IZAUTE André, Yvon. Pseudonyme à l’ELI : LERAY Jean

Par Claude Pennetier

Né le 16 décembre 1906 à Soulac-sur-Mer (Gironde), mort le 28 août 1990 au Bouscat (Gironde) ; ouvrier chaudronnier, professeur technique adjoint ; élève de l’École léniniste internationale 1930-1931 ; militant communiste de la Gironde ; secrétaire de la XIIIe Union régionale CGTU ; secrétaire de l’UD-CGT de Gironde en 1945-1953.

Fils d’un boulanger et d’un cuisinière, André Izaute, ouvrier chaudronnier, adhéra à la CGTU en mai 1928 et deviint très vite le secrétaire du syndicat CGTU des Métaux de la région bordelaise. Il était membre du Parti communiste depuis juillet 1928. Trésorier de la cellule communiste de Chartrons (où militait son demi-frère Abel Peybrune), il fut élu au comité régional communiste lors de la conférence régionale des 15 et 16 février 1930.

Le secrétariat du Parti expliquait avant son départ à l’école de Moscou, qu’il avait été élève de l’école centrale d’Agit-prop en mars 1930 et de l’école interrégionale d’Alès en juin de la même année. Après la première école, il avait été caractérisé de la manière suivante « très jeune encore et inexpérimenté. Très intelligent, surtout propagandiste, comprend bien et écrit bien. Un peu abstrait. Élément surveiller et à former. ». À la suite de la deuxième école, il était noté « actif et dévoué. Écrit bien. Encore jeune à développer. Très grandes possibilités. »

La direction du Parti communiste le désigna pour suivre à Moscou, les cours de l’École léniniste internationale. Il séjourna en URSS de septembre 1930 à mai 1931. Après trois contingents de trois ans, c’était le premier contingent d’un an, comprenant sept militants : Cyprien Quinet, Izaute, Gabriel Roucaute, Étienne Gundram, Aubit en fait Georges Obis, Édouard Meyer, Lucienne Lesaint.

À son retour, Izaute habita 4, passage de l’Industrie dans le Xe arr. de Paris et travailla à la rédaction de l’Humanité. Il s’occupait de la rubrique " divers " qui traitait de différents aspects de la vie sociale, en particulier des problèmes des locataires. En février 1932, il dirigeait, avec Robert Alloyer (qui l’avait précédé de 4 ans à l’ELI), Dupuis et Soupé, l’école communiste par correspondance, avec l’aide d’un secrétariat de cinq membres et de vingt correcteurs.

Le Parti communiste présenta André Izaute aux élections municipales du 5 mai 1929 à Bordeaux, aux élections du conseil général en novembre 1931 (donc pendant son séjour à Moscou) dans le canton de Carbon-Blanc où il obtint 251 voix, aux élections législatives de mai 1932 en Savoie et aux élections législatives d’avril 1936 en Gironde (sous le nom d’Izaute, dit Leray, ce qui intrigue car ce serait le seul cas où un nom de l’ELI ait été conservé ensuite comme pseudonyme).

Il devint secrétaire de la XIIIe UR CGTU en 1935, après le départ d’Octave Rabaté en Espagne pour le compte du Komintern. Après la réunification syndicale, il fut le seul unitaire au bureau de la nouvelle UD qui comprenait six ex-confédérés. Au comité général de l’UD d’octobre 1937, tous les ex-unitaires furent éliminés de la direction. Izaute dit Leray fit appel, en vain, à l’arbitrage du bureau confédéral.

André Izaute se maria le 30 mai 1936 à Bordeaux avec Claudine Basile, apprentie couturière aux Chartrons, qui travaillait en 1935 chez Larue, une grande maison de couture bordelaise de trois cents salariés. Elle tenta, sans succès, de créer un syndicat de l’habillement. L’année suivante, elle fut embauchée chez Chapeyrou et participa aux grèves. Elle créa alors un syndicat CGT de la haute-couture.

Lors du pacte germano-soviétique, André Izaute fut mis en demeure de désavouer la politique du PCF et de la IIIe Internationale ; il refusa suivi par la quasi-totalité des métallurgistes. Le syndicat des métaux fut dissous et chassé de la bourse du travail.

On perd sa trace pendant la drôle de guerre. Il fut un des premiers à aider Charles Tillon à Bordeaux, au début de la guerre. Celui-ci écrit dans On chantait rouge : “ Dès les premiers jours de juillet [1940], j‘avais convoqué les camarades sur qui reposait l’organisation clandestine pour les consulter et pour agir en liaison avec l’ex. secrétaire de l’Union des syndicats unitaires Leray qui hélas sera interné. ” Son arrestation date du 22 novembre 1940. Il fut interné au centre de séjour surveillé de Bataclan puis de Mérignac. Il profita d’une permission pour ne pas réintégrer le centre et rejoindre la région parisienne. Il ne prit contact avec la résistance qu’un an plus tard ce qui lui sera souvent reproché note Guy Joubert. Il participa à la Libération de Paris et remplaça son ami bordelais André Vrigneaud, déporté, au secrétariat de la fédération CGT des métaux pendant trois mois. Il retourna alors à Bordeaux, siégea un temps au Comité local de Libération et fit partie du trio qui réorganisa l’UD avec Pinsolle (socialiste) et Juyon (socialiste).

Secrétaire de l’Union départementale CGT de Gironde, il siégea au bureau de la Fédération communiste de Gironde de 1945 à 1953. Son nom disparut du bureau et du comité fédéral en 1954. Il lui était reproché de ne pas être rentré immédiatement de vacances quant éclatèrent à Bordeaux, et s’étendirent, les grandes grèves de l’été 1953. Raymond Gleyal lui succéda au secrétariat de l’UD.

Contraint à la reconversion professionnelle comme relieur dans un centre d’anciens combattants, il entra comme PTA (professeur technique adjoint) dans l’éducation nationale et adhéra au syndicat de l’enseignement technique mais n’exerça plus de responsabilités syndicales et politiques.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87684, notice IZAUTE André, Yvon. Pseudonyme à l'ELI : LERAY Jean par Claude Pennetier, version mise en ligne le 23 avril 2010, dernière modification le 6 septembre 2017.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 8621. — Arch. Nat. F7/12989, F7/13034, F7/13116, F7/13121, F7/13125. — Arch. PPo. Ba/1 715, janvier 1935. — Arch. comité national du PCF. — BMP (Arch. Dép. 93), bobine 453. — Bulletin officiel de l’UD CGT, 1935-1939. — Danielle Tartakowsky, Écoles et éditions communistes, 1921-1933, thèse, op. cit. — Carnet d’Auguste Lecœur (Arch. Robrieux), 1953. — Charles Tillon, On chantait rouge, Robert Laffont, 1977. — Bulletin de l’Institut CGT d’histoire sociale, région Aquitaine. — Le Métallo, journal de la FTM. — René Terrisse, Bordeaux 1940-1944, Perrin, 1998. — Notice du DBMOF par Jean Maitron et Claude Pennetier. — Notes de Jean-Pierre Besse, de Jacques Girault et de Guy Joubert de l’Institut CGT d’histoire sociale Aquitaine..

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