BASLY Émile, Joseph

Par Justinien Raymond

Né le 29 mars 1854 à Valenciennes (Nord), mort le 11 février 1928 à Lens (Pas-de-Calais) ; ouvrier mineur ; syndicaliste et militant socialiste ; député de la Seine (1885-1889) puis du Pas-de-Calais (1891-1928), maire de Lens (1900-1928), conseiller général.

Émile Basly
Émile Basly

Basly était fils d’un ouvrier tonnelier et d’une hercheuse des mines d’Anzin. Orphelin à dix ans, placé chez un peintre par l’hospice qui l’avait recueilli, il fut, à onze ans, employé comme galibot au puits Villars, à Denain (Nord), puis mineur de fond durant dix-huit ans. Pendant les courts loisirs que lui laissaient de dures journées de travail (neuf à dix heures effectives, selon la conjoncture), il compléta une instruction élémentaire modeste. Il fut congédié une première fois en 1880 pour participation active à une grève de trois semaines. Tardivement, un syndicalisme ouvrier naissait alors dans le bassin, sous l’influence des syndicats de mineurs de la Loire. L’éveil fut donné dans les centres urbains par les ouvriers des plus puissantes compagnies minières. À Anzin, Basly joua un rôle déterminant dans cet effort d’organisation qui avait réussi, en décembre 1883, à rassembler la moitié environ des treize mille ouvriers de la compagnie. En avril, ayant dû quitter la mine, il se fit quelque temps cabaretier pour vivre, puis devint secrétaire général du syndicat qu’il représenta dans l’année au congrès des mineurs à Saint-Étienne.

À peine né, ce syndicat soutint une dure épreuve de force qui devait mettre en relief la figure de Basly. Les vingt-six compagnies du Nord et du Pas-de-Calais étaient alors groupées dans le Comité des Houillères progressivement constitué pendant plus de dix ans. Mais cet organisme de liaison agissait surtout comme un groupe de pression sur les pouvoirs publics pour obtenir l’amélioration des voies navigables et notamment la construction d’un canal du Nord entre Douai et Paris. Il n’était nullement un groupement patronal fortement constitué et laissait à chaque compagnie sa liberté d’action. Il subsistait même entre elles une certaine rivalité sur le marché de la main-d’œuvre. De leur côté, les ouvriers mineurs, dans leurs efforts d’amélioration des salaires et des conditions de travail, témoignaient d’une modération qui contrastait avec la combativité des travailleurs du textile. Les conflits pouvaient donc rester très localisés. Ce sont précisément les menaces pesant sur leurs conditions de travail et la suppression de 330 postes d’enfants et de travailleurs de fond qui poussèrent les mineurs d’Anzin à une grève qui dura du 21 février au 17 avril 1884. Le préfet du Nord, Jules Cambon, ne put obtenir de substantielles concessions de la compagnie, décidée, semble-t-il, à briser le mouvement ouvrier naissant. La dépression dans laquelle on entrait lui rendait la conjoncture favorable : elle pouvait, les commandes se raréfiant depuis quelques mois, supporter un ralentissement de la production. Les ouvriers bénéficiaient, eux, de l’appui des petits commerçants irrités par la sévère concurrence que leur faisait la coopérative d’alimentation ouverte par la compagnie. Néanmoins, la grève échoua, provoquant, dans tout le bassin, comme à Anzin, la désagrégation des syndicats, à l’heure où la loi de mars 1884 proclamait la liberté syndicale. Le profond retentissement de ce conflit dont l’écho, capté par Zola, revit dans Germinal, popularisa le nom de Basly et lui ouvrit une longue carrière politique.

En 1883, il avait été élu conseiller municipal de Denain et réélu en 1884. Il était secrétaire du comité du journal Le Progrès républicain. Mais ce n’est pas dans le Nord que Basly connut son premier grand succès. Aux élections de 1885, dans la Seine, deux listes de tendance socialiste et radicale, celles de Rochefort et de Maujan, se l’adjoignirent comme un drapeau propre à leur assurer une audience populaire. Basly l’avait conquise par son action syndicale, par sa déposition devant la commission parlementaire d’enquête sur la grève de 1884 et par sa participation à plusieurs réunions publiques dans Paris. Trente-huit sièges étaient à pourvoir. Sur 564 338 inscrits et 433 990 votants au premier tour, Basly se classa vingt-neuvième avec 131 640 suffrages. Porté sur la liste de concentration républicaine, il fut élu trente-septième sur trente-huit, au second tour, le 18 octobre, par 267 376 voix. Moins heureux dans le Nord où il avait posé simultanément sa candidature, il ne recueillit que 7 526 voix sur plus de 290 000 votants.

Basly siégea au groupe socialiste jusqu’à la fin de la législature, le 14 octobre 1889. Il habitait alors, 152, rue Mouffetard, Ve arr., et deux fois veuf, venait d’épouser la fille d’un sabotier. Son origine et les conditions de son élection en firent le porte-parole de son groupe sur les questions du travail et son représentant auprès des ouvriers en grève. En 1886, il alla encourager les mineurs de Decazeville et soutint leur cause à la tribune de la Chambre le 11 février. Le 18 octobre, il interpella à nouveau le gouvernement, critiquant l’attitude des forces d’ordre, pendant les grèves des ouvriers de la Société française de matériel agricole et industriel de Vierzon. En juillet 1888, au cours des débats sur le travail dans les mines et sur le travail des femmes dans l’industrie, il proposa d’abaisser à huit heures la durée légale de la journée de travail. Mais il ne limita pas son action parlementaire à un combat étroitement corporatif. Il s’affirma au cours de quelques grands débats politiques. Le 27 mai 1886, face au projet d’expulsion des princes, il déposa une proposition de loi tendant à confisquer les biens de la famille d’Orléans, et, les 10 et 11 juin, se prononça, au nom de la liberté, contre le bannissement. Le 14 mars 1889, il se refusa à autoriser les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des Patriotes, et, le 4 avril, s’abstint sur un projet semblable visant Boulanger lui-même. Il ne devait pas recueillir les fruits de cette mansuétude. Aux élections générales de 1889, au scrutin uninominal qu’il avait repoussé le 11 février, il fut battu au second tour, dans la deuxième circonscription du XIIIe arr. de Paris, avec 5 774 voix contre 5 806 au candidat révisionniste Paulin Méry. Il ne fut pas plus heureux le 16 février 1890 ; son rival, invalidé, triompha à nouveau.

Basly rentra au Parlement le 22 février 1891 à la faveur d’une élection partielle dans la circonscription de Béthune-Lens-Carvin (Pas-de-Calais) où, seul candidat, il fut élu par 14 600 voix. Toujours réélu, il mourra député. Ce premier succès coïncidait avec une renaissance du syndicalisme ouvrier. Dès janvier 1890, la moitié des trente mille mineurs du Pas-de-Calais adhérait au syndicat dont le rôle avait grandi à l’abri de la loi de 1884 passée dans les mœurs, et à la faveur d’une grève presque générale dans les deux bassins en 1889. Survenue en période de prospérité, elle apporta dix pour cent d’augmentation du salaire moyen, suivie d’une augmentation semblable en 1890. L’appui du syndicat des mineurs dont Basly devint et demeura le président, fut décisif pour le succès d’un candidat « étranger » à la circonscription par la géographie, mais « frère » par son extraction sociale.

Au cours d’une longue carrière parlementaire, l’activité propre de Basly s’exerça surtout avant la Première Guerre mondiale, quand s’ébauchait la législation sociale, et même avant l’unité qui orienta le socialisme sur des voies qui n’étaient plus tout à fait les siennes. Son œuvre législative intéresse la vie ouvrière et celle des mineurs en particulier. Le 23 mars 1900, il réussit à faire adopter par la Chambre des députés le principe de la journée de huit heures dans les mines qu’il avait défendu en vain le 27 avril 1891 et le 30 novembre 1893. Il multiplia propositions et interventions tendant à reporter sur l’exploitant la charge des caisses de secours et de retraites des ouvriers mineurs (21 décembre 1895, 31 octobre 1896, 6-10 mars 1899, 23 mars 1900). Il fit entériner par la Chambre, le 2 décembre 1898, la création des prud’hommes des mineurs.

