, il prit ses nouvelles fonctions en septembre 1967, en remplacement de Jean-Claude Monville*. Affecté au secteur de la région parisienne alors dirigé par Jacques Oudot*, on lui confia la responsabilité des fédérations de Seine-Sud-Est, Entre deux Rives, Seine-Sud-Ouest, Val-de-Marne d’aujourd’hui sauf Montreuil. Il quitta la JOC à la fin de son mandat en mai 1970 et se maria à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) le 15 mai 1970 avec Pierrette Goguey, elle-même ancienne permanente de la JOCF. Le couple s’installa à Vitry et eut deux enfants une fille et un garçon (1972 et 1974).

Après avoir quitté la JOC, Joël Hedde fut recruté comme informaticien au centre de calcul de l’Université Paris 9 Dauphine. Il y créa la section syndicale CGT et fut élu à ce titre au conseil d’université. Élu en 1974 secrétaire national du Syndicat national des personnels de l’enseignement supérieur et des bibliothèques CGT (SNPESB, devenu FERC-Sup), qui regroupait alors 2 500 adhérents. D’abord permanent à mi-temps puis à temps complet à partir de 1975-1976. De 1973 à 1978, il fut élu sur les listes présentées par son syndicat à la Commission administrative paritaire (CAP). Promu secrétaire général du SNPESB en 1978, il occupa cette fonction jusqu’en 1984. Au cours de la même période, il siégea au Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche. En 1984, il quitta le SNPESB pour devenir collaborateur du bureau confédéral au secteur de l’enseignement. L’année suivante, il devint secrétaire général de la Fédération de l’Éducation et de la Recherche (FERC-CGT), fédération groupant 35 000 adhérents et qui connaissait alors une crise structurelle et politique. De 1986 à 1994, il siégea à la commission exécutive confédérale de la CGT.

Après neuf ans passés à la tête de la FERC, il passe la main et devint, en septembre 1995, secrétaire général de l’Institut d’histoire sociale (IHS) de la CGT. Il s’efforça alors de décentraliser l’IHS en multipliant les associations départementales, régionales et fédérales et avec le soutien de Georges Séguy, de permettre à l’organisation, aux militants, aux syndiqués de s’approprier l’histoire sociale et notamment celle de la CGT, comme une source de connaissance et d’expérience conduisant à mieux comprendre le monde au présent et ainsi de gagner en efficacité dans l’action quotidienne. En 2002, il succéda à Georges Séguy* à la présidence de l’IHS, qu’il conserva jusqu’à son départ à la retraite en 2005. Remplacé par Élyane Bressol à la présidence de l’institut, il resta à son conseil d’administration et à son conseil scientifique (il en était toujours membre en 2010).

Joël Hedde avait adhéré au PCF en 1973 à Vitry-sur-Seine et militait toujours dans cette commune en 2010. Au sein de ce parti, il n’exerça pas de responsabilités mais participa toutefois, dans les années 1980, aux travaux de la commission « école » du comité central. Durant la scolarité secondaire de ses deux filles, il milita également à la FCPE.

Membre de l’ACO depuis 1971, Joël Hedde participait au comité de secteur de 1973 à 1979 et faisait toujours partie, comme son épouse, de l’équipe de Vitry-sur-Seine en 2010.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89530, notice HEDDE Joël, Jean, André par Éric Belouet, version mise en ligne le 4 octobre 2010, dernière modification le 4 octobre 2010.

Par Éric Belouet

ŒUVRE : Le Lien, bulletin de la FERC-CGT : éditoriaux de 1986 à 1994. — Les Cahiers de l’Institut CGT d’histoire sociale, éditoriaux du n° 55 au n° 82 et articles dans les n° 63, 66, 69, 70, 74, 77, 82, 83, 84, 86, 87, 88, 92, 95, 96, 97, 102, 104 et 108. — Participation à Images et mouvements du siècle, t. 4, La terre de la grande promesse IHS-CGT/Éditions France-Progrès, 2001. — Codirection (avec Élyane Bressol, Michel Dreyfus et Michel Pigenet) de l’ouvrage La CGT dans les années 1950, Rennes, PUR, 2005, 487 p. — Avec André Narritsens, Structures et démocratie, questions essentielles au fil de l’histoire de la CGT, IHS-CGT, 2006, 40 p. — Coordination de l’ouvrage La CGT de 1966 à 1984 : l’empreinte de Mai 1968, actes du colloque des 14 et 5 mai organisé par l’IHS, Montreuil, IHS, 2009, 535 p.

SOURCES : Arch. JOC. — Témoignage écrit et entretien téléphonique, septembre 2010. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément