TERRAT Pierre [TERRAT Pedro, Francisco dit Pierre ]. Pseudonyme : BRETANE Henri

Par André Balent

Né le 28 novembre 1908 à Serradell ( province de Lerida, Espagne), mort le 22 octobre 1982 à Marseillan (Hérault) ; ouvrier agricole ; militant syndicaliste CGTU et CGT ; militant communiste ; secrétaire de la Région catalane du Parti communiste (1934-1939).

Frère de Jean Terrat, Joseph Terrat et Marie Terrat (voir ces noms), Pierre Terrat naquit en Catalogne espagnole dans une famille d’immigrants français originaires des Hautes-Pyrénées qui avaient acquis la nationalité espagnole. En 1911, sa famille émigra en France et s’installa à Marseillan (Hérault) comme ouvriers agricoles. Le père mourut en 1919. Il fréquenta l’école primaire puis, après avoir obtenu le Certificat d’études en 1920, un cours complémentaire jusqu’à l’âge de quinze ans et demi et travailla comme employé de commerce chez un négociant en vins jusqu’à son service militaire (1929-1930) au 81eRI de Montpellier comme auxiliaire au service écritures. En quittant l’école, il avait adhéré aux Jeunesses laïques et républicaines (pour profiter, disait-il, d’une importante bibliothèque), il les quitta lors de son adhésion à la JC. Il acquit la nationalité française par la naturalisation de sa famille en août 1922.
En 1930, sans travail, Pierre Terrat devint ouvrier agricole dans les vignes et adhéra au Syndicat unitaire des ouvriers agricoles dont il devint membre du bureau puis secrétaire adjoint. En novembre 1931 il fut délégué au VIe congrès national de la CGTU tenu à Paris, salle Magic City. Sous l’influence de ses deux frères, membres du Parti communiste, il adhéra en juin 1931 aux Jeunesses communistes de Marseillan et fut secrétaire de la cellule. En même temps il participait aux activités de la cellule du Parti. Militant dès 1927 du SRI et durant quelques mois son trésorier départemental, il fut délégué au Congrès mondial d’Amsterdam contre la guerre et le fascisme en 1932.

Du 1er janvier 1933 jusqu’en mars 1934 il fut élève, sous le nom d’Henri Bretane, à l’École léniniste internationale à Moscou.

À son retour, Pierre Terrat fut appelé par Marty à Perpignan pour assurer la fonction de secrétaire de la région catalane. Il connut des difficultés financières jusqu’à ce que, André Gendre, dirigeant de la cave coopérative, réussit à lui procurer un emploi à mi-temps en août 1935. Ainsi il travailla quelque temps à la cave coopérative de Millas, puis en juillet 1936 à la mairie de Millas où il s’installa (voir Paul Malet). Plus tard, il s’installa à Perpignan. Dès son retour, il fut coopté au bureau régional du Roussillon (Hérault, Aude, Gard, Pyrénées-Orientales) où le PC était sur le point d’être réorganisé. En effet, le 19 août 1934, les Pyrénées-Orientales furent détachées de la Région du Midi du Parti communiste. Ce département forma à lui seul une nouvelle région communiste désignée sous les noms de “Région catalane” ou “Région des Pyrénées-Orientales”. Pierre Terrat devint secrétaire de la Région catalane dès sa fondation. Jusqu’à la dissolution du Parti communiste en septembre 1939, il fut constamment réélu au comité et au bureau régionaux. Il demeura secrétaire régional jusqu’au mois de mars 1939, date à laquelle il fut remplacé par Léopold Roque*. Il fut délégué aux congrès nationaux de Villeurbanne (1936) et Arles (1937).