Si l’action parlementaire de Basly subit désormais une éclipse, c’est aussi qu’elle ne l’absorbait plus exclusivement. Maire de Lens de mai 1900 à sa mort, conseiller général du Pas-de-Calais (pour le canton de Lens-Est) depuis 1901, toujours réélu et porté à la vice-présidence en 1924, il fut, comme beaucoup d’élus locaux, victime de l’occupation allemande et déporté en Allemagne. Au lendemain de la guerre, la tâche de reconstruction locale le retint essentiellement. De la petite et vieille ville de Lens qu’il prit en charge en 1900 et qu’il avait modernisée par une œuvre d’hygiène, de constructions municipales et scolaires, il ne restait plus qu’un monceau de ruines. Il consacra à sa renaissance les dix dernières années de sa vie.

Malgré la multiplicité de ses mandats politiques, Basly n’abandonna pas l’action ouvrière. Mais il s’efforça systématiquement de l’infléchir sur des voies réformistes, alors que la situation locale tendait plutôt à attiser les conflits. Face au syndicalisme ouvrier renaissant, le syndicalisme patronal, au lendemain de sa défaite de 1889, s’était réorganisé dans une Union des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais, véritable ligue de résistance aux grèves. Le syndicat des mineurs adapta sa tactique à la stratégie patronale en s’efforçant de transformer toute grève partielle en grève générale. Ainsi, il décida, en fin d’année 1891, d’étendre aux deux bassins une grève qui s’essoufflait à Marles.

Basly s’y opposa mais, par référendum, les ouvriers mineurs suivirent le syndicat et, du 16 novembre au 1er décembre 1891, à l’exception de ceux d’Anzin, luttèrent avec fermeté et discipline. Ils n’obtinrent aucune nouvelle augmentation de salaires, mais un succès tangible pour leur organisation syndicale dont ils firent reconnaître le caractère représentatif. Sous la pression des pouvoirs publics inquiets, le patronat signa une convention avec les délégués ouvriers qu’il avait dû rencontrer à Arras. Sur l’interprétation de cette convention, éclata, en 1893, une nouvelle grande grève qui échoua et déclencha une forte répression. Si Basly aida à la reconstitution des syndicats décimés, son effacement pendant le combat fut trop évident pour ne pas être volontaire et désapprobateur. Lorsque se constitua la CGT, il resta en dehors avec la Fédération nationale des Mineurs à laquelle adhérait son syndicat du Pas-de-Calais. Il lutta ardemment contre l’organisation rivale née en 1903, adhérente de la CGT et dont l’âme, à Lens, était Broutchoux. Au début de 1906, la lutte fut très vive entre le « vieux » et le « jeune » syndicat. Ce dernier s’efforçant d’entraîner d’autres corporations dans une grève générale et s’étant livré à quelques violences, Basly dénonça par affiche les « bandes d’énergumènes » qui « ont tenté d’envahir l’Hôtel de Ville ». « Professionnels de l’anarchie, proclamait-il, ils ont tout à gagner au désordre, à la violence, à l’émeute. Ils n’ont pas un mot de blâme à l’adresse des compagnies minières. Ce qu’ils veulent, c’est abattre nos militants et détruire l’organisation du vieux syndicat... » (L’Humanité, 22 mars 1906). Et il terminait par un appel au calme. Après la catastrophe de Courrières, Basly interpella le gouvernement (3 avril 1906), dénonça le « système d’économies à outrance » (L’Humanité, 4 avril 1906) des compagnies et le mépris dans lequel elles tenaient les délégués mineurs. Mais il s’efforça d’obtenir des secours pour les victimes et d’apaiser la colère qui grondait dans les corons.

En 1908, quand se posa le problème de l’entrée de la Fédération nationale des Mineurs dans la CGT, Basly apparut un moment comme le dernier obstacle à l’unité ; il le leva en déclarant dans Le Réveil du Nord (14 juin 1908) n’être pas l’auteur, comme on le supposait, d’un article injurieux pour la CGT. Au début d’août 1908, avec les soixante mille mineurs de la Fédération nationale, il rejoignit la centrale ouvrière, sans renoncer à ses conceptions. « Si le devoir des mineurs était de s’unir au prolétariat des autres corporations pour flétrir le régime de répression que le Bas-Empire n’eût pas désavoué, écrivit-il dans La Voix des Mineurs, ils entrent à la Confédération avec la volonté de défendre leur méthode et de ne pas se laisser entraîner à des aventures qui ont pour effet de retarder l’émancipation de la classe ouvrière ». Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Basly joua, une fois encore, le rôle de frein, s’attachant, au printemps de 1920, à calmer les impatiences et à modérer les espoirs nés des misères de la guerre et des lueurs de la Révolution.

