DUPONT Marcel Albert (dit RIVIÈRE Jacques)

Par Juliette Bessis, Sylvain Boulouque

Né le 16 février 1900 au Havre (Seine Inférieure, Seine-Maritime), mort le 22 mai 1968 à Puteaux (Seine, Hauts de Seine) ; ouvrier métallurgiste ; syndicaliste CGTU ; communiste, élève de l’École léniniste internationale (ELI).

Fils de d’un ouvrier forgeron, qui devint employé de la compagnie des tramways du Havre puis chauffeur dans une usine métallurgique et d’une cuisinière.

Marcel Dupont commença à travailler à l’âge de treize ans sans formation préalable il exerça plusieurs métiers dans les ports et docks, les produits chimiques puis comme manœuvre dans les métaux.

Il fut condamné à un mois de prison préventive à Lyon en 1915 pour vol puis fut acquitté. De nouveau en 1917, il effectua 20 jours de prison pour tentative de vol puis fut condamné à huit mois de prison pour cambriolage. Son registre matricule signale qu’il fut réhabilité en vertu de l’article 10 de la loi du 5 août 1899, soit après 10 ans sans condamnation, sans doute en 1927. Selon son autobiographie de 1931 il cessa toute relation avec le « milieu ». Il partît alors faire son service militaire dans le 5e bataillon d’Afrique puis dans le 51e régiment d’infanterie à Beauvais. À son retour, il se syndiqua à la CGTU en 1922 et il fut secrétaire du syndicat unitaire des produits chimiques de 1922 à 1929. En 1925, il devint secrétaire adjoint de l’Union locale du Havre.

Il adhéra au Parti communiste en janvier 1927, après avoir fréquenté les milieux anarchistes lyonnais et havrais. Il fut selon son autobiographie très influencé par la campagne contre la guerre du Maroc « je pensais que si la guerre de nouveau éclatait le parti communiste ferait comme le parti socialiste en 1914, l’expérience du Maroc m’a fait reconnaître mon erreur ». Il devient secrétaire de cellule de l’usine des tréfileries du Havre puis secrétaire du rayon du Havre Il fut délégué par le comité régional du Parti pour assister aux fêtes d’Octobre 1930.

Il intégra l’’ELI dans des conditions étonnantes. Alloyer* lui proposa d’intégrer l’école. Ce qu’il accepta avec enthousiasme. C’est pour cette raison qu’il n’a pas remplit d’autobiographie, les cours ayant déjà commencé. Entre décembre 1930 et août 1931 où il approfondit « la question coloniale. »

À son retour, il devint secrétaire de la région Basse Seine pendant quelques mois. En décembre 1931, il fut après l’ELI affecté à la section coloniale centrale. En 1933, il vivait avec Rose Brière, militante communiste du Havre, membre du bureau du rayon.

Marcel Dupont dit Jacques Rivière fut en 1931 envoyé en Tunisie par le Parti communiste français comme instructeur afin de redresser l’orientation en matière coloniale. Son objectif, conforme aux directives de l’Internationale communiste, était de créer une section tunisienne indépendante affiliée directement à l’Internationale. Cette action fut contestée par une partie des communistes de Tunisie. Ce fut sous l’impulsion de Rivière qui écrivait sous la signature de « Revolt », que fut lancé, en septembre 1933, le journal de la CGTU. Revendiquons. La répression fit disparaître cette feuille le 25 février 1934, et Jacques Rivière fut expulsé de Tunisie. C’était peut-être sa deuxième expulsion.

Il fut arrêté le 13 septembre 1935, à 6 heures du matin sans avoir eu le temps de détruire l’ensemble des documents qu’il détenait. Ce qui entraîna l’arrestation de plusieurs militants communistes tunisiens et du responsable du Néo Destour Habib Bourguiba.

Marcel Dupont fut alors suspendu puis exclu du Parti communiste pour non-respect des règles conspiratives. La commission des cadres lui reprochant également sa jeunesse proche de l’illégalisme libertaire.

En 1939 il fut affecté comme ouvrier spécialisé à la Mécano-soudure à Suresnes (Seine, Hauts de Seine). Il habitait Puteaux (Seine, Hauts de Seine), rue Eichenberger.

13 août 1960 à Puteaux, Marcel Dupont s’était marié avec Marianne Barck. Il mourut e 22 mai 1968 à Puteaux.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89401, notice DUPONT Marcel Albert (dit RIVIÈRE Jacques) par Juliette Bessis, Sylvain Boulouque, version mise en ligne le 28 septembre 2010, dernière modification le 11 janvier 2019.

Par Juliette Bessis, Sylvain Boulouque

SOURCE : RGASPI 495/ 270 604 dossier Dupont autobiographie de 1931 et 1932 et dossier d’exclusion (1935). — Arch. Dép. de Seine-Maritime, cote 1R 3491, Registre matricule classe 1900, N°2195. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément