VISSE Roger

Par Annie Pennetier

Né le 15 septembre 1921 à Paris (VIe arr.), mort le 16 décembre 2002 à Valenton (Val-de-Marne) ; ajusteur ; résistant et militant syndicaliste de Valenton.

Roger Visse
Roger Visse
Cliché fourni par sa femme, Lucienne Visse

Roger Visse, fils d’un cheminot syndicaliste CGT de Villeneuve Triage, Alfred Visse, et d’une ménagère, habitait avec sa famille (père divorcé et belle-mère) dans un pavillon route de Valenton [actuelle rue de la Division Leclerc], et fréquentait avec Marcel Bordereau l’école communale Anatole France de Villeneuve-Saint-Georges plus proche que celle de Valenton. Après des études professionnelles à Paris, il se fit embaucher comme ajusteur en septembre 1939, chez Alkan, usine aéronautique située à Valenton, sur le plateau.

Le 10 juin 1940, l’armée allemande entrant dans Paris, l’usine reçut l’ordre de repli à Vitré (Ille-et-Vilaine) que Roger Visse rejoignit à vélo sur ordre de mission, mais l’usine étant fermée, il fut arrêté sur le retour, le 22 juin vers Armentière-sur-Avre (Eure). Prisonnier, il fut envoyé à Verneuil-sur-Avre d’où il réussit à s’évader et à gagner Valenton. Alkan étant fermé pendant l’hiver rigoureux 1940-1941, il travailla à la réparation des lignes électriques à Villeneuve-Saint-Georges. En 1942, ouvrier à l’atelier de montage des lance-bombes destinés à l’aviation allemande, saboteur de matériel dans son service, il refusa d’être enrôlé dans le STO en se rendant malade avec succès, puis à nouveau convoqué, il devint réfractaire. En mars 1943 le groupe FTP Alsace-Lorraine le recruta. Il participa à des réceptions de parachutage de matériel et à des déraillements de trains, dont un spectaculaire en mai 1943 à Maintenon dans l’Eure. Sergent FTP, il dirigeait un groupe de combat qui eut à son actif le plasticage de son entreprise Alkan dans la nuit du 30 au 31 juillet 1943. Un temps isolé en raison de l’arrestation des dirigeants de son réseau : le lieutenant Maurice Carlino et le sous-lieutenant Jean Guyonnet (son beau-frère, à l’origine du groupe FTP Alsace-Lorraine), il reprit le contact avec le groupe France héroïque et poursuivit son action (distributions de tracts et sabotages de trains) jusqu’à la Libération. Il fut décoré de la Croix du combattant et du combattant volontaire de la Résistance.

Il se maria le 22 décembre 1945 à Valenton avec Lucienne Soulas, originaire du Loiret et vendeuse au Prisunic de Villeneuve-Saint-Georges.

À la Libération, Roger Visse reprit son travail chez Alkan et vécut dans le pavillon de sa famille, rue de la Division Leclerc. Il adhéra un temps très court au Parti communiste dans les années 1970, mais se disait plus à gauche. Il était essentiellement syndicaliste CGT, en concurrence vive avec un syndicat FO.

En arrêt de maladie, il fut mis à la retraite en 1982. Décédé en 2002, il avait fait don de son corps à la médecine.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87915, notice VISSE Roger par Annie Pennetier, version mise en ligne le 5 mai 2010, dernière modification le 13 mai 2016.

Par Annie Pennetier

Roger Visse
Roger Visse
Cliché fourni par sa femme, Lucienne Visse

SOURCES : Témoignage de sa femme et de Marcel Bordereau. — AREV, Valenton des origines à nos jours, op. cit.. — Jean-Marie Castel, Raymond Juret, Les Villeneuvois et les villeneuvoises sous l’Occupation, Montgeron, Desbouis Grésil, 1991.

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