GRUSZKIEWICZ Hillel [dit Bil]

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Originaire de Lodz (Pologne), mort par suicide en mai 1942 à Paris ; militant communiste ; combattant des Brigades internationales ; résistant.

Hillel Gruszkiewicz
Hillel Gruszkiewicz

Fils de Chil et de Esther, née Wienberg, petits commerçants, Hillel Gruszkiewicz fut formé dans un cheider (école traditionnelle juive). À quatorze ans, il partit pour la Palestine, première étape d’une vie aventureuse qui le conduira en Australie, le 5 mai 1931 il débarqua à Marseille, puis alla à Paris.
« Bil » était servi par un « tempérament de feu », une incroyable débrouillardise et une connaissance de nombreuses langues (espagnol, français, allemand, russe, arabe, hébreu, yiddish). Il adhéra au Parti communiste en 1935 puis s’engagea dans les Brigades internationales où il seconda Rol-Tanguy comme responsable du parc automobile et des transports d’armes. Lieutenant, il resta auprès d’André Marty le chef du groupe des transporteurs d’armes. Bil participa à la publication et à la rédaction du journal des combattants, en yiddish, Der Feiheits Kemfer (Le combattant de la liberté) à partir de l’été 1937. Sur le front de l’Èbre il prit les papiers d’identité d’un Français mort au combat et dénommé Durant. Il put ainsi quitter l’Espagne sans être interné et organiser des évasions rocambolesques au camp de Gurs.
Le 24 février 1939, la préfecture des Vosges lui délivra une carte d’identité au titre de « marchand ambulant de confection », il était immatriculé au Registre du commerce d’Epinal, et était domicilié 6 rue des Minimes. L’armée le mobilisa sous son nom français de Durant et en fit un interprète avec les troupes anglaises.
Rentrant à Paris en juin 1940, il loua une chambre 31 rue Meslay à Paris (IIIe arr.), il y entreposait de la marchandise, son domicile était inconnu. Le 15 octobre 1941, un tribunal correctionnel le condamna à deux mois de prison et mille francs d’amende, pour « création de commerce, non déclaration de stock et vente sans bons », il fut mis en liberté provisoire sous caution.
Lors d’une visite au service des Étrangers, il déclara que lors de ses séjours à Paris, il logeait chez Paul Durandon 85 boulevard Suchet à Paris (XVIe arr.). Après vérification de la police, cette déclaration se révéla fausse. Il logeait de fait de très courtes périodes à l’Hôtel du 4 rue Meslay sous le nom de Durandon. Dans cet établissement logeaient parfois sa sœur Frencha et son beau-frère Schala Rosenberg qui demeuraient 6 rue des Minimes à Épinal (Vosges).
Hillel Gruszkiewicz était l’adjoint de Robert Beck, responsable d’un réseau de renseignement et d’action soviétique en contact avec le Parti communiste clandestin puis avec la résistance communiste. Arrêté au printemps 1942, torturé par la Gestapo au 18 rue des Orteaux à Paris (XXe arr.), pour ne pas risquer de parler, il brisa une vitre et se jeta par la fenêtre. Robert Beck arrêté le 2 juillet a été fusillé le 6 février 1943.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article88872, notice GRUSZKIEWICZ Hillel [dit Bil] par Daniel Grason, Claude Pennetier , version mise en ligne le 24 août 2010, dernière modification le 7 octobre 2019.

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Hillel Gruszkiewicz
Hillel Gruszkiewicz

SOURCES : Arch PPo. GB 103 BS2. – David Diamant, Combattants, héros et martyrs de la Résistance, Éd. Renouveau, 1984. – Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le Sang de l’étranger. Les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1989. – Site internet CDJC.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 190.

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