AVRIAL Oscar [AVRIAL Damien, Oscar]

Par Gauthier Langlois

Né le 20 septembre 1821 à Carcassonne (Aude), mort vers 1900 ; artisan et illustrateur, sympathisant des socialistes fouriéristes.

Oscar Avrial par lui-même
Oscar Avrial par lui-même
Panurge, n° 57, janvier 1862

Fils de Jean-Pierre Avrial, ancien inspecteur aux vivres à l’armée (lui-même fils de boulanger), et de Anne Andrieu (orpheline d’un fabricant de draps), Damien Oscar, dit Oscar, fut d’abord élevé à Carcassonne. En 1834 la famille s’installa à Trèbes (Aude), un village situé à 7 km de la capitale audoise. Son père venait d’y fonder avec un ancien officier, Louis Villain, une fabrique de poterie au quartier des Capucins près de la gare.

En 1845 Oscar prit la succession de son père puis agrandit la fabrique en 1867. La Tuilerie Oscar Avrial occupait une surface de 4 hectares comprenant des ateliers, la maison familiale et les logements des ouvriers. Elle occupait en 1846 six ouvriers. Elle fonctionna jusque vers 1900 et produisait de la vaisselle culinaire, des tuiles, des briques et des carreaux. On ignore si Avrial mit en pratique ses probables convictions socialistes et fouriéristes au sein de son entreprise.

Sous le second Empire Avrial se lia avec Fortuné Henry, un journaliste d’origine nîmoise qui avait collaboré à de nombreux journaux fouriéristes ou socialistes parisiens, puis s’était installé à Carcassonne. Disposant de temps et d’argent grâce aux revenus de sa fabrique, Avrial soutint la publication par Fortuné Henry d’un hebdomadaire satirique local, nommé Panurge. À partir du n° 18 (24 mars 1861) il devint le principal collaborateur de Panurge, en dessinant la plupart des caricatures illustrant ce journal anticlérical et fouriériste. Par ses dessins Avrial défendit notamment la liberté de la presse. Il s’attaqua aussi à Raymond Belloc, rédacteur du journal concurrent, le Témoin. Mais à la suite de la condamnation du directeur de Panurge pour outrage et dérision envers la religion catholique par la cour de Montpellier le 6 janvier 1862, le journal cessa de paraître.

Sous la troisième république Oscar Avrial accueillit chez lui à Trèbes son cousin, le communard anarchiste Émile Digeon, de 1886 à la mort de ce dernier en 1894.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87563, notice AVRIAL Oscar [AVRIAL Damien, Oscar] par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 18 avril 2010, dernière modification le 17 mars 2019.

Par Gauthier Langlois

Oscar Avrial par lui-même
Oscar Avrial par lui-même
Panurge, n° 57, janvier 1862
Les collaborateurs et amis de Panurge avant le procès, dessinés par O. Avrial (Panurge, n° 56). Avrial est au centre avec ses pinceaux à la main et ses dessins sous le bras. Il tient la main à Fortuné Henry, rédacteur de Panurge.

ŒUVRE : Panurge [hebdomadaire], Carcassonne, 1861-1862.

SOURCES : Arch. Nat., 338 AP. — Arch. Aude, 6MD 58, 76, 172, 310. — État civil de Carcassonne. — Tirand, Émile Digeon, 1822-1894, Itinéraire singulier d’un communard, Paris, L’Harmattan, 2006, p. 213. — Diedrich, « Les tuileries de Trèbes au XIXe siècle », Bulletin de la Société historique de Trèbes, tome 12, 2000, p. 28-29.

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