OLANIÉ Odile, Jeanne

Par Madeleine Singer

Née le 10 janvier 1915 à Bobigny (Seine), morte le 28 décembre 2016 à Soisy-sur-École (Essonne) ; institutrice, puis PEGC ; membre du bureau national du Syndicat général de l’Éducation nationale (SGEN) de 1952 à 1955.

Odile Olanié était la sixième des huit enfants de Camille Olanié, employé SNCF et de Lucie Olanié, couturière ; ses parents avaient tous deux des activités sociales et culturelles dans le cadre de leur paroisse. Après des études à l’EPS de Pantin, puis à l’EPS Octave Griard à Paris, O. Olanié obtint le Brevet supérieur en 1934 et devint institutrice suppléante dans la région parisienne. Titularisée à Bobigny en 1937, elle consacra alors ses loisirs à des études universitaires : elle eut en 1943 la licence ès-lettres, puis en 1945 le diplôme d’études supérieures de philosophie. Nommée l’année suivante au cours complémentaire d’enseignement général à Bondy, elle y enseigna jusqu’à son départ en Algérie en 1965.

Ayant fait partie de la JEC à l’EPS, elle fréquenta dès son entrée dans l’Éducation nationale le groupe des Davidées qui, empruntant cette dénomination à un roman de René Bazin, rassemblait des institutrices catholiques. Elle s’intéressait beaucoup à l’histoire sociale et politique, adhéra avant-guerre à l’Union nationale des membres de l’Enseignement public (UNMEP). En 1945, celle-ci ayant disparu, Odile Olanié rejoignit alors le SGEN, sur les conseils d’un ancien dirigeant de l’UNMEP qui lui confirma le caractère de laïcité du Syndicat, malgré le sigle CFTC Elle milita aussitôt, fut déléguée au comité de grève en 1947, lors de la mémorable grève des instituteurs de la Seine ; elle participa à la rédaction du supplément pédagogique d’École et Éducation.

Au printemps 1951, présentée à Paul Vignaux par des camarades du Premier degré, elle succéda comme secrétaire permanente à Pierre Cournil qui souhaitait reprendre son poste. Elle devint par là même membre du bureau national et du comité national. Très intéressée par ce travail, elle l’abandonna pourtant au bout d’un an car on pouvait aisément la remplacer et elle souhaitait enseigner à nouveau afin de consacrer ses loisirs à la Paroisse universitaire qui venait de perdre sa secrétaire. Elle resta toutefois membre du bureau national jusqu’en 1955, mais devint alors suppléante au comité national où elle demeura jusqu’en 1960.

En 1965 elle répondit à l’appel du gouvernement algérien qui souhaitait des enseignants français dans le cadre de la coopération. Cela lui permettait en même temps de valoriser ses diplômes. Elle fut nommée professeur à l’École normale d’enseignement technique d’El Harrach à Alger, et adhéra aussitôt à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) qui acceptait les coopérants, alors que les syndicats étrangers n’étaient pas admis en Algérie. Elle devint ensuite censeur au lycée de Mascara, puis directrice du lycée de filles de Tlemcen en 1966 et enfin en 1968 directrice du lycée de filles de Sétif où elle prit sa retraite en 1971.

De retour en France, elle participa activement à la création de l’Union départementale interprofessionnelle des retraités CFDT de la Seine-Saint-Denis et demeura dans le Bureau jusqu’à ce qu’en 1988 elle dût prendre en charge deux grandes malades, ses soeurs. Après leur décès, elle put reprendre d’autres activités ; ayant participé dans le cadre paroissial à une collecte de médicaments pour un dispensaire du Liban, elle se rendit dans ce pays en 1995 et 1996, notamment pour y faire de la pédagogie du français aux institutrices d’un orphelinat pour enfants de milieu rural.

Si les responsabilités syndicales nationales d’O. Olanié ne furent pas durables, toute son action s’inscrivit dans la ligne du SGEN qui dès 1959 apportait son aide aux militants de l’UGTA et en reçut un télégramme de remerciements lors de son congrès de Marseille, peu après les accords d’Evian. Dans les années qui suivirent, le SGEN poursuivit de diverses manières sa collaboration avec la branche enseignante de l’UGTA, incitant notamment ses membres à rejoindre l’Algérie comme le fit O. Olanié.

Odile Olanié était proche de Jean Guitton, écrivain-philosophe académicien qu’elle avait connu très jeune. Ils firent partie de la fondation de la "Maison des Tilleuls", Foyer des Comminges, à Huos en Haute-Garonne. Elle l’assista dans ses travaux jusqu’à son décès en 1999.
Odile Olanié mourut en décembre 2016 à 101 ans.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87590, notice OLANIÉ Odile, Jeanne par Madeleine Singer, version mise en ligne le 21 avril 2010, dernière modification le 25 juillet 2018.

Par Madeleine Singer

SOURCES : Madeleine Singer, Histoire du SGEN, 1987, PUL, notamment ch. V (7,VII), ch. VII (1) et l’annexe III. — École et Éducation (1952-1955). — Syndicalisme universitaire, 1955-1960. — Lettres d’O. Olanié à M. Singer, 4 décembre 1978, 29 janvier 1979, mars 1995, 3 mai 1996 (archives privées). — Bulletin d’information de la commune de Soisy-sur-École du 14 juin 2017. — Notes de Jacques Lévy.

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