SAVU Jean [Pseudonyme : Petit Jean]

Par Daniel Grason, Jean-Pierre Ravery

Né le 11 juin 1904 à Montreuil-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis), fusillé par condamnation le 23 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ébéniste ; militant communiste de Champigny-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne) ; résistant FTPF.

Fils de Jean, sujet roumain, ébéniste, et de Louise, Marie (née Boussard), couronnière, Jean Savu habitait Champigny-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne), 45 quai Galliéni puis 42 rue Eugène-Pottier, et travaillait comme ébéniste à Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne). Il avait épousé Simone, Marguerite Lahaye le 20 mars 1926 à Joinville-le-Pont. Le couple avait un fils, prénommé Jean.
En 1930, il était membre du douzième rayon de la région parisienne du Parti communiste et recevait du matériel de propagande destiné à des communistes italiens avec qui il était en contact. Sportif, il était membre de l’Amicale sporting club de Champigny affilié à la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT).
Pendant la guerre, Jean Savu appartint à l’Organisation spéciale (OS), puis aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Il était responsable technique de la section. Une ronéo à main fut installée dans le pavillon de Simone Lambre à Champigny, et plusieurs militants de la ville participèrent aux tirages et aux distributions du matériel.
Un militant, Pierre Rigollet, fut interpellé par des policiers le 19 juillet 1943 et des inspecteurs des Renseignements généraux l’interrogèrent sévèrement. Lors d’un coup de filet, le 23 juillet, les policiers arrêtèrent dix personnes, parmi lesquels Jean Savu. Près de la ronéo, quatre-vingts kilos de tracts furent saisis, ainsi que mille cinq cents tracts intitulés « Le Patriote », de juillet 1943.
Lors de son interpellation, sur son lieu de travail, Jean Savu portait sur lui un tract « La Défense de la France », des certificats de recensement en blanc et une copie du cachet humide de la mairie de Montreuil. Il fut interné à la prison de la Santé (Paris, XIVe arr.) puis dans celle de Fresnes (Seine, Val-de-Marne).
Livré aux Allemands, Jean Savu fut condamné à mort pour « activité en faveur de l’ennemi » par le tribunal du Gross Paris siégeant rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) le 15 octobre 1943, et fusillé le 23 octobre à 12 h 41 au Mont-Valérien. Dans la dernière lettre qu’il écrivit à sa femme, il formulait le vœu que « Jeannot [...] n’oublie jamais son Papa et pourquoi il est mort, pour sa Patrie et pour son Parti ». Ces quatre derniers mots furent caviardés par la censure, mais restèrent lisibles en transparence.
Simone Savu témoigna le 6 novembre 1944 sur procès-verbal et déclara : « Mon mari a été violemment frappé par des inspecteurs de la BS2 [Brigade spéciale no 2] à coups de nerf de bœuf sur les reins. » Il lui en avait fait part lors d’une visite à la prison de la Santé.
D’abord inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine, Jean Savu fut réinhumé le 2 décembre 1944 à Champigny-sur-Marne en même temps que trois autres fusillés campinois (Pierre-Marie Derrien, Maurice Pirolley et Augustin Taravella), au cours d’une cérémonie organisée par la municipalité.
Une rue de la commune porte son nom.
Il avait laissé un dernière lettre à sa femme.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article89094, notice SAVU Jean [Pseudonyme : Petit Jean] par Daniel Grason, Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 4 septembre 2010, dernière modification le 1er février 2019.

Par Daniel Grason, Jean-Pierre Ravery

SOURCES : Arch. PPo., 1W 0934, KB 10. – Arch. mun. Champigny-sur-Marne. – DAVCC, Caen, Boîte 5 /B VIII 4, Liste S 1744-332/42 (Notes Thomas Pouty). – État civil.

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