De toute évidence, le député Basly n’avait plus la même conception de l’action que l’ouvrier mineur d’Anzin, comme le militant socialiste ne rappelait que de loin le guesdiste qu’il avait été. C’est en effet dans les rangs du POF dont le Nord était la place forte que Basly rejoignit le mouvement socialiste. S’il ne fut pas à proprement parler son candidat en 1885, il lui appartenait toujours et le POF le regardait comme son élu. Le Cri du Peuple, son organe, le surlendemain de son interpellation à propos de la grève de Decazeville, applaudit le « courageux député ouvrier » dont l’intervention faisait alors reculer Jaurès (13 février 1886). En 1889, étant encore député, Basly siégea à la commission d’organisation du congrès socialiste international. En 1891, il rentra à la Chambre, sans être candidat du POF, mais sans être combattu par lui puisqu’il était seul candidat. En 1893, Le Socialiste, organe du Parti, ne le compta pas parmi ses élus. Mais il n’avait pas encore dressé face aux groupes guesdistes une organisation rivale : il ne les combattait pas ouvertement et n’était pas ouvertement combattu par eux, malgré une rupture idéologique et tactique évidente. Le tempérament de Basly, sa conception toute pragmatique de l’action, comme son intérêt politique immédiat, s’accomodaient aisément de cette situation ambiguë. Elle se prolongea à la faveur des rapprochements entre courants socialistes opérés sur le plan national par l’Affaire Dreyfus. Elle cessa à l’heure des déchirements. Après le congrès général des organisations socialistes à la salle Wagram qu’avaient quitté les guesdistes (fin septembre 1900), les socialistes indépendants décidèrent de dresser dans les départements du Nord une organisation rivale du POF qui y régnait sans partage. Circonvenu par Briand, Basly rencontra Jaurès, accepta de sortir de sa réserve et de donner à l’organisation d’une fédération autonome l’appui de son autorité dans le pays noir en y accompagnant les deux leaders du socialisme indépendant et en entrant au bureau de l’organisation socialiste nouvelle. Jusqu’à l’unité de 1905, la lutte fut vive entre les socialistes de la tendance de Basly et les guesdistes. Quand l’unité déplaça l’axe du parti vers ces derniers, Basly, sans rien changer à son attitude, y adhéra en s’inscrivant le 30 juin 1905 au groupe parlementaire de la SFIO constitué depuis le 19 mai. Après la scission du congrès de Tours en 1920 (auquel il n’assista pas), il demeura, avec la minorité de sa fédération, dans la SFIO. Il faisait figure de témoin d’une époque révolue plus que d’un animateur politique.

Ses professions de foi, avant comme après l’unité de 1905, rendent toutes le même son et éclairent son comportement. À un fond de ferme républicanisme, elles ajoutent un décor d’aspirations sociales où paraît le souci d’écarter tout dogmatisme. Elles constituent des modèles de profession de foi social-démocrate et réformiste. « Mes votes et ma conduite ont toujours été dictés par le souci du mieux-être de la classe productrice, toujours spoliée, toujours exploitée », proclamait-il en 1902. En 1906, il affirmait « la nécessité du développement de la propriété sociale ». En 1914, après avoir rappelé les améliorations obtenues « soit par le vote de lois de protection du travail, soit par des contrats garantissant le salaire et assurant une tranquille vieillesse aux ouvriers », il se fixait pour tâche de « poursuivre l’émancipation du travail jusqu’au jour où l’ouvrier se trouvera en possession de son outil, où il ne subira plus l’antagonisme affreux des classes ». « Quant aux moyens, pensait-il, la classe ouvrière les trouvera dans son organisation rationnelle, dans la complète connaissance de ses devoirs comme de ses droits, dans l’étude indispensable qu’elle doit faire des problèmes économiques qui passionnent notre vingtième siècle... » (cf. Arch. Ass. Nat.).

Ainsi, Basly était toujours en deçà des formules vigoureuses par lesquelles le parti socialiste exprimait sa doctrine, formulait ses revendications immédiates et fixait sa tactique. Contrairement à la littérature socialiste de son temps qui en était prodigue, il semble avoir écarté systématiquement le mot de révolution. Avec quelle vigueur en regard s’exprimaient ses convictions républicaines ! Il écrivait en 1902 : « Je ne suis pas un partisan de la politique du tout ou rien... Je suis un républicain sincère et convaincu, inébranlablement attaché à la forme démocratique de l’État ». Il justifiait le soutien apporté au ministère Waldeck-Rousseau par le souci de réformes qui « pouvaient améliorer [...] la situation de la classe ouvrière » et par la volonté de résister aux « assauts terribles des forces coalisées du nationalisme, du cléricalisme et de la réaction ». Fidèle à cette ligne de conduite, il se refusait en 1910 « à séparer [son] parti de la République qui a eu le mérite de supprimer l’enseignement congréganiste, de séparer l’État de l’Église, de réduire le service militaire, de voter les lois d’assistance et d’hygiène, de protéger le travailleur blessé... »

Basly témoignait de la plus grande circonspection sur les problèmes militaires. Il voulait le service égal pour tous et souhaitait en 1898 le voir ramené à deux ans. S’il reconnaissait en 1893 que « l’entretien de notre armée est une lourde charge », il pensait que, « dans la situation présente de l’Europe, nous ne pouvons songer à l’alléger ». Il se montrait moins respectueux du « budget des cultes », et réclamait « une économie nécessaire et depuis trop longtemps différée » (cf. Arch. Ass. Nat.). L’anticléricalisme affirmé de toutes ses professions de foi situe bien Basly dans la famille spirituelle des républicains du temps et explique certaines circonstances de sa vie publique. En 1891, lors de sa première élection dans le Pas-de-Calais, il ne fut pas seulement soutenu par le syndicat des Mineurs, mais aussi par Le Réveil du Nord, fondé deux ans plus tôt par des francs-maçons notoires. Au lendemain de cette élection, le syndicat des mineurs, dont Basly devenait le président, soutenait cet organe de ses cotisations.

Entré dans la vie publique et du même coup dans la célébrité par une grève retentissante et malheureuse, Basly fut pendant quelques mois le vivant symbole du réveil prolétarien. Avec lui, « la Révolution est entrée au Palais-Bourbon » proclamait Le Cri du Peuple rapportant sa défense des grévistes de Decazeville. Jules Guesde, dans le même organe, renchérissait : « Catilina n’est plus aux portes. Il est dans Rome, prêt à l’ouvrir à ceux du dehors... » On sait avec quelle prudence, au cours d’une longue carrière politique, Basly appela les « esclaves » du dehors à le rejoindre dans « Rome » où il faillit s’installer plus commodément encore, puisque par deux fois (6 février 1923 et 9 janvier 1927) il fut près d’être élu sénateur du Pas-de-Calais. Du moins passa-t-il plus de la moitié de sa vie à la Chambre des Députés.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87675, notice BASLY Émile, Joseph par Justinien Raymond, version mise en ligne le 19 octobre 2010, dernière modification le 19 octobre 2010.

Par Justinien Raymond

Émile Basly
Émile Basly

ŒUVRE : Basly a collaboré aux journaux suivants : Le Progrès républicain. — Le Réveil du Nord. — La Voix des Mineurs.

SOURCES : Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Arch. Nat. C. 5 309, dossiers électoraux. — Marcel Gillet, « L’affrontement des syndicalismes ouvrier et patronal dans le bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais de 1884 à 1891 (conférence devant la Société d’Histoire moderne le 7 avril 1957 et compte rendu de cette conférence et des discussions qui l’ont suivie in Bulletin de la Société d’Histoire moderne, 56e année, 12e série, n° 2, mars-avril 1957, p. 7 à 10). — Hubert-Rouger, La France socialiste, p. 336-337. — Les Fédérations socialistes II, p. 426, 442-446, 452-453. — Ibid., III. p. 131-133. — L’Humanité, 1er juillet 1905, 22 mars et 4 avril 1906, 16 août 1908.— J. Michel, « Émile Basly, 1854-1928 », Revue du Nord, n° 219, octobre-décembre 1973, p. 3656384.

ICONOGRAPHIE : La France socialiste, op. cit., p. 337.

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