Pierre Terrat avait siégé également au comité départemental de Front populaire et au comité départemental d’entente : il fut réélu à ces deux organisations par le comité régional réuni à la mairie d’Estagel le 1er janvier 1939. Il était noté « A » par la commission des cadres. La IIIeconférence de la Région catalane (3 janvier 1937) l’avait élu délégué à la conférence nationale du Parti communiste et il la représenta à la conférence tenue à Gennevilliers (21-23 janvier 1939). Pendant la guerre d’Espagne, secondé par Joseph Baurès et André Lacoste (voir ces noms), il avait coordonné les activités de solidarité avec l’Espagne républicaine dans les Pyrénées-Orientales.
Il dirigea une grève des vendanges en 1935 et fut arrêté quelques heures puis relâché lors d’une manifestation de grévistes.

Depuis le 22 décembre 1935, lors de l’unification départementale des syndicats confédérés et unitaires, il était secrétaire adjoint de l’Union départementale CGT des Pyrénées-Orientales (voir Joseph Berta). Pierre Terrat avait joué un rôle important pendant les grèves de juin 1936 suppléant par exemple les syndicats absents à l’UD au moment des grèves de la métallurgie et du bâtiment. Le 7 mai 1939, la commission administrative de l’UD-CGT prenant acte de la démission de son secrétaire, André Saunières (voir ce nom) élut, pour le remplacer, Pierre Terrat. Celui-ci demeura secrétaire de l’UD-CGT des Pyrénées-Orientales jusqu’en septembre 1939.
Aux élections municipales de mai 1935, Pierre Terrat avait été tête de liste du Bloc ouvrier et paysan à Perpignan qui s’était désisté en faveur de Jean Payra (voir ce nom) qui fut élu bien qu’il ait fait place à quatre radicaux autonomes entre les deux tours. Pierre Terrat fut candidat communiste dans la circonscription de Céret aux élections législatives d’avril-mai 1936. À l’issue du premier tour, il arriva en seconde position des candidats de Front populaire avec 3 239 voix sur 14 960 suffrages exprimés et se désista en faveur du candidat de la SFIO, le député sortant Joseph Parayre (voir ce nom) qui fut élu. À nouveau candidat dans la circonscription de Céret à l’occasion d’une élection législative partielle (avril 1938), il recueillit 3 654 voix alors que le candidat de la SFIO, Louis Noguères (voir ce nom) se plaçait largement en tête de tous les concurrents avec 5 751 suffrages. Pierre Terrat se désista en sa faveur.

Mobilisé en septembre 1939, il fut inscrit sur la liste des “suspects du point de vue national” avec la mention : “Est un membre les plus en vue de notre département.” Fait prisonnier le 17 juin 1940, il ne put regagner le Roussillon qu’en mai 1945. Au mois de juin, Pierre Terrat fut réélu au secrétariat de l’Union départementale CGT des Pyrénées-Orientales et demeura à ce poste en qualité de permanent syndical jusqu’en décembre 1973. Il siégea au bureau de la Fédération communiste des Pyrénées-Orientales de 1945 à 1972 et au comité fédéral de 1972 à 1973. Retiré à Marseillan, il fut secrétaire de cellule et siégea au bureau de la section d’Agde (1976). Il fut encore tête de liste aux élections municipales du 18 juillet 1982.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89510, notice TERRAT Pierre [TERRAT Pedro, Francisco dit Pierre ]. Pseudonyme : BRETANE Henri par André Balent, version mise en ligne le 30 septembre 2010, dernière modification le 30 septembre 2010.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, vers. du cabinet du préfet, liasse 169. — RGASPI, Moscou, 495 270 751 : autobiographie du 30 octobre 1932, documents sur l’ELI 1933 (autobiographie de 1933, questionnaire d’Henri Bretane, documents en russe), autobiographie de 1938 ; commission des cadres (AS). — Le Travailleur du Languedoc, 1932-1936. — Le Travailleur catalan, août 1936-août 1939. — M. Cadé, “Il y a quarante ans : le Front populaire dans les Pyrénées-Orientales”, Le Travailleur catalan, 3-24 décembre 1976. — Léo Figuères, Jeunesse militante, chronique d’un jeune communiste des années 30-50, Paris, Éditions sociales, 1971. — Interview de M. Gendre. — Témoignage du militant. — Notes de J. Sagnes.

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