HARDING Jeanne

Par Pierre Petremann

Professeure ; militante syndicaliste du SNES et de la FEN à Paris.

Surveillante d’externat au lycée Paul Bert (Paris) puis au lycée de Saint-Germain-en-Laye de 1952 à 1956, adjointe d’enseignement en 1957, Jeanne Harding devint professeure certifiée en 1964 au collège de jeunes filles « Maraîchers » à Épernay (Marne) puis au lycée Maurice Ravel de Paris.

Adhérente puis rapidement militante du SNES, Jeanne Harding fut candidate à la commission administrative nationale pour la première fois en 1952 dans la catégorie des maîtres d’internat-surveillants d’externat sur la liste A (autonome) mais ne fut pas élue. Elle le fut en 1953, mais pas comme secrétaire de catégorie, responsabilité qui revint à B. Drouadaine, militant de la tendance B (« cégétiste »), ce qui permettait d’empêcher les militants de la liste B élus secrétaires de catégories des MI-SE et des ENS de contrôler sans partage le suivi des catégories jeunes. Elle entra pourtant en 1953 au bureau national au sein duquel elle exerça la charge de « responsable nationale des jeunes ». À ce titre, elle participa aux négociations de mars 1954 sur le nouveau statut des adjoints d’enseignement (dont le secrétariat de catégorie était détenu par Marcel Bonin, lui aussi militant de la liste B) qui devaient définir un barème pour l’accès à ce corps. Elle revendiquait, avec les responsables de la catégorie des MI-SE, la prise en compte dans ce barème des années d’exercice pour les non-titulaires et en particulier pour les MI-SE qui exerçaient des fonctions d’enseignement et qui étaient nombreux dans l’académie de Paris.

Militante autonome déterminée, Jeanne Harding s’opposa lors des élections à la CA nationale de 1954 à la mise en place d’une liste unique des MI-SE conduite par un militant du courant B et fut élue secrétaire de catégorie. Elle fut à nouveau élue membre de la CA nationale en 1955 et 1956 mais ne figura plus comme candidate de catégorie. Elle siégea en même temps à la commission administrative nationale de la FEN de 1954 à 1957 et fut une animatrice de la commission de la jeunesse et de sa sous-commission des surveillants qui réunissait les personnels du SNES, du Syndicat national de l’enseignement technique et du Syndicat national de l’enseignement technique-apprentissage. À ce titre elle participa à la réédition du vade-mecum du surveillant de la FEN en 1953 et 1954 et écrivit de nombreux articles dans le bulletin fédéral La Jeunesse syndicaliste.

Devenue adjointe d’enseignement en 1957, elle fut candidate en 1958 pour la liste A mais non élue ; en revanche elle devint, la même année, commissaire paritaire nationale de la catégorie AE-Professeurs adjoints.

Lors des élections de la CA nationale du SNES en 1960, Jeanne Harding rejoignit la liste initiée, dans la section académique (S3) de Paris, par Paul Ruff, composée de militants qui avaient quitté la liste A et reprochaient à la majorité nationale son manque d’indépendance dans la majorité fédérale par rapport au Syndicat national des instituteurs, son manque d’efficacité et de respect de la démocratie à l’intérieur du SNES. Elle fut élue sans interruption de 1960 à 1966 à la CA nationale au titre de la liste D et siégea au bureau national. Elle critiqua vivement le manque de combativité de la direction du SNES (Dhombres-Chéramy) au moment de la grève administrative de 1965, vota contre son rapport d’activité et en faveur de la poursuite du mouvement au congrès national.

En mai 1967, dans l’impossibilité de constituer une liste complète comme l’exigeait le règlement électoral, Paul Ruff annonça qu’il n’y aurait pas de liste D aux élections internes ; il en rendait responsables les courants A et B et de ce fait ne donna aucune consigne de vote. Fidèle à ses engagements, Jeanne Harding ne fut pas candidate et abandonna toute activité syndicale dans le SNES.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article88055, notice HARDING Jeanne par Pierre Petremann, version mise en ligne le 15 mai 2010, dernière modification le 31 décembre 2018.

Par Pierre Petremann

SOURCES : Arch. de l’IRHSES (SNES, S3 de Paris, L’Université Syndicaliste, La Jeunesse syndicaliste). – Note de Laurent Frajerman.

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