SPEYSER Robert, Jean

Par Patrick Gaillard

Né le 7 février 1905 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), mort le 17 février 1991 à Pompey (Meurthe-et-Moselle) ; cadre supérieur ; président du Syndicat du personnel d’inspection et de direction (SPID) puis du Syndicat des personnels maîtrise et cadres des chemins de fer (SPMC) de 1945 à 1949 ; président du Syndicat du personnel supérieur des chemins de fer (SPS) de 1957 à 1962.

Fils de François Ernest Speyser, fabricant de moutarde à Nancy (Meurthe-et-Moselle) et de Jeanne Aimée Pratt, Robert Speyser couronna ses études par un baccalauréat. Le 12 février 1923, il intégra le service Exploitation de la Compagnie de l’Est à Nancy. En 1930, après réussite au concours de contrôleur technique, il rejoignit le poste de commandement (PC) à Paris-Est avant d’être nommé à Belfort (Territoire-de-Belfort) en 1931. S’acquittant brillamment du concours d’inspecteur en 1932, il fut nommé à Châlons-sur-Marne (Marne) en 1934, et accéda au grade d’inspecteur divisionnaire en 1935. Il adhéra au Syndicat du personnel d’inspection et de direction (SPID) pratiquement dès sa création en 1937. En 1939, il fut affecté à la gare régulatrice de communication de Vesoul (Haute-Saône) en qualité d’adjoint technique au colonel régulateur militaire puis, au printemps 1940, nommé à la division des études à Paris. Après un repli de quelques mois au Puy (Haute-Loire), il prit la direction du poste de commandement de Noisy-le-Sec (Seine).
Durant l’Occupation, Robert Speyser représenta le SPID au sein de la commission provisoire d’organisation prévue par la loi du 24 février 1943 instituant la Charte des cheminots, tout en servant la Résistance. Il présida la commission occulte de résistance du SPID et assura ainsi la liaison du syndicat avec des responsables de la Résistance ferroviaire sous le pseudonyme de Saget ; il assura parallèlement la responsabilité du réseau Est pour le SPID et fut inquiété par la Gestapo. De cette période datait une estime réciproque entre Robert Speyser et Paul-Jean Cathala de la CGT, en dépit de leur opposition syndicale.
En juillet 1945, Robert Speyser fut nommé inspecteur principal adjoint à l’arrondissement de Paris-Est, cette année marquant le début d’une période d’intense activité syndicale durant laquelle il participa à la fondation de la Confédération générale des cadres (CGC), dont il sera le vice-président pendant douze ans, et à la création, en juin 1948, de la Fédération des cadres des transports, dont il se verra confier la présidence. Ayant accédé au statut de fonctionnaire supérieur en 1949, Robert Speyser se vit contraint d’abandonner la présidence du SPID pour rejoindre le Syndicat du personnel supérieur des chemins de fer (SPS) dont il assura la présidence de 1957 à 1962. En 1961, fut nommé chevalier de la Légion d’honneur par décret du ministre des Travaux publics et des transports et termina sa carrière professionnelle le 3 juin 1962, au grade d’ingénieur.
Il poursuivit néanmoins son action syndicale en contribuant à la fondation de la Fédération internationale des cadres du transport en 1962, organisme dont il occupa la présidence.
Au titre de son engagement confédéral, Robert Speyser représenta la CGC dans de nombreux organismes économiques ou sociaux, nationaux et internationaux, notamment : la commission des transports du Plan (pour les 2, 3 et 4e Plans) de 1954 à 1965, le premier Plan ayant été mis en œuvre sous l’impulsion de Jean Monnet ; le Comité national de liaison et d’action des classes moyennes, créé en 1947 à l’initiative de Roger Millot (CGC) qui en fut le président ; le Centre d’études littéraires supérieures appliquées, d’où de nombreuses conférences à la Sorbonne ; le conseil d’administration du Conservatoire national des Arts et métiers ; l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) et le Comité international de l’organisation scientifique.
Robert Speyser représenta également la CGC dans de nombreuses missions à travers les différents continents. Parallèlement, il œuvra pour la décentralisation de l’action syndicale de la CGC en unions régionales. C’est ainsi qu’en 1968, il contribua à structurer l’Union régionale parisienne en huit unions départementales, assurant pour sa part la présidence de l’Union départementale de Seine-Saint-Denis qu’il divisera en unions locales.
Robert Speyser s’était marié le 8 mars 1928 à Nancy avec Marie-Louise Spack.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article8781, notice SPEYSER Robert, Jean par Patrick Gaillard, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 17 janvier 2012.

Par Patrick Gaillard

SOURCES : Arch. Féd. nationale des personnels d’encadrement des chemins de fer et des activités connexes. — Georges Ribeill, « Autour des grèves de 1947, les scissions de l’après-guerre au sein de la Fédération CGT (CAS, FO, FAC, FgMC) », Revue d’histoire des chemins de fer, n° 3, Mouvement social et syndicalisme cheminot, automne 1990, p. 95-113. — État civil.

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