ASSAD Mouloud. Pseudonyme à l’École d’Orient : ANDRE Émile

Par Claude Pennetier

Né en 1906 au village Aït-Atelli, commune de Fort national ; élève à Moscou de l’Université d’Orient du 15 novembre 1932 au 15 octobre 1933.

Les seules informations sur Mouloud Assad proviennent des fiches de l’Ecole de formation de l’Internationale communiste dénommée Université d’Orient. Les indications biographiques reproduisent d’abord ses propres déclarations. Il se donne pour fils d’un petit paysan, propriétaire de deux hectares de jardin et employant des travailleurs saisonniers. N’ayant pas de frère mais une sœur unique, Mouloud Assad deviendra dans les années 1920, héritier des terres à la mort de son père selon le droit coutumier en Kabylie qui ne laisse pas ou une faible part aux filles.

Auparavant Mouloud Assad avait suivi l’école primaire française pendant quatre ans puis était parti pour Alger. Il devient en 1919 (il a 13 ans), marchand de rue, et en 1920, garçon serveur dans des cafés et restaurants ; il gagne 175 francs par mois avec la nourriture.

En 1926, il revient au village tenter de vivre sur son héritage ; il confie ensuite l’exploitation à ses deux ouvriers et en 1929 part pour Paris. Il travaille dans un garage, le garage Texel, puis à l’atelier d’automobiles Panhard et Levassor (transcrit Poire Levasseur) dans le 14e arrondissement. ; il se dit chauffeur. Il est ensuite employé dans une fabrique d’eaux minérales (« Pierre Rabé » ?). En 1930, il gagne la Belgique et travaille aux mines de charbon près de Liège ; il rentre en France travailler comme mineur pendant six mois et se retrouve au chômage en cette période de crise, avec cependant une allocation de 10 francs par jour.
Alors qu’il a adhéré à la CGTU et au Parti communiste, il est désigné vraisemblablement par la Commission coloniale qui s’évertue à « l’arabisation » (notons qu’il est kabyle instruit en français et va se trouver affubler du pseudonyme d’Emile André) pour être formé à l’Université d’Orient à Moscou. Il s’y trouve du 15 novembre 1932 au 15 octobre 1933 ; il est alors renvoyé pour indicipline. Il reste en URSS, stagiaire travaillant au combinat industriel de Iaroslav (en compagnie d’un certain Lovine) ; il est ensuite dirigé sur le dépôt de machines et tracteurs du village Makeevka. A la fin de 1933, il revient à Moscou, de son propre chef. Il quitte l’URSS au début de l’année 1935. En novembre 1937, à une enquête, un rapport en russe répond que le « camarade André n’est plus en URSS. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article88380, notice ASSAD Mouloud. Pseudonyme à l'École d'Orient : ANDRE Émile par Claude Pennetier, version mise en ligne le 5 juillet 2010, dernière modification le 3 novembre 2013.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 189 17.

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