GODOT Gérard, Philibert

Par Jean Limonet

Né le 16 mai 1934 à Gueugnon (Saône-et-Loire) ; prêtre du diocèse d’Autun, aumônier national ACO ; vice-président du conseil d’administration de la Maison de la Culture de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), cofondateur et membre du bureau de l’ABAM. Il fut adhérent au PSU en 1968 puis en 1998 à Alternative 71.

Dernier enfant d’une fratrie de trois, Gérard Godot naquit dans une famille ouvrière : son père Philippe Godot, lamineur aux Forges de Gueugnon, prit la gérance d’une coopérative agricole après son licenciement pour avoir organisé une grève, sa mère, Marie Pallot, d’abord employée de maison tint ensuite un café puis une pâtisserie.

Ordonné prêtre en 1960 à l’issue de ses études au grand séminaire d’Autun (Saône-et-Loire), nommé vicaire à la paroisse Saint Cosme de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), Gérard Godot devint aumônier de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) et de l’Action catholique ouvrière (ACO) à partir de 1960. Il quitta la paroisse de Saint Cosme en 1963 et devint aumônier scolaire tout en étant aumônier ACO. Il allait être successivement aumônier ACO du secteur de Chalon (1963-1973), puis à Montchanin (1973-1982). Il devint aumônier ACO à plein temps pour le diocèse d’Autun (1982-1987), puis aumônier national (1987-1993).

Ses activités d’aumônier l’amena à travailler avec deux présidents nationaux, Jean-Pierre Coutant*, puis Christian Collange* et Didier Niel* comme secrétaire général, avec Marie-Jo Terra* secrétaire générale, ainsi que deux présidentes, Andrée Pinson*, puis Jaqueline Coince*. Au sein de l’ACO, il avait la responsabilité de la formation interne et des relations internationales. Tout en étant membre de l’exécutif, il était chargé de la branche européenne appelée Mouvement des travailleurs chrétiens d’Europe (MTCE) et du Mouvement mondial des travailleurs chrétiens (MMTC), ce qui l’amena à voyager en Europe centrale et orientale (Tchécoslovaquie, Pologne, RDA), dans les années qui suivirent immédiatement la chute du mur de Berlin et à rencontrer des militants ouvriers ainsi que des prêtres et des évêques mariés, ordonnés clandestinement (en Tchécoslovaquie). Ses activités au MTCE consistèrent essentiellement à établir des liens entre des mouvements naissants en Europe centrale. Il participa en 1990 au congrès du MMTC à Lyon.

À partir de 1968, Gérard Godot, fit partie de la petite équipe qui, avec Francis Jeanson et en lien avec l’équipe municipale conduite par son maire Roger Lagrange*, contribua à promouvoir la Maison de la Culture de Chalon. Ils constituèrent une équipe de préfiguration appelée Studio 70 qui posa les bases de ce nouvel équipement et mit en route des élections en vue d’établir un conseil d’administration, en accord avec le ministère (une première en France). Une très large liste non exhaustive de candidats fut proposée avec le soutien de partis politiques et d’organisations syndicales. Chaque votant fit sa propre liste de 80 noms. Toute personne habitant le « grand Chalon » pouvait s’inscrire pour voter. Ces élections eurent lieu les 15 et 16 octobre 1971. Il y eut 5 943 inscrits et 3 575 votants. À la demande du ministère, seules les 40 personnes arrivant en tête constituèrent l’assemblée constitutive qui élit un conseil d’administration (comprenant en outre, des membres de droit représentant les bailleurs de fonds : ministère, conseil général, et municipalité). Gérard Godot fut élu vice président. À ce titre, il représenta la Maison de la Culture de Chalon à l’Union des Maisons de la Culture (UMC) et participa aux négociations qui aboutirent à la convention collective nationale des maisons de la culture. Il cessa ces activités lorsqu’il ne fut pas réélu comme membre du bureau lorsque celui-ci fut renouvelé, le 26 juin 1982, à la suite de manœuvres politiques. En 1983, la municipalité sortante ne fut pas reconduite et la Maison de la Culture fut transformée en un « espace des arts ».

Quittant Chalon en 1973, Gérard Godot fut nommé curé de Montchanin de 1973 à 1982 avant d’être détaché comme aumônier diocésain puis national de l’ACO. Il fut ensuite à Mâcon deux ans prêtre à la paroisse Saint-Pierre puis « vicaire épiscopal » (délégué de l’évêque) pour le grand Mâconnais (quart Sud Est du département) de 1995 à 2001. Revenu à Chalon en 2001, il fut curé jusqu’en 2004, tout en étant aumônier de l’ACO, puis prêtre auxiliaire de l’ensemble paroissial Notre-Dame de Lumière-Sacré-Cœur. Il fut cofondateur, le 5 juillet 2004, de l’ABAM (Association bourguignonne des Amis du Maitron). Autorisé à prendre sa retraite en 2009, retiré à Chalon, il rend en 2010 quelques services aux paroisses de la région chalonnaise, est aumônier de quelques équipes d’action catholique.

Par ailleurs, Gérard Godot fut adhérent au PSU, section de Chalon entre 1968 et 1974, section qu’il avait quittée au moment de son départ de Chalon. Depuis 1998, il est membre de la section mâconnaise de Refondation 71, constituée d’anciens militants politiques.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article88307, notice GODOT Gérard, Philibert par Jean Limonet, version mise en ligne le 20 juin 2010, dernière modification le 20 juin 2010.

Par Jean Limonet

SOURCES : Association Bourguignonne des Amis du Maitron. – Entretien avec l’intéressé.

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