LÉONARD Maurice, Léon. Pseudonyme à l’École léniniste internationale : NATIER Maurice

Par Claude Pennetier

Né le 29 décembre 1904 à Laon (Aisne), mort le 11 avril 1975 à Paris (XXe arr.) ; fournier ; militant communiste de La Courneuve (Seine, Seine-Saint-Denis) ; élève de l’ELI ; conseiller général (1938-1940) ; maire de La Courneuve (1945-1947).

Maurice Léonard
Maurice Léonard
Photographie de sa fiche de police sous l’Occupation

Maurice Léonard naquit dans une famille ouvrière. Il savait peu de choses de sa mère qui était divorcée de son père ; celui-ci fut maçon à Chauny avant le Première Guerre mondiale puis ouvrier agricole et fournier à Goussainville. Le fils suivit une voie proche ; il quitta l’école à neuf ans en raison de la guerre, fut emmené en Allemagne puis revint par la Suisse et commença à travailler dans l’agriculture à onze ans et demi en pays occupé par les Allemands. À la fin de la guerre, il partit dans l’Ain, travaillant toujours chez des paysans ; en 1921 il alla à Bergerac (Dordogne) comme ouvrier à la tannerie Rival, repassa à Chauny et arriva à Paris à l’âge de dix-sept ans. Selon l’une de ses déclarations, il savait mal lire et écrire : « le peut que je c’est je les appris de moi même, en lisant et en copiant le soir des articles de journaux, ainsi que des livres bourgeois que j’achetais dans les librairies »(autobiographie de 1933). (orthographe du document)

Maurice Léonard fit son service militaire de dix-huit mois au Maroc. En 1927, il vécut avec Juliette Mathieu, née le 2 décembre 1909 à Dun-sur-Auron (Cher), fille de journalier, militante communiste qui travaillait comme fille de salle dans café-restaurant.

Installé à La Courneuve en janvier 1928, Maurice Léonard adhéra au Parti communiste en janvier 1929 à l’occasion d’une fête présidée par Pierre Semard. Ouvrier fournier, il construisait des fours pour les boulangeries, milita au syndicat du bâtiment et fut secrétaire du syndicat des fourniers en 1930-1931. Il créa le comité des chômeurs de La Courneuve en 1930 (lui-même fut au chômage complet à partir de janvier 1933), milita au Secours rouge international et au comité de lutte contre la guerre.

Animateur de la cellule communiste des Quatre-routes, Maurice Léonard devint secrétaire du rayon en 1931, membre du comité régional en 1932 et membre du secrétariat de Paris-Nord en 1934 (alors dirigé par André Caresmel)et 1937-1939. Une évaluation de 1933 notait : « Paraît très dévoué mais est écrasé de tâches. Doit être trop faible pour être membre du BR [bureau régional)]. Voir Charles Tillon, en particulier sur les relations de Léonard et Lenoir. »Puis d’une autre écriture : « Contre Lenoir [voir Pierre Blond] et Bérody [voir Léon-Eugène Bérody] ». Il disait avoir pris une part active aux combats de rue des journées de février 1934. L’année suivante, il travaillait surtout à l’organisation de l’auto-défense. Il avait fait une école du Parti de cinq semaines.

Le Parti communiste l’envoya suivre les cours de l’École léniniste internationale à Moscou à partir de 2 octobre 1935 et jusqu’au 15 janvier 1937 sous le nom de Natier (n° 4550). Il était venu avec un passeport français à son vrai nom. à l’occasion de son départ qu’il signa le 5 janvier 1937 le mot suivant : « Je connaît la règle, que si je parle à quelqu’un un mot de notre conversation, je serait exclu du parti immédiatement. »(orthographe du document). Il fut malade lors de son séjour à l’école. L’évaluation se décomposait de la manière suivante : « académique : bon ; politique : bon ; social : très bon ; liaison masse : très bonne. Défaut : instruction assez faible. Qualités particulières : agitateur, organisation ».

Élu conseiller général le 20 mars 1938 en remplacement de Charles Tillon démissionnaire (2 813 voix sur 6 795 inscrits), il fut déchu de son mandat le 21 janvier 1940. Interné au camp d’Aincourt le 5 octobre 1940 pour son action de propagande communiste, il s’y révéla un “meneur”. Pour sa participation active aux incidents survenus dans ce camp le 5 avril 1941, l’administration pénitentiaire le fit écrouer à la Maison centrale de Poissy. Le 8 mai 1941, il fut transféré au centre de séjour surveillé de Châteaubriant (Loire-Inférieure) puis à Compiègne (Oise) d’où il réussit à s’évader le 22 juin 1942 avec dix-neuf militants communistes dont Georges Cogniot et André Tollet. Repris, il s’évada à nouveau le 6 juillet 1943 dans la banlieue de Tours, d’un train qui l’emmenait en Allemagne. Il sauta du wagon et traversa un canal à la nage. Il devint alors secrétaire régional du PC chargé de l’organisation des groupes FTP en Indre-et-Loire.

Il fut, à la Libération, secrétaire de la Fédération communiste Paris-Nord. Maire de La Courneuve de 1945 à 1947, Maurice Léonard siégea au bureau national des élus républicains et collabora à la commission de l’enfance du Comité central.

Marié le 12 février 1938 à La Courneuve, père d’un enfant, il mourut en 1975 à Paris (XXe arr.).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89455, notice LÉONARD Maurice, Léon. Pseudonyme à l'École léniniste internationale : NATIER Maurice par Claude Pennetier, version mise en ligne le 29 septembre 2010, dernière modification le 24 avril 2013.

Par Claude Pennetier

Maurice Léonard
Maurice Léonard
Photographie de sa fiche de police sous l’Occupation

SOURCES : RGASPI, 495 270 1431, autobiographies, La Courneuve, 26 février 1933 ; Moscou, sans date, [1934] ; questionnaire rempli à l’arrivée à Moscou, 10 avril 1934 ; notes en russe traduites par Macha Tournié. — Arch. Dép. Seine, D2 M2 n° 5 et n° 72. — Arch. PPo. 101. — L’Humanité, 22 avril 1935. — Micheline Chantada, L’implantation du Parti communiste français à La Courneuve pendant l’entre-deux-guerres, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1974. — André Tollet, Le souterrain, Éditions sociales, 1986. — Association pour l’Étude de la Résistance en Indre-et-Loire, La Résistance en Indre-et-Loire, CD-ROM, AERI-ERIL, 2005.

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