GOUBERT Pierre, Marie, Jean

Par Claude Pennetier

Né le 25 janvier 1915 à Saumur (Maine-et-Loire), mort le 16 janvier 2012 à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) ; historien moderniste, promoteur de histoire des mentalités ; sensible aux thèses de la gauche antistalinienne puis un temps socialiste SFIO.

Issu d’un milieu modeste, fils d’un jardinier, selon son acte de naissance ses parents étaient présentés comme épicier et épicière, neveu de vignerons, Pierre Goubert fut élève à l’École normale primaire d’Angers, titulaire du brevet supérieur, fut reçu au concours de l’École normale supérieure de Saint-Cloud en 1935 où il eut comme professeurs Raymond Aron et Marc Bloch. Tenté par la géographie, il se laissa convertir à l’histoire. Il réussit l’agrégation en 1948.

Pierre Goubert fut mobilisé en 1939, caporal , il fit la campagne de France, échappa à la captivité. Il enseigna à Pithiviers (Loiret), puis Beauvais (Oise). Autorisé par dérogation à préparer une licence qu’il obtint, selon sa formule, " par morceaux ". Après un DES dirigé par Augustin Renaudet, il réussit l’agrégation en 1948 et entreprit un doctorat sur le Beauvaisis à l’époque moderne, sous la direction d’Ernest Labrousse, thèse soutenues en 1958.

À la Libération, il était membre de la SFIO dans l’Oise et écrivait régulièrement dans l’organe départemental du parti L’Oise socialiste signant le plus souvent ses articles de ses initiales.

Sur ses convictions politiques, il déclarait : « J’ai été influencé par le milieu dans lequel j’ai vécu, un milieu de petites gens, d’artisans, de commerçants, d’ouvriers. Et puis, c’est vrai, j’ai été très touché par le socialisme d’avant-guerre — le vrai. J’avais beaucoup de camarades trotskystes, et j’avais de la sympathie pour eux parce qu’ils étaient antistaliniens, essentiellement. Stalinien, évidemment, je ne l’ai jamais été, ce n’est pas possible, non, ni communiste d’ailleurs. […] J’avais vaguement lu Marx, je pense que c’est de son œuvre qu’est sortie l’histoire économique, et surtout je crois que c’est une analyse intéressante de la société dans laquelle il vivait. Mais appliquer les formules marxistes à quelque autre réalité que celle du XIXe siècle, cela m’a toujours paru absurde. » (L’Histoire, mars 2000).

Détaché au CNRS en 1951, directeur d’études à l’École pratique des hautes études (EPHE) en 1955, professeur d’histoire moderne à Rennes, à Nanterre, puis à la Sorbonne à partir de 1969, Pierre Goubert prêta attention aux travaux de Jean Maitron et à la naissance du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier. Enchanté par le projet, il correspondit avec lui et le mit en contact avec un correspondant local dans l’Oise.

Formé à l’école labroussienne, il entretint de mauvais rapports avec Fernand Braudel, plus pour des raisons personnelles qu’historiographiques. Il soutint Robert Mandrou, Philippe Ariès, Michel Vovelle, Jean-Louis Flandrin et Daniel Roche et participa à la promotion d’une histoire des mentalités.

Il se maria une première fois à Blois en juillet 1937 avec Odette Boulonzac, puis à Paris XIe arrondissement avec Christiane Dabin.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article88857, notice GOUBERT Pierre, Marie, Jean par Claude Pennetier, version mise en ligne le 23 août 2010, dernière modification le 24 avril 2013.

Par Claude Pennetier

ŒUVRE : Beauvais et le Beauvaisis de 1600 à 1730 , SEVPEN, 1960. — L’avènement du Roi-Soleil, Julliard, 1961. — Louis XIV et vingt millions de Français , Fayard, 1966. — 1789 : les Français ont la parole, Paris, Julliard, 1965. — Mazarin, Fayard, 1990. — La Vie quotidienne dans les campagnes françaises au XVIIe siècle, Hachette, 1982. — Initiation à l’histoire de France , Fayard, 1984. — Un parcours d’historien. Souvenirs, 1915-1995, Fayard, 1996).

SOURCES : Un parcours d’historien : souvenirs 1915-1995, Fayard, 1996. — Arch. Jean Maitron. — François Dosse, L’Histoire en miettes, Armillaire La Découverte, 1987. — Le Monde, Philippe-Jean Catinchi, "Pierre Goubert", 25 janvier 2012. — Note de Jean-Pierre Besse.— État civil.

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