GUILLEMIN Michel, Marc, Alphonse

Par Claude Cuenot

Né le 25 janvier 1916 à Dole (Jura), mort à Besançon (Doubs) le 29 mars 1969 ; menuisier ; syndicaliste CGT ; secrétaire permanent de l’Union départementale des syndicats du bois et du bâtiment du Doubs et trésorier de l’UD du Doubs, administrateur à la caisse d’allocations familiales de Besançon ; communiste.

Michel Guillemin était le quatrième fils de Félicien, aiguilleur au PLM et vigneron à Dole (Jura) et Auxonne (Côte d’Or), et de Célestine Pardon, mère au foyer. Le couple eut cinq enfants dont deux décédés en bas âge. Michel fut baptisé et se maria à l’église, mais devînt athée par la suite.

Sans obtenir le CEP, il commença à travailler à l’âge de quinze ans chez un ébéniste à Auxonne. Il connut une longue période de chômage durant les années 1930.

Michel Guillemin effectua son service militaire au 506ème régiment de chars de combat à Besançon avec le grade de caporal. Fait prisonnier, il s’évada en se faisant passer pour un employé SNCF avec la complicité de gendarmes. Il travailla durant la guerre comme menuisier à Besançon. Il fut membre des FFI du Doubs, maquis du mont d’Agrais, groupe BE de la SRD2, d’avril au 15 septembre 1944, cité à l’ordre de sa brigade.

Membre de la CGT depuis 1942, Michel Guillemin était responsable de la section des menuisiers. A la Libération, il devint secrétaire du syndicat du bâtiment de Besançon, organisation particulièrement active depuis les années 1920 sous l’influence notamment de Georges Vagneron*. Largement renouvelée au lendemain de la guerre, elle regroupait près d’un millier d’adhérents dont une moitié de cotisants réguliers. Très actif, Michel Guillemin devînt secrétaire permanent de l’Union départementale des syndicats du bois et du bâtiment (USBB) pour le Doubs qui regroupait 41 organisations (corporations du bâtiment, travaux publics mais aussi ouvriers de quelques scieries) en 1947.

Membre de la commission administrative de l’UD CGT depuis 1946, Michel Guillemin participa avec Robert Charles* à la reconstitution de l’organisation départementale après la scission syndicale et prît en charge la trésorerie de l’UD. Il représentait la CGT dans de nombreux organismes : administrateur de la caisse de sécurité sociale de Besançon, caisse d’allocations familiales, à l’OPBTP (organisme de sécurité du bâtiment), conseiller prud’homal.
Après plusieurs années en tant que permanent syndical, il repris un emploi de menuisier dans le bâtiment à partir de 1951. Il joua un rôle majeur dans la grève du bâtiment de 1955 où il fut apprécié pour son souci unitaire par les militants de la CFTC.

Michel Guillemin adhéra au PCF en juillet 1946 sous l’influence de Francis Cussey, militant du bâtiment respecté. Il était membre du bureau de la section de Besançon l’année suivante. Il fut régulièrement candidat aux élections municipales à Besançon de 1947 à 1965. Cumulant nombre de responsabilités syndicales, il suscita probablement des jalousies. Sous la pression du comité de la section de Besançon du Parti communiste, il remît vers 1966 tous ses mandats syndicaux en prétextant sa situation de santé. Cette mise à l’écart ne l’empêcha pas d’animer les grèves du bâtiment à Besançon en 1968.
Michel Guillemin épousa Yvonne Beaumont, mère au foyer, qui vécut difficilement les absences de son mari. Ils eurent cinq enfants, dont Claude, fraiseur puis dessinateur industriel, fut le seul à militer. Il fut secrétaire départemental des Jeunesses communistes et membre du comité fédéral du Doubs au début des années 1960.

Au moment de son décès, Michel Guillemin était aussi vice président de la Pétanque du quartier Saint-Ferjeux à Besançon et membre de la Libre Pensée. Il refusa tout discours de la CGT ou du parti communiste pour ses funérailles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89385, notice GUILLEMIN Michel, Marc, Alphonse par Claude Cuenot , version mise en ligne le 28 septembre 2010, dernière modification le 28 septembre 2010.

Par Claude Cuenot

SOURCES : C. Cuenot, La CGT dans le Doubs : l’Union départementale de 1944 à 1950, mémoire de maîtrise, Besançon, 1990. — Arch. Dép. Doubs, 118 J 8, autobiographie du 13/05/1948. — Renseignements fournis par son fils Claude Guillemin et par André Vagneron.

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