GRUNENBERGER Valentine [née ROUX Valentine, Jeanne, Rose, Françoise]

Par Jean-Pierre Besse

Née le 13 juin 1898 à Valence (Drôme), morte le2 août 1983 à Saint-Germain-sur-Avre (Eure) ; serveuse puis gérante de restaurant ; militante communiste ; une des protagonistes des négociations avec les Allemands en juin 1940 pour la reparution de l’Humanité.

Fille d’un entrepreneur de travaux publics, sœur de Georges Roux*, responsable du syndicat CGTU du métro, Valentine Roux était domiciliée rue de Charenton à Paris (XIIe arr.). Elle fut déléguée au congrès contre la guerre, à Paris, en juillet 1925. Elle assista au congrès de la CGTU tenu à Bordeaux (19-24 septembre 1927). Elle siégeait en 1929 à la commission exécutive du syndicat CGTU des Hôtels-cafés, restaurants, boissons de la Seine.

Elle épousa le 18 juillet 1925 à Saint-Ouen, Camille Grünenberger qui reconnut le fils qu’elle avait eu quelques années plus tôt, Georges. Valentine Grünenberger eut un autre enfant de Paul Hog, correcteur à l’Humanité, pendant une incarcération que subit Camille Grünenberger.
Serveuse dans un restaurant de la famille nouvelle, rue Saint Dominique, elle devint gérante de celui de la rue du Faubourg Saint-Martin. Elle militait alors au parti communiste dans le Xe arr. de Paris. Sa future belle fille, Maroussia Naïtchenko* la décrivit ainsi « Petite et large, très maquillée, elle portait des jupes de satin noir brillant qui la faisait ressembler à Ginette Leclerc ».

Valentine Grünenberger était la maîtresse de Maurice Tréand*, responsable des services de sécurité du Parti communiste. La police française l’arrêta le 20 juin 1940 à son domicile, 75, faubourg Saint-Martin, peu après qu’elle ait remis à Denise Ginollin pour l’imprimeur les articles de l’Humanité légale que les Allemands venaient d’autoriser. Les scellés 3 et 4 de cette affaire conservées aux archives de Paris contiennent les documents saisis chez Valentine Roux (sic) en particulier un reçu daté du 21 juin 1941 de l’Imprimerie française, 123, rue de Montmartre pour la somme de 50 000 francs. Le versement aurait été effectué le 19 juin au domicile du patron de l’imprimerie. Le procès verbal du commissaire de police en charge de l’affaire reconnaît qu’excepté le reçu les autres documents saisis chez Valentine Roux, comme ceux saisis chez Jeanne Schrodt, n’ont « aucun intérêt immédiat pour l’affaire » et qu’ils n’ont « d’intérêt qu’en ce qui touche l’activité générale de la femme Roux ».Trois autres responsables et artisans de la publication légale du journal connurent le même sort : Maurice Tréand, Jeanne Schrodt* et Denise Ginollin. La police allemande les fit libérer le 25 juin.

Le 4 avril 1942, le tribunal de première instance de la Seine la renvoya, ainsi que les autres militants impliqués dans l’affaire devant la section spéciale de la cour de Paris en signalant qu’ils étaient « en fuite » ou « dans la clandestinité ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article88231, notice GRUNENBERGER Valentine [née ROUX Valentine, Jeanne, Rose, Françoise] par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 6 juin 2010, dernière modification le 8 juillet 2010.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : Arch. Nat., F7/13090 et 13634. – Arch. de Paris, 1466 W 1.— Arch. Dép. Gironde, 1 M 577.—Denis Peschanski, « l’Humanité à nouveau légale », Le Mouvement social, n° 113, octobre-décembre 1980. — Claude Angeli et P. Gillet, Debout, partisans ! op. cit., pp. 61, 65, 78, 149, 234..— Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, Juin 1940, la négociation secrète, Editions de l’Atelier, 2006.— Maroussia Naïtchenko, Une jeune fille en guerre, la lutte antifasciste d’une génération , Imago, 2003.— Etat civil.

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