ROLLO Renée, Marie, Louise [née COLTAT Renée]

Par Jacques Girault, Jean Maitron, Claude Pennetier

Née le 12 mai 1893 à Pithiviers (Loiret), morte le 13 décembre 1976 à Auray (Morbihan) ; institutrice dans le Morbihan ; secrétaire du Syndicat des institutrices et instituteurs laïques du Morbihan ; militante du SNI après la guerre.

Renée Coltat était la fille d’un gendarme à cheval, devenu officier et tué pendant la Grande Guerre. Sa mère, sans profession à la naissance, par la suite donnait des leçons d’allemand et de musique. Renée Coltat reçut une éducation catholique. Elle commença sa scolarité primaire à Pithiviers, puis au cours complémentaire d’Auray. Elle entra à l’École normale d’institutrices de Vannes en 1909 puis devint institutrice adjointe à Camors (Morbihan) ; elle épousa uniquement civilement en juillet 1915 à Brest (Finistère) Joseph Rollo, instituteur qui fut aussitôt mobilisé. Le couple eut une fille.

Militante syndicaliste, Renée Rollo fut secrétaire du groupement des instituteurs et institutrices du Morbihan pendant la Première Guerre mondiale. Elle entra en relations avec les anarchistes André Girard, Charles Benoist et Pierre Charron qui publiait à Orléans les journaux La Mêlée puis Par delà la Mêlée. Elle contacta également Madeleine Vernet, Jean Longuet, Maurice Wullens. En 1918, elle publia un manifeste pacifiste favorable à la Révolution russe dans le bulletin de l’Amicale des instituteurs. Liée au secrétaire de la section socialiste de Lorient, Grandchamps, employé à l’atelier d’armurerie navale, elle fut soupçonnée d’avoir cherché à susciter la grève des femmes de l’Arsenal de Vannes. En mars de la même année, elle participa à la campagne de défense d’Hélène Brion. Elle était abonnée à La Bataille et à L’Action féministe. Par son action, Renée Rollo aurait gagné à ses opinions un certain nombre de jeunes institutrices du Morbihan.

Toujours institutrice à Camors, elle fut la secrétaire créatrice, le 1er mars 1919, du Syndicat des institutrices et instituteurs laïques du Morbihan. Le bureau était composé de Madame Gauge, trésorière, de Madame Cancouët, trésorière adjointe, institutrice à Baud et de Le Joubioux, secrétaire adjoint, instituteur à Nivillac. Elle en fut une des dirigeantes avec Louis Cren et Joseph Rollo. Après la démobilisation de son mari, ils furent nommés à Bieuzy Lanvaux jusqu’en 1932, puis furent mutés à Auray où elle dirigea l’école de filles d’Auray-Gare. Elle s’occupa aussi du patronage laïque.

La fusion du syndicat unitaire et de la section départementale du Syndicat national des instituteurs se produisit en décembre 1934, un an avant la fusion sur le plan national. Particulièrement active dans la solidarité avec les Républicains espagnols (souscriptions, constitution de trousseaux, accueil des réfugiés), elle fut élue au conseil départemental de l’enseignement primaire en 1938.

Son action se confondit avec celle de Joseph Rollo : soutien au courant communiste, rupture en 1931 puis entrée dans la SFIO. En 1938-1939, Renée Rollo était secrétaire du comité fédéral féminin du Parti socialiste pour le Morbihan.

Membre du syndicat clandestin avec son mari, elle collabora avec lui à l’activité du mouvement “Libération Nord“. Joseph Rollo mourut en camp de concentration à Neuengamme le 29 juillet 1944.

Après la guerre, Renée Rollo continua à assurer la direction de son école devenue “école Joseph Rollo“. Militante du SNI après sa reconstitution, lors du conseil national du SNI du 30 décembre 1945, elle fut élue au bureau national. Le 17 juin 1946, elle était candidate suppléante du SNI au Conseil d’enseignement de l’enseignement du premier degré (Conseil supérieure de l’Éducation nationale). Lors du congrès national de 1946, elle dirigea la discussion sur les écoles maternelles. Quand le bureau national, les 15-16 octobre 1946, procéda à son organisation, elle devint membre de la commission pédagogique et des commissions des écoles maternelles dont elle assura le secrétariat, de l’action laïque, d’éducation sociale, de la Sécurité sociale. Elle fut réélue, le 28 décembre 1947, lors des élections du BN pour la première fois à la proportionnelle sur la liste "Pour une action constructive dans l’indépendance du syndicalisme". Lors de la première réunion du BN, le 14 janvier 1948, elle fut nommée comme responsable adjointe des commissions des écoles maternelles et des affaires pédagogiques. Le 5 novembre 1948, élue, elle figurait en douzième position sur la liste du SNI pour la commission administrative paritaire centrale.

Renée Rollo, désignée, le 10 novembre 1944, comme secrétaire départementale des femmes socialistes SFIO, devint membre du comité national des femmes socialistes dont elle était toujours membre à la fin de 1949. En outre, elle était membre de l’amicale de la déportation du camp de Neuengamme,

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article88702, notice ROLLO Renée, Marie, Louise [née COLTAT Renée] par Jacques Girault, Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 14 août 2010, dernière modification le 6 septembre 2016.

Par Jacques Girault, Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13637. — OURS, fédération du Morbihan. — Renseignements fournis par la fille de l’intéressée. — Femmes socialistes, 1939. — DBMOF, notice par J. Maitron et Cl. Pennetier. — Yannic Rome, La guerre scolaire en Morbihan, tome 2  : 1880-1940, Le Faouët, Liv’édtiion, 2008, p. 232.

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