GRANDEMANGE Guy

Par Gérard Leidet

Né en 1924 ; instituteur dans les Bouches-du-Rhône ; secrétaire général de la section départementale du Syndicat national des instituteurs (1963-1965).

Guy Grandemange, membre du conseil syndical de la section départementale des Bouches-du-Rhône du Syndicat national des instituteurs, intervint lors du congrès national, le 7 juillet 1959 dans la discussion du rapport moral à propos de la revendication des Algériens qui n’était pas, selon lui du « socialisme appliqué » comme l’avait écrit Marcel Rivière*. Deux ans plus tard, lors du congrès du SNI, il prit la parole après le rapporteur sur le service social. Il souhaita que dans ces relations avec les structures consacrées au social, le syndicat conserve son indépendance par rapport à l’Etat, à l’action mutualiste et maintienne la décentralisation de ses structures.

Grandemange devint secrétaire général de la section du SNI des Bouches-du-Rhône en décembre 1963, en charge du secrétariat administratif et des affaires corporatives. Les deux secrétaires adjoints étaient Alfred Bizot* et Gabriel Vialle* qui l’avaient précédé au poste de secrétaire général. Il demeura deux ans à ce poste, selon la règle héritée de la Fédération unitaire de l’enseignement relative au renouvellement des tâches dans le syndicat. Spécialiste des questions corporatives, il se situait dans un héritage partagé au-delà de la section des Bouches-du-Rhône. Une lettre de Coulomb* au militant, le 26 avril 1964, précisait que les syndicalistes unitaires étaient conscients de l’importance du travail syndical pour la formulation des revendications. Dans l’élaboration des revendications prévaudra toujours la volonté de bien représenter l’avis des syndiqués, à l’opposé de tout avant-gardisme. Ainsi, dans une correspondance interne au courant, le secrétaire de la section SNI de l’Ardèche rejeta l’idée d’un « Diplôme Pédagogique Supérieur » pour les instituteurs, soutenant qu’il avait « des raisons de craindre que la masse des instituteurs actuellement en place ne l’accepte pas ». Lors du congrès national du SNI, le 8 juillet 1963, dans la discussion du rapport moral, son intervention proposait un plan de réévaluation totale de la fonction enseignante. Deux jours plus tard, il annonçait le retrait de la motion corporative déposée par la section des Bouches-du-Rhône et son ralliement à la motion de la majorité du SNI. Mais lors du congrès de Lille, le 5 juillet 1964, il annonça que sa section ne voterait pas le rapport moral. Lors du congrès national du SNI, il intervint le 17 juillet 1965 dans la discussion du rapport moral qu’il approuva au nom de sa section et il souhaita une meilleure information pour préparer « des luttes plus amples ».

En 1965, Grandemange présenta la brochure Plus de 20 ans d’expérience, éditée pour les vingt ans de la section départementale. Après avoir rendu hommage à ses prédécesseurs, premiers secrétaires de la section après la guerre, Georges Cheylan*, Léon Garnier*, Jean Buisson*, Alfred Bizot*- et à Roger Lombard*, « le type même du militant compétent et dévoué, profondément attaché à la classe ouvrière, dont la présence est indispensable à une équipe syndicale », il précisait ses conceptions de l’action syndicale en saluant les humbles militants, ceux de l’ombre. Il évoqua alors « ceux qui viennent au siège sans jamais rien demander, uniquement pour se rendre utile […], ceux qui dans le département sans relâche maintiennent le SNI, et qui pour cela, prolongent la présence du maître à toute heure, ceux dont le dévouement n’est pas forcément prise de responsabilité […] tous prennent part ainsi à une vie syndicale authentiquement démocratique ». Sa conclusion formulait le vœu que la section continue à se développer pour atteindre le grand élan de la Libération et retrouver l’unité ouvrière : « Alors, l’école laïque nationale sera gage d’une culture démocratique animée par l’institutrice et l’instituteur laïques ayant trouvé sa vraie place dans notre pays ».

Dans les années 1970, Grandemange militait avec Christine Didon (secrétaire de cellule), Jean Sigurani et Jean Messaoudi* dans la cellule des enseignants Henri Wallon du PCF de La Rose ainsi qu’à la sous-section du SNI du 13e arrondissement de Marseille où il animait le courant « Unité et action ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article88360, notice GRANDEMANGE Guy par Gérard Leidet, version mise en ligne le 10 août 2010, dernière modification le 30 janvier 2012.

Par Gérard Leidet

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, 42 J 21. --- Presse syndicale. — Témoignage de Ch. Didon. — Notes de Jacques Girault.

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