GOUBIER Odile, Marie, Jeanine [épouse VINCENT]

Par Éric Belouet

Née le 9 décembre 1941 à Saint-Étienne (Loire) ; mécanographe ; militante jociste de la Loire, permanente de la JOCF (1962-1964), syndicaliste CFTC puis CFDT, militante de la FCPE, bénévole au Secours populaire ; conseillère municipale de gauche de La Talaudière (Loire, 1993-2002).

Odile Goubier était la deuxième de trois enfants (deux frères, militants jocistes eux aussi : Georges Goubier, futur secrétaire général de la Fédération Construction et Bois CFDT, et Jean-Marc Goubier, futur permanent PS à Saint-Étienne). Leur père, Pierre Goubier (1910-1968), ajusteur sur métaux à la Société stéphanoise de constructions mécaniques (SSCM), était syndiqué à la CGT ; leur mère, Michelle née Gay (1910-2001), issue d’une famille rurale, travailla dans la métallurgie puis, après son mariage en 1933, occupa divers emplois à temps partiel. Tous deux étaient croyants pratiquants.

Odile Goubier fréquenta l’école primaire publique du quartier du Soleil, puis le lycée technique à partir de 1952 pour apprendre le secrétariat et la comptabilité. Ayant obtenu le certificat d’études primaires et un CAP d’employée de bureau, elle entra au travail en 1957 dans un magasin de vente en gros d’électricité où elle allait assurer la comptabilité et le secrétariat. Elle y resta jusqu’en décembre 1959 et fut ensuite embauchée comme mécanographe à la Coop (anciennement Union des travailleurs créée par la CGT), rue Balay à Saint-Étienne. Elle adhéra à la CFTC dès son entrée dans cette entreprise et fut très rapidement élue déléguée du personnel et au comité d’entreprise.

Entre-temps, Odile Goubier avait rejoint la JOCF à l’âge de quatorze ans. Son frère et sa future belle-sœur ayant été militants fédéraux du mouvement, cette adhésion se fit presque « naturellement ». Elle milita à la section du quartier du Soleil, où elle prit progressivement des responsabilités, et participa à « Rome 57 », rassemblement international de la JOC qui réunit, du 23 au 27 août 1957, 32 000 jocistes venus de 86 pays. Elle intégra ensuite l’équipe de responsables de la fédération Saint-Étienne-Nord à l’âge de dix-sept ans, avec la charge de la branche « Écoles », puis devint présidente fédérale. En 1962, la direction nationale de la JOCF la sollicita pour devenir permanente. Elle prit ses nouvelles fonctions le 1er septembre au sein de la région jociste de Sud-Est, dont l’équipe se composait également de Marie-Claude Odin*, Monique Mazure*, Alice Morel* et Monique Verchère*. Sur le plan géographique, Odile Goubier se vit confier les départements de la Drôme, de l’Ardèche, une partie de l’Isère et du Gard. À l’échelon national, elle était rattachée à la branche des « 12-14 ans ».

Elle quitta la JOCF à la fin de son mandat de permanente en août 1964 et reprit son emploi à la Coop, où elle retrouva ses responsabilités syndicales, à la CFDT cette fois. Depuis 1963, elle était fiancée avec Marc Vincent*, né en 1945, professeur de français au collège privé de Saint-Just-sur-Loire (Loire) et militant jociste de quartier, qu’elle avait rencontré en 1959 dans le cadre d’une semaine internationale. Elle l’épousa à Saint-Étienne le 24 juin 1965. Le couple eut deux enfants (1969 et 1973) et s’installa en 1974 dans un logement HLM de La Talaudière, dans la proche banlieue de Saint-Étienne.

Licenciée de la Coop en 1973, Odile Goubier arrêta alors de travailler pendant six ans pour se consacrer à ses enfants, puis effectua des petits travaux de comptabilité dans diverses entreprises. À partir de 1985, son mari étant tombé gravement malade, elle reprit un emploi stable comme responsable de collectivité dans un centre de vacances de LVT (Loisirs Vacances Tourisme) à Barollière, lieu-dit de Saint-Paul-en-Jarrez (Loire), où elle secondait le directeur. Licenciée en 1994 pour cause de désaccord avec celui-ci, elle connut une période de chômage, puis trouva en septembre 1996 un emploi de documentaliste à l’Institut rural d’éducation et d’orientation (IREO) de la Loire, à Saint-Étienne, emploi qu’elle conserva jusqu’à son départ à la retraite en 1999.

Sur le plan militant, pendant ses six ans d’inactivité professionnelle, elle avait siégé au conseil d’administration du centre social de La Talaudière et elle fut responsable de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) pour cette commune. À partir de 1996 – et toujours en 2010 –, elle s’est investie dans diverses activités bénévoles au Secours populaire : inscriptions aux colonies de vacances, accompagnement de personnes au RMI…

Sympathisante du PS sans être jamais adhérente, elle fut candidate sur la liste de gauche aux élections municipales de La Talaudière en 1989. La liste l’emporta mais Odile Vincent, située en fin de liste, n’entra pas conseil. À la suite du décès d’un conseiller municipal, elle lui succéda vers 1993. Réélue en 1995, elle ne se présenta pas en 2002, année de son installation à Sorbiers (Loire).

Son mari, Marc Vincent, important dirigeant de la Fédération de l’enseignement privé (FEP-CFDT), fut permanent à mi-temps pendant environ dix ans à partir de 1972. Il occupa ensuite les fonctions de secrétaire national de 1972 à 1977, puis de secrétaire général de 1977 à 1980, enfin de président de 1980 à 1983. Il mourut en 1991 à la suite d’une transplantation cardiaque.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89126, notice GOUBIER Odile, Marie, Jeanine [épouse VINCENT] par Éric Belouet, version mise en ligne le 7 septembre 2010, dernière modification le 7 septembre 2010.

Par Éric Belouet

SOURCES : Arch. JOCF (Arch. Dép. Hauts-de-Seine), 45J-4C1 (dossier de permanente ; comptes rendus des conseils nationaux). — Bruno Poucet (dir.) et Jacques André, Histoire et mémoire de la FEP-CFDT, bâtisseurs d’avenir, L’Harmattan, 1999. — Notes de Bruno Poucet. — Entretien téléphonique, 31 août 2010.

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