Né le 11 novembre 1876 à Paris (IXe arr.), mort le 31 décembre 1958 à Paris ; architecte-décorateur, créateur de mobilier, artiste-peintre, écrivain, critique d’art, décorateur de théâtre et de cinéma, céramiste, militant anarchiste, socialiste puis communiste ; président du Secours populaire français.

Fils du célèbre architecte et critique d’art Frantz Jourdain, le jeune Francis Jourdain côtoya très tôt, dans l’entourage de son père, de grands artistes et intellectuels de l’époque : Alphonse Daudet, Émile Zola, Claude Monet, les frères Goncourt, etc. Enfant très timide, il étudia au lycée Condorcet et obtint son baccalauréat en 1893.
Dès l’âge de quinze ans, Francis Jourdain fréquenta les anarchistes qui, autour de Jean Grave, un ami de son père, avaient commencé à prendre part au mouvement d’éducation populaire et à prôner un art pour le peuple. En 1891, il rencontra Alexandre Charpentier (sculpteur, décorateur et ébéniste), un autre ami de son père, anarchiste et modèle même de l’« ouvrier d’art » célébré par les défenseurs de l’art social. Les deux artistes restèrent amis jusqu’à la mort de Charpentier en 1909 ; Jourdain avoua lui-même dans ses mémoires la grande « influence que [Charpentier] exerça sur la formation de [son] esprit ». Francis Jourdain écrivit de nombreux articles dans des revues anarchistes. Ainsi, à l’âge de seize ans, il écrivit notamment pour La Révolte, journal dirigé par Jean Grave. Plus tard, il collabora à la revue Ennemi du peuple, fondée par Émile Janvion, et au Libertaire créé en 1901 par Sébastien Faure ; Francis Jourdain administra d’ailleurs brièvement cette revue d’avril à juin 1902. En 1905, il fonda même une petite revue qu’il nomma La Rue, en hommage à la revue de Jules Vallès, mais un seul numéro sortit. Au moment de l’Affaire, il prit publiquement parti pour Dreyfus. Francis Jourdain fut l’un des organisateurs d’une manifestation de sympathie organisée à la gare Saint-Lazare le 13 novembre 1895 pour le retour de Louise Michel* à Paris. Vers 1902, il fréquenta les cercles anarchistes gravitant autour de Georges Mathias Paraf-Javal, Jean Grave et Elisée Reclus. En 1903-1904, il se rendit à la colonie anarchiste l’Essai à Aiglemont dans les Ardennes fondée par Fortuné Henry. En 1904, il participa au Congrès international antimilitariste d’Amsterdam durant lequel fut créée l’Association internationale antimilitariste. Il participa aussi à l’organisation de manifestations en faveur de la Révolution russe de 1905.
Fin 1893, Francis Jourdain commença un apprentissage chez le maître-verrier Clamens à Angers pour préparer le concours d’ouvrier d’art organisé annuellement à Paris et en province. Reçu premier l’année suivante, il bénéficia d’une réduction à dix mois du service militaire, privilège accordé à chaque lauréat, ce qui compta beaucoup pour Francis et son père, tous les deux fervents antimilitaristes. De retour à Paris, il étudia le dessin avec le sculpteur Joseph Chéret. Il intégra ensuite l’Académie Humbert et Gervex où il travaillait auprès d’Eugène Carrière, son premier mentor. Plus tard, comme l’avait fait son ami Maurice Thomas (le futur réalisateur Maurice Tourneur), Francis Jourdain rejoignit l’équipe d’Adrian Karbowsky (peintre-décorateur et collaborateur de Puvis de Chavannes). À la même époque, Francis Jourdain fréquenta la galerie Le Barc de Boutteville où il découvrit les nabis Bonnard, Vuillard et Lautrec, une révélation pour le jeune artiste. En 1894, le sculpteur Rupert Carabin lui présenta Toulouse-Lautrec, ils devinrent très vite amis. Francis Jourdain compléta sa formation et apprit la technique de l’eau-forte en couleurs auprès d’Eugène Delâtre. Entre 1898 et 1900, il travailla comme assistant du peintre Albert Besnard. Parallèlement, il exposait fréquemment au Salon des Indépendants et à la Société nationale des Beaux-Arts. En 1902, Francis Jourdain entra en contact avec Élie Faure, une autre rencontre déterminante qui donna naissance à une longue amitié entretenue par une riche correspondance. Il devint pensionnaire de la galerie Druet où se tint sa première exposition personnelle en 1906. Pour l’Exposition universelle de 1900, Francis Jourdain présenta un projet de décoration pour le vitrail du théâtre-musée de Loïe Fuller, conçu en collaboration avec l’architecte Henri Sauvage ainsi qu’une « maquette d’un intérieur ouvrier pour un artisan et sa famille ». En 1902, il réalisa un décor pour la villa Majorelle de Nancy en collaboration avec Henri Sauvage et Alexandre Charpentier. En 1901, à l’instar de son père, de Roger Marx, d’Octave Mirbeau ou encore d’Alexandre Charpentier, Francis Jourdain fut l’un des fondateurs de la Société de l’Art pour Tous. Première société de visites-conférences, le groupe s’était constitué à l’initiative d’un ouvrier mécanicien Édouard Massieux avec le soutien de l’écrivain Louis Lumet. Cette Société était l’un des plus importants organes du mouvement d’art populaire après 1900, étroitement lié aux Universités populaires. Au cœur des activités du groupe de l’Art pour tous figurait l’organisation de visites guidées de musées le dimanche matin pour les ouvriers et Francis Jourdain fit partie des guides. Au deuxième Salon d’Automne, en 1904, il collabora avec Édouard Cousin et exposa un buffet conçu pour la série des « meubles interchangeables ».En 1906, il acheva son premier intérieur situé au 8, boulevard Péreire.
Avec ses amis écrivains Charles Louis-Philippe, Marguerite Audoux, Léon-Paul Fargue ou encore Léon Werth, Francis Jourdain fit partie du « Groupe de Carnetin ». Chaque dimanche, entre 1904 et 1907, ils se retrouvaient dans une maison louée en commun dans ce village de Seine-et-Marne pour travailler et échapper à la vie parisienne. Il se maria avec Agathe Laurençin, avec qui il eut deux enfants. La famille vécut quelque temps à Contrevoult en Seine-et-Marne puis s’installa à Esbly en 1911. L’année suivante, Jourdain monta un petit atelier de menuiserie, « Les Ateliers Modernes », dans la rue du Chemin de fer de la même ville. L’objectif de l’artiste était de créer un mobilier à bas prix en tentant d’adapter les formes et les matériaux de ses créations à la production de meubles en série. En 1913, Francis Jourdain revint vivre à Paris tout en conservant son atelier d’Esbly. Avec ses amis Léon Werth et Octave Mirbeau, Jourdain écrivit beaucoup pour la revue littéraire et artistique de Georges Besson fondée en 1912, Les Cahiers d’aujourd’hui.
À partir des années 1912-1913, Francis Jourdain se détourna progressivement de « l’art pur ». Convaincu de son manque de talent dans le domaine, il choisit de se tourner entièrement vers les arts appliqués. Très sensible aux théories de l’architecte Adolf Loos qu’il contribua à faire connaître en France, Francis Jourdain prôna le rationalisme dans l’art décoratif. L’objectif de Jourdain était d’utiliser au maximum l’espace disponible, en employant un minimum de meubles mobiles et pour un coût accessible au plus grand nombre. Au Salon d’Automne de 1913, la contribution de Jourdain enthousiasma le jeune architecte Charles-Edouard Jeanneret, le futur Le Corbusier*. l’Humanité consacra alors Jourdain comme l’un des premiers décorateurs français à produire en série des meubles bon marché s’adressant spécifiquement à la classe ouvrière.
Parallèlement, il réalisa des décors de théâtre. En 1913, il participa à la rénovation de la décoration du théâtre du Vieux Colombier de Jacques Copeau. Ce dernier lui demanda aussi de réaménager la scène de l’Athénée-Saint-Germain pour la saison 1913-1914. Pour ce projet, Francis Jourdain travailla avec Louis Jouvet. Il conçut aussi les décors des deux premières pièces présentées au Théâtre du Vieux Colombier en octobre 1913 : Une femme tuée par la douceur de Thomas Heywood et L’Amour médecin de Molière.
En 1912, Francis Jourdain adhéra à la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) et s’inscrivit à la petite section du village d’Esbly. Selon Jean Grave, il adhéra « par tactique » mais sans que cela ne diminua pour autant son « attachement à des idées » qui lui « rest[ai]ent chères ». Il cessa de cotiser en 1914, juste après l’assassinat de Jaurès, déçu par l’attitude des dirigeants du parti qui se rapprochaient de l’Union sacrée. Durant le conflit, Francis Jourdain sympathisa avec les révolutionnaires hostiles à l’Union sacrée. Pacifiste convaincu et de faible constitution, il fut néanmoins appelé en mai 1915 et envoyé à Verdun comme infirmier. Réformé en 1916, il rejoignit sa famille à Paris et se remit à la décoration. En 1917, il s’enthousiasma pour la Révolution russe.
À partir de 1918, Francis Jourdain travailla pour la Société Innovation qui fabriquait des malles de voyage. Financé par cette entreprise, Jourdain ouvrit une boutique l’année suivante, au 2, rue de Sèzes. Il y vendait des céramiques, des porcelaines, des étoffes, des tapis, des lampes et des meubles. Il souhaitait répondre aux besoins de la classe ouvrière en créant une nouvelle série de « meubles interchangeables ». La boutique prospéra et Jourdain reçut beaucoup de commandes, dont une nursery pour Mme de Rothschild qu’il présenta au Salon d’Automne de 1920. Le monde du cinéma s’intéressa aussi aux créations de Francis Jourdain et fréquenta sa boutique. Il réalisa les décors des films de Louis Delluc (Fumée noire de 1919, Fièvre de 1921, La femme de nulle part de 1921) et du film de Luitz-Morat, Les cinq gentlemen maudits (1920). Ami personnel de Miguel Almereyda, il recommanda le fils de ce dernier, le jeune Jean Vigo, à Claude Autant-Lara. Pour les décors de son film L’Atalante (1933), Jean Vigo fit appel à Francis Jourdain.
Le Salon d’Automne de 1922 créa une section « Art urbain », une mouvance à laquelle Jourdain participa dès ses débuts aux côtés de Robert Mallet-Stevens, Pierre Chareau, ou encore René Herbst. À la même période, Francis Jourdain forma un groupe d’architectes et de décorateurs : le « Groupe d’Art urbain ». À l’Exposition Internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925, le groupe emmené par Mallet-Stevens, Chareau et Jourdain prit la tête du monde des arts décoratifs modernes français. Jourdain remporta la médaille d’or pour sa décoration d’un wagon-fumoir pour la Compagnie des Chemins de Fer Paris-Orléans. En litige avec la Société Innovation, il retira ses œuvres et son nom de la boutique en 1926. Il ouvrit alors un atelier chez lui, 26 rue Vavin, et fut contraint d’abandonner l’édition de meubles vendus sur catalogue.
Par la suite, Francis Jourdain se consacra davantage à l’écriture et à la politique. Francis Jourdain était l’un des fondateurs des Amis de l’URSS dont il fut élu président d’honneur avec Henri Barbusse. À ce titre, en 1927, à l’occasion du dixième anniversaire de la Révolution d’Octobre, il fut invité en Union soviétique en compagnie d’une délégation du Secours ouvrier international (SOI). À son retour en 1928, Jourdain publia un compte rendu de ses impressions dans Les Dents sans couteau et participa à la fondation de la revue L’Appel des Soviets. Il fut également membre fondateur de la section française du Secours rouge international en 1926 (elle devint Secours populaire de France en 1936). Durant l’entre-deux-guerres, Francis Jourdain écrivait notamment pour l’Humanité, La Vie ouvrière, Le Monde, Ce soir et Commune.
Avec Robert Mallet-Stevens, Charlotte Perriand, Pierre Chareau et René Herbst, Francis Jourdain fit partie des fondateurs de l’Union des artistes modernes (UAM) et intégra son premier comité directeur. Créée le 15 mai 1929, l’UAM s’affirmait en opposition à la Société des artistes décorateurs (SAD). En 1937, Francis Jourdain participa à l’Exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne où il présenta un de ses derniers intérieurs. La même année, il participa à la décoration de la Villa Noailles à Hyères, construite par Robert Mallet-Stevens pour le vicomte Charles de Noailles.
Durant les années 1930, Francis Jourdain s’engagea avec force dans la lutte contre le fascisme jusqu’à en délaisser ses pratiques artistiques. En 1932, il fut l’un des organisateurs du Congrès contre la guerre et le fascisme aux côtés d’Henri Barbusse* et de Romain Rolland, congrès qui déboucha sur la création du Mouvement Amsterdam-Pleyel. Il fut président de la section française « Paix et Liberté » après la mort de Barbusse en 1935. Jourdain fut également membre et secrétaire adjoint de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires [AEAR] (1932) et de la Maison de la culture. Lors de la constitution du Front populaire, il fut membre du comité central en tant que représentant du Mouvement Amsterdam-Pleyel. Il fit aussi partie du Comité d’aide à l’Espagne républicaine.
En juin 1941, Francis Jourdain entra en clandestinité après avoir échappé de justesse à une arrestation de la police allemande, grâce à sa femme. Il se réfugia pendant un temps avec sa femme et ses deux enfants dans un village briard. En été 1942, il fut contacté par les communistes pour faire partie du Front national, aux côtés de Pierre Villon, Henri Wallon et Frédéric Joliot-Curie. Francis Jourdain adhéra au Parti communiste français le 4 octobre 1944, le même jour que Pablo Picasso. Il fut élu membre du comité directeur du Front national le 2 février 1945.
À la Libération, Francis Jourdain participa à la reconstitution de l’Union des artistes modernes. Il fut membre du premier comité de rédaction de la revue Arts de France (1945-1949) et du comité de rédaction de La Pensée. Jourdain fut aussi secrétaire général de l’association France-Vietnam à sa création en 1946 et vice-président du Comité franco-malgache. Il fut élu comme candidat communiste dans le VIe arrondissement aux élections législatives de 1946. En 1956, à la suite de la démission de Vercors, il accepta la présidence du Comité national des écrivains avant qu’elle ne fût confiée à Aragon l’année suivante. Francis Jourdain fut co-fondateur du Secours populaire français en 1945 et le présida à partir de 1948 jusqu’à sa mort en 1958.
Tout au long des années 1950, Jourdain se consacra à l’écriture. On lui doit de nombreuses chroniques artistiques dans des revues comme Europe ou La Pensée ainsi que de nombreuses monographies d’artistes qu’il avait pour la plupart connus dans sa jeunesse : Valloton, Steinlen, Toulouse-Lautrec. À cela s’ajoutent des mémoires dont le troisième volume, Sans remords ni rancune, reçut le prix Sainte-Beuve en 1954.
Francis Jourdain mourut à Paris le 31 décembre 1958.
Fondateur du mouvement rationaliste dans le domaine des arts décoratifs, Francis Jourdain fut un créateur sans cesse animé par des préoccupations sociales. Véritable novateur, il mit au point des meubles escamotables, pliables ou rabattables, toujours à la recherche de la fonctionnalité sans renoncer à introduire la beauté dans l’environnement quotidien. Artiste complet, Francis Jourdain s’illustra aussi par ses nombreux engagements. Pour le 60e anniversaire de Francis Jourdain, Romain Rolland écrivit dans l’Humanité (19 novembre 1936) : « Francis Jourdain nous est le plus noble exemple d’un homme qui, tout entier, au cours de toute sa vie, s’est voué à l’âpre et glorieux service des causes justes et outragées, par cela même sacrées, à la défense de tout ce qui vaut de vivre : défense des libertés, de l’égalité humaine, des races et des classes opprimées, défense des droits imprescriptibles et constamment violés de l’humanité. Toutes les tâches les plus lourdes et les plus effectives, Jourdain les a prises sur lui. Jamais il n’a fléchi sur la route dure qui ne semble avoir de fin ».

ŒUVRE : Les dents sans couteau : lettres de Moscou à mes cousins Pierre et Paul, Secours Ouvrier International, 1928, 31 p. — Ingres, Éditions Braun, 1930, 60 p. — Madagascar, l’île du bonheur (en collaboration avec Robert Foissin), Bureau d’Éditions, collection Les dossiers de la colonisation, 1933, 43 p. — Faut-il donner des colonies à Hitler, Bureau d’Éditions, collection Stratégie et tactique de la lutte contre la guerre et le fascisme, 1936, 15 p. — Chardin, Éditions Braun, [1940], 60 p.— Luc et quelques autres, La Bibliothèque française, 1946, 224 p. — Pierre Bonnard et les vertus de la liberté, Éditions Skira, 1946, 8 p.— Lautrec, Éditions Marguerat, 1948, 31 p. — Utrillo, Éditions Braun, 1949, 33 p. — Né en 76, Éditions du Pavillon, 1951, 295 p. — Toulouse-Lautrec, Éditions Pierre Tisné, 1952, 95 p. — Sans remords ni rancune, Éditions Corrêa, 1953, 317 p. — L’Impressionnisme, Éditions Braun, 1953, 60 p. — Jours d’alarme, Éditions Corrêa, 1954, 253 p. — Toulouse – Lautrec, Éditions Braun, 1954, 60 p. — Un grand imagier : Alexandre Steinlen, Édition Cercle d’Art, 1954, 143 p. — Amour de Paris, Editions Au vent d’Arles, 1955, 65 p. — Marquet, Editions Cercle d’Art, 1959, 218 p. — De mon temps, Éditions François Maspero, 1963, 177 p.

SOURCES : Fonds Francis Jourdain, Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis (notamment archives sur les commandes et importante correspondance échangée avec Élie Faure). — Arlette Barré-Despond (avec la collaboration de Suzanne Tise), Jourdain : Frantz 1847-1935, Francis 1876-1958, Frantz-Philippe 1906, Éditions du Regard, 1988, 412 p. — Emmanuel Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays par un groupe d’écrivains spécialistes français et étrangers, tome 5, Gründ, 1999, 958 p. — Notice par Jean Maitron dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, t. 32. — Site internet : http://francisjourdain.com (voir notamment le texte d’Axelle Brodiez sur les engagements de l’artiste).

Anysia L’Hôtellier